Enquête publique sur les impacts des relevés sismiques sur les cétacés dans le golfe du Mexique

  • 23 / 05 / 2013 Par Christine Gilliet – Mots et Marées - / / / /

    Le gouvernement états-unien annonce qu’il livrera son rapport en 2014 sur les effets de ces détonations sonores pouvant blesser ou tuer les baleines et dauphins. Depuis 2010, la pression exercée par les environnementalistes augmente, comme celle subie par les populations de cétacés déjà atteintes par la marée noire. Ce rapport servira entre autres à instaurer des mesures de protection. Sept consultations publiques se dérouleront entre les 10 et 20 juin 2013 dans les régions côtières du golfe et les commentaires écrits et les analyses pourront être adressés au BOEM jusqu’au 24 juin.

    Le Bureau of Ocean Energy Management Regulation and Enforcement (BOEM) vient d’annoncer la mise en place d’une investigation sur les effets des études menées par l’industrie pétrolière dans le golfe du Mexique. Ces relevés sismiques permettent d’explorer les fonds marins et de détecter la présence et la quantité d’hydrocarbures potentiellement rentables à exploiter. Le rapport devrait être publié et rendu public au milieu de l’année 2014. Il sera utilisé pour les prochaines attributions de permis d’exploration à l’industrie, mais aussi pour instaurer des mesures de protection pour les cétacés en vertu du Marine Mammal Protection Act.

    Du bruit bien au-delà du site d’exploration

    Pour repérer les gisements de pétrole ou de gaz, les navires remorquent des canons à air comprimé qui dirigent vers les fonds marins des ondes sonores extrêmement puissantes. L’écho de ces ondes permet de dresser un profil du sous-sol. Ces détonations sont répétées toutes les dix secondes, 24 heures par jour pendant la campagne d’exploration qui peut durer plusieurs mois. Ces sons de basses fréquences se propagent sous l’eau sur des centaines, voire des milliers de kilomètres.

    Avec la propagation de ce bruit intense sur de vastes territoires, la présence d’observateurs à bord des navires d’exploration pendant les campagnes est considérée comme insuffisante pour les défenseurs de l’environnement marin et de ses écosystèmes. En effet, ces observateurs demandent l’arrêt des émissions sonores des canons lorsqu’ils perçoivent en mode visuel la présence de cétacés, et ces émissions sonores reprennent quand les animaux ont disparu du périmètre.

    La vie des cétacés régie par les sons

    Ainsi, c’est toute la faune marine qui subit cette intense pollution sonore pendant les campagnes de relevés sismiques, notamment les mammifères marins, dont les capacités acoustiques sont déterminantes pour mener toutes leurs activités quotidiennes: chasser leurs proies et se nourrir, communiquer entre eux, s’accoupler et prendre soin des nouveau-nés, repérer leurs prédateurs et lire leur environnement pour s’orienter. Les détonations des relevés sismiques peuvent causer chez les cétacés des surdités, des états de désorientation et de stress traumatique, des pathologies allant de la blessure temporaire jusqu’à la mort.

    Une coalition de groupes engagés dans la conservation de l’environnement a intenté une action en justice en 2010 contre le gouvernement pour son manquement à examiner les impacts des relevés sismiques sur les populations de baleines et de dauphins du golfe du Mexique, la poursuite étant en cours actuellement. Pour elle, il est vital d’évaluer ces impacts et de prendre des mesures pour les réduire, d’autant plus que ces cétacés ont déjà été atteints par la marée noire créée par l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon en avril 2010.

    Poissons et pêcheurs

    En Australie, les pêcheurs commerciaux, qui s’opposent à l’industrie d’exploration pétrolière, réclament de leur gouvernement que les relevés sismiques soient reconnus comme une menace environnementale. En 2010, ils ont attribué les dizaines de milliers de mortalités de thons, et de fruits de mer, à une campagne de relevés sismiques, qui a été réalisée en même temps que la migration des thons dans le détroit de Bass.

    Sources: Environment News Service, Huffington Post, Sydney Morning Herald, Motherboard.