Le film de la dernière chance pour le marsouin vaquita

  • 30 / 09 / 2010 Par Christine Gilliet – Mots et Marées -

    Les marsouins vaquita vivent dans le golfe de la Californie et ne sont plus que 250, victimes des prises accidentelles dans les filets de pêche. Le documentaire de Chris Johnson, Vaquita, last chance for the desert porpoise est visible sur internet en anglais et en espagnol, et les DVD distribués gratuitement à la population locale. Il fait le point sur l’historique du déclin du vaquita, les mesures de conservation mises en place et leur efficacité. Il vise donc à sensibiliser les communautés locales, mais aussi un public mondial et des gouvernements. Avec les témoignages récoltés, il expose la problématique de survie des habitants et de leurs villages. La pêche est l’unique moteur socio-économique de cette région désertique. Et pratiquement rien n’est fait pour diversifier l’économie et ouvrir la région au développement touristique.

    On peut voir le documentaire d’une cinquantaine de minutes en accès gratuit sur internet, en anglais et en espagnol. Divisé en 7 séquences, chacune variant d’une à neuf minutes, le documentaire présente le marsouin vaquita et son aire de répartition: le golfe de Santa Clara dans la partie nord du golfe de Californie, à l’ouest du Mexique. Parmi les six espèces de marsouins dans le monde, cette espèce est la seule vivant en eau chaude. Avec une taille inférieure à 1,5 m, c’est aussi le plus petit cétacé au monde. L’espèce décline depuis les années 1950 et est aujourd’hui au bord de l’extinction, s’empêtrant et se noyant dans les filets de pêche à la crevette. Dans le documentaire, le message principal est clair : « Que peut-on faire pour sauver le marsouin vaquita? » et « Si on ne fait rien, il disparaîtra d’ici deux ans ». A plusieurs reprises, la comparaison est établie avec le destin du dauphin d’eau douce baiji de la rivière Yantgsé en Chine, officiellement disparu en 2006, partiellement victime de la pêche.

    Le bilan négatif des mesures de conservation et la pêche comme seule activité économique

    Le film montre le travail d’une équipe internationale de scientifiques sur le terrain pour dénombrer l’espèce, par des transects et des relevés acoustiques. Trois pays sont impliqués dans la conservation du marsouin: le Mexique, les Etats-Unis et le Canada. Les mesures de conservation mises en place, la zone du sanctuaire excluant la pêche avec ses compensations financières jugées insuffisantes par les pêcheurs, les tentatives de nouvelles méthodes de pêche, l’octroi des permis et les pratiques illégales: tout est passé en revue et le bilan est globalement négatif.
    Chris Johnson a récolté les témoignages des pêcheurs locaux et des décideurs de la vie socio-économique de la région. Ils sont conscients des impacts des activités de la pêche, en accord avec les mesures de conservation et ils coopèrent. Mais, ils expriment surtout leurs propres difficultés à survivre dans une région littorale pauvre, aux portes d’un désert, où la pêche est la seule activité économique. Avec des plages magnifiques, la région pourrait développer le tourisme, mais le manque d’infrastructures, de services et de possibilités d’accueil freine tout développement de ce secteur. Si des créations d’activités commerciales et touristiques ont été tentées, les acteurs pointent le manque de formation sur le terrain et d’implication concrète du gouvernement mexicain. Et pour la première fois, les images du documentariste révèlent aux jeunes écoliers que l’espèce des marsouins, si rare et invisible, est encore vivante, alors qu’ils pensaient qu’elle avait déjà disparu.

    Des images pour témoigner et pour l’implication urgente de tous

    La survie du vaquita est donc liée à celle des communautés locales et à la diversification économique de leur région. Une vision et des actions communes à tous les acteurs, nouvelles et créatives, doivent s’articuler autour de ce double enjeu. Le documentaire se conclut aussi sur l’aveu d’une certaine impuissance. En quelques mots couverts, d’autres problématiques sont évoquées, telles que la drogue et la violence qui détruisent le maillage social. Et Chris Johnson se demande si ses dernières images du marsouin vaquita seront, bientôt, les dernières.[vaquita.tv]

    En savior plus
    Sur les prises accidentelles des engins des pêche