La 62e réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI) se déroule depuis le 21 juin pour cinq jours à Agadir (Maroc) et réunit 88 pays concernés par la chasse à la baleine. Depuis des années, les pays pro-chasse et ceux anti-chasse se confrontent au sujet de l’attribution de quotas de chasse et même sur une éventuelle levée du moratoire en vigueur depuis 1986. Cette année, l’enjeu de la réunion avait pour objectif d’établir un compromis en levant le moratoire pour une période de dix ans tout en imposant des contrôles stricts sur les quotas qui auraient été attribués aux pays chasseurs. En contrepartie, le Japon, la Norvège et l’Islande, trois pays qui pratiquent la chasse, proposaient de réduire leurs prises. Au troisième jour de la réunion à huis clos, les négociations ont mené à l’impasse et sont suspendues pour un an, jusqu’à la prochaine réunion. Les pays en confrontation s’accusent mutuellement du blocage des discussions.

Les chasses pratiquées

La CBI a été créée en 1946 dans un contexte de chasse intensive des cétacés pour assurer la conservation des espèces tout en rendant possible la chasse. Sa mission s’est progressivement orientée vers la conservation des baleines pour aboutir en 1986 à la mise en place d’un moratoire. La Norvège s’oppose au moratoire depuis 1993 en pratiquant une chasse commerciale de petits rorquals. Depuis, le Japon, le plus gros pays chasseur, mène une chasse dite scientifique et capture des petits et grands cétacés. De même pour l’Islande qui a rejoint la CBI en 2003 et qui, par objection au moratoire, a opté pour une chasse commerciale depuis 2006. Pour ces trois pays, 1 500 captures sont réalisées annuellement.

Dans certains pays, des quotas de chasse de subsistance sont octroyés par la CBI. Ils concernent des communautés autochtones dont la pratique de la chasse traditionnelle vise à satisfaire leurs besoins nutritionnels et à perpétuer leurs liens culturels et sociaux. C’est le cas des communautés du Groenland, de la Russie, des États-Unis, des îles Saint-Vincent et des Grenadines. D’autres pays non membres de la CBI, comme le Canada, organisent la chasse de subsistance selon leurs propres règles. Le Canada s’est retiré de la CBI en 1982.

Anti-chasse et pour l’observation des baleines

Pendant les discussions de la réunion, des pays anti-chasse, comme l’Australie et des pays sud-américains restent opposés à toute forme de chasse dans l’Antarctique et surtout dans le sanctuaire créé en 1994, date à laquelle le Japon a commencé à augmenter le nombre de ses prises, notamment chez les grands rorquals. En plus des sanctuaires créés dans divers océans pour que les baleines puissent se nourrir, se reproduire et augmenter leurs populations dont certaines ont été décimées. Près d’une centaine de pays ont développé l’industrie d’observation des baleines, dans une perspective de développement durable ayant des impacts positifs importants sur leurs secteurs touristique et socio-économique.[Nouvel Obs, Le Monde]

En savior plus

Sur le site de Nouvel Obs : Chasse à la baleine : pas d’accord sur une réduction des prises
La chasse à la baleine

Actualité - 24/6/2010

Christine Gilliet

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