Des chercheurs ont séquencé, pour la première fois, le génome du béluga. « Percer les secrets génétiques du béluga pourra aider à la conservation de cette espèce », témoigne Steven Jones, directeur du département de bio-informatique au Michael Smith Genome Sciences Centre, BC Cancer Agency, en entrevue avec Baleines en direct.

Le début de l’histoire

Deux bélugas, Aurora et sa fille Qila, sont morts à l’Aquarium de Vancouver en novembre 2016, à neuf jours d’intervalle. L’Aquarium de Vancouver estime qu’un agent infectieux ou une toxine a probablement causé la mort des deux bélugas. Pour le vérifier, des échantillons de leurs tissus sont prélevés et analysés. Afin de déceler la présence d’un agent infectieux — virus, bactérie, parasite ou autre —, les chercheurs tentent de détecter la présence d’acide désoxyribonucléique (ADN) étranger à l’intérieur des tissus. Mais comment détecter de l’ADN étranger lorsqu’on ne connait pas la séquence d’ADN du béluga lui-même? Le travail des chercheurs est complexifié par cette ignorance. Connaitre le béluga dans ses menus détails est ainsi devenu une priorité

Le génome et son séquençage

Le génome d’un être vivant est l’ensemble de son matériel génétique, codé dans son ADN. Le séquençage de l’ADN permet d’établir l’ordre d’enchainement des nucléotides (les éléments de base de l’ADN), afin de connaitre la structure du génome ou d’une partie de celui-ci.

La connaissance de celle du béluga permettra désormais aux chercheurs de détecter beaucoup plus rapidement et facilement la présence d’agents infectieux chez les bélugas — sauvages ou captifs — retrouvés morts. « Il suffira d’exclure l’ADN du béluga pour ensuite vérifier la présence d’ADN étranger », explique Steven Jones. Dans les tissus d’Aurora et de Quila, aucun agent infectieux n’a été trouvé. Une toxine est donc probablement responsable de leur mort.

Maintenant que nous connaissons le génome du béluga, les chercheurs pourront également le comparer aux génomes d’autres espèces de baleines et de mammifères. « Cela pourra approfondir notre compréhension de la façon dont les baleines ont évolué et développé leurs traits particuliers », déclare Jones. Nous pourrons peut-être ainsi ajouter quelques chapitres à la grande histoire de l’évolution des baleines.

Actualité - 2/2/2018

Béatrice Riché

Après plusieurs années à l’étranger, à travailler sur la conservation des ressources naturelles, les espèces en péril et les changements climatiques, Béatrice Riché est de retour sur les rives du Saint-Laurent, qu’elle arpente tous les jours. Rédactrice pour le GREMM de 2016 à 2018, elle écrit des histoires de baleines, inspirée par tout ce qui se passe ici et ailleurs.

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