Dans l’estuaire maritime, il semble bien que l’automne soit la meilleure période pour observer des rorquals bleus. Ces rorquals, par rapport aux autres espèces, semblent toujours les plus tardifs à rentrer en nombre dans l’estuaire, du moins selon mes observations. Il faudrait demander la raison aux spécialistes. Ces rorquals mangeurs de krills s’observent alors à peu près toujours dans le chenal laurentien, qui correspond aussi aux voies du trafic maritime, dans 1000 pieds d’eau.

Le vendredi 23 septembre, j’ai fait une sortie à partir de Rimouski. Un tracé qui m’a permis d’observer huit rorquals bleus différents, tout juste en face, au milieu du chenal. Une rare occasion où je n’ai pas eu à chercher les baleines. Pendant que j’en documentais une, j’avais toujours un ou deux souffles en réserve à une certaine distance. Aussitôt terminé la séance de photo-identification avec une, je me rendais voir la suivante et ainsi de suite durant les huit heures passées en mer. Certaines baleines, très coopératives, me permettaient de boucler ma séance en une vingtaine de minutes. Mais avec d’autres, j’ai dû consacrer une couple d’heures avant qu’elles daignent me présenter adéquatement les deux flancs. En effet, il faut une bonne photo des deux côtés de l’animal pour bien le documenter, et leurs plongées étaient d’une durée moyenne de 10 minutes.

Ces huit baleines bleues sont des régulières de l’estuaire, pour les y avoir observées depuis plusieurs années, et elles sont présentes dans l’estuaire depuis plusieurs jours. La plus populaire auprès des observateurs du parc marin étant Jaw-Breaker, une femelle dite « fluker », qui sort la queue en plongeant, tout comme la femelle Alacran, qui avait d’ailleurs été photographiée le mois précédent par un ami observateur, au large de Matane.

J’ai aussi pu observer un grand nombre de dauphins à flancs blancs, une cinquantaine au moins. C’est toujours un très beau spectacle. Cependant, je n’ai observé aucun rorqual commun, petit rorqual ou béluga, ce qui est assez surprenant.

L’automne est aussi la période où l’on peut observer des « paires » c’est-à-dire deux bleues qui nagent et s’alimentent ensemble. J’ai donc aussi eu l’occasion d’en observer une. Selon le spécialiste Richard Sears, cette paire, comme il l’appelle, est composée d’une femelle toujours positionnée en avant et d’un mâle derrière elle ou sur son flanc. Elles gardent toujours leur position respective. Ces deux animaux (B476 et B335) avaient aussi été observés séparément, il y a quelques semaines, par des membres de l’équipe du GREMM, dans le parc marin.

Voici quelques photos de cette journée bien remplie:

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RenéRené Roy est un cétologue amateur, passionné de la mer et des baleines, résidant à Pointe-au-Père, dans le Bas-Saint-Laurent. Depuis plusieurs années, il entreprend des expéditions de photo-identification pour le compte de la Station de recherche des îles Mingan (MICS), principalement en Gaspésie. Il est également bénévole pour le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins.

Carnet de terrain - 3/10/2016

René Roy

René Roy est un cétologue amateur, passionné de la mer et des baleines, résidant à Pointe-au-Père, dans le Bas-Saint-Laurent. Depuis plusieurs années, il entreprend des expéditions de photo-identification pour le compte de la Station de recherche des iles Mingan (MICS), principalement en Gaspésie. Il est également bénévole pour le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins.

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