Hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent: la consultation publique est prolongée

  • 24 / 11 / 2011 Par Christine Gilliet – Mots et Marées -

    Les Québécois peuvent déposer leurs commentaires jusqu´au 16 janvier 2012 sur le rapport préliminaire fourni par la firme GENIVAR et non pas sur le choix d´ouvrir ou non le golfe à l´exploitation des hydrocarbures. Ce processus de consultation est jugé complexe et partial par la Coalition Saint-Laurent qui dénonce les lacunes du rapport et formule ses recommandations.

    Les sessions d´échange d´information sur l´évaluation environnementale stratégique (ÉES2) viennent de se terminer dans les municipalités de la Gaspésie, de la Côte-Nord et des îles de la Madeleine. Mais la consultation publique en ligne pour l´ensemble du Québec continue; les organismes et les citoyens peuvent toujours adresser leurs préoccupations et leurs observations en remplissant le formulaire électronique de 35 pages ou bien en écrivant un mémoire de format libre (ees@mrnf.gouv.qc.ca). Les commentaires doivent porter sur le Document d´information en support à l´approche participative (96 pages), consultable en ligne .

    Complexe et limitée: la démarche est remise en cause

    Ce processus est dénoncé par la Coalition Saint-Laurent dans son propre mémoire qu´elle diffuse à ses membres à titre de modèle : « Les commentaires du public sont sollicités uniquement par le biais d´un questionnaire en ligne qui nous parait trop complexe, trop difficile d´utilisation et trop peu flexible pour permettre une véritable expression de nos opinions. »

    En page 3 du Document, l´avis au lecteur est clair: les commentaires ne doivent pas porter sur les enjeux de la stratégie énergétique du Québec, ni sur le choix d´exploiter ou non les hydrocarbures en milieu marin, notamment ceux du gisement Old Harry, ni sur la levée ou le maintien du moratoire.

    « Le gouvernement du Québec semble prendre pour acquis que les activités pétrolières dans le golfe du Saint-Laurent sont acceptables et le rapport de Genivar ne vient que tracer la voie pour y parvenir », déclare la Coalition Saint-Laurent dans son mémoire. Elle recommande qu´une véritable consultation publique, neutre et transparente, sous l´égide du Bureau d´audiences publiques sur l´environnement (BAPE), soit tenue à la suite du dépôt du rapport final.

    « Nous comprenons mal pourquoi tout le programme d´évaluation environnementale stratégique n´a pas été piloté dès le départ par le ministère du Développement durable, de l´Environnement et des Parcs (MDDEP) au lieu d´être confié au ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), un ministère à vocation économique qui ne cache pas son préjugé favorable à l´implantation de l´industrie pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent », poursuit-elle en conclusion.

    La Coalition dénonce le faible budget de 748 500 $ alloué à l´EES2, alors que celui de l´EES portant sur l´industrie des gaz de schiste s´élève à 7 millions de dollars.

    Un manque de connaissances pointé par le rapport

    Dans le Document, GENIVAR identifie les lacunes dans les connaissances du milieu et de son écosystème, notamment le mouvement des mammifères marins, leurs aires de reproduction et de répartition saisonnière, ainsi que des technologies d´exploration et d´exploitation, et les effets environnementaux d´une telle industrie.

    La Coalition reprend dans son mémoire ces lacunes et critique la méthodologie utilisée pour cartographier des zones de sensibilité et des zones de contraintes du golfe, « … elle néglige de nombreuses données qui auraient mieux rendu compte de la complexité et de la fragilité du golfe ».

    En conclusion ultime, la Coalition recommande que l´actuel moratoire sur les activités pétrolières soit maintenu, un temps de pause nécessaire pour mieux étudier et se prononcer sur la pertinence de cette nouvelle industrie.[Gouvernement du Québec, Coalition Saint-Laurent, Le Devoir]

    Pour en savoir plus:

     

    Sur le site de la Coalition Saint-Laurent : Agir. Critiques ÉES2.