Le Nunavut a été survolé à grande échelle pour compter les grands cétacés

  • 05 / 09 / 2013 Par Christine Gilliet – Mots et Marées - / / /

    Avec le projet High Arctic Cetacean Survey, qui a couvert au mois d’août la majeure partie de l’archipel du Nunavut, les scientifiques auront un inventaire sur l’ensemble des populations du Haut-Arctique canadien.

    C’est le premier inventaire aérien qui se déroule dans le Haut-Arctique canadien sur une aussi grande superficie, la majeure partie de l’archipel du Nunavut, un territoire du Canada habité par des communautés inuites. Pêches et Océans Canada (MPO) a réalisé cet inventaire pour dénombrer les cétacés de grande taille: narvals, bélugas et baleines boréales.

    Cet inventaire permet d’avoir une meilleure idée de l’ensemble des populations de grands cétacés et de répondre à l’une des critiques que le ministère a reçues par le passé, explique Kevin Hedges, chef du projet. En effet, avec l’inventaire successif des régions à différentes périodes de l’été, les scientifiques n’étaient pas en mesure de savoir si les cétacés dénombrés étaient passés d’une région à une autre, ce qui pouvait les amener à les compter deux fois ou bien au contraire à manquer des groupes entiers d’animaux.

    Méthodes, réussite et contraintes

    Trois avions légers, de type Twin Otter, équipés d’une batterie d’appareils photographiques numériques ont embarqué chacun une équipe de cinq personnes pour réaliser des clichés des baleines. Les trois équipes ont totalisé 241 heures de survol et inventorié la majorité des régions qui avaient été ciblées par le projet.

    Ce projet audacieux, couronné de succès selon MPO, a dû s’adapter, surtout à la fin du mois, à de mauvaises conditions météorologiques et de visibilité causées par la brume, le brouillard et les plaques de glace de mer, fréquentes dans ces latitudes. Le mois d’août constitue pourtant la meilleure période de l’année pour capturer les images de ces cétacés, car la surface de la mer est faiblement couverte de glace.

    Dès l’automne 2013, l’équipe de Kevin Hedges procédera à l’analyse de la somme monumentale des données et clichés collectés pendant l’inventaire pour réaliser une première évaluation des résultats d’ici le printemps 2014. La publication des résultats finaux est prévue pour 2014-2015.

    Le lien avec les communautés inuites

    Les trois espèces ciblées par l’inventaire, le narval (Monodon monoceros), le béluga (Delphinapterus leucas) et la baleine boréale (Balaena mysticetus), vivent uniquement dans les régions polaires de l’hémisphère Nord. Certaines de leurs populations sont placées sous un statut d’espèces en péril et font l’objet d’un plan de gestion et de conservation. Elles représentent une ressource alimentaire et une tradition culturelle importantes pour les communautés inuites du Canada, qui sont autorisées à pratiquer une chasse de subsistance.

    Pendant la réalisation de l’inventaire, la Nunavut Tunngavik Incorporated (NTI) a fourni, avec l’aide des communautés inuites sur le terrain, des informations sur les mouvements des cétacés aux équipes de MPO. Cet organisme défend les droits des Inuits, notamment dans la gestion de l’environnement et de la faune exercée par le gouvernement canadien. À chaque équipe embarquée s’est joint un étudiant en technologie environnementale du Nunavut Arctic College.

    Sources: Nunatsiaq on line, Pêches et Océans Canada.

     

     

     

     

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