Des nageoires au ciel

  • Salutations de Quill © René Roy
    Le rorqual à bosse Quill © René Roy
    18 / 08 / 2016 Par Josiane Cabana

    Lorsque les baleines font surface, elles ne montrent qu’un vingtième de leur corps. Il faut donc s’attendre à voir leur dos et leur nageoire dorsale, si elles en ont une. Parfois, les baleines exhibent davantage des parties de leur corps, pour le plus grand enthousiasme des observateurs. Cette semaine, plusieurs baleines ont montré leurs nageoires au ciel!

    Rorqual à bosse DogEar © Anik Boileau, CERSI

    Rorqual à bosse DogEar © Anik Boileau, CERSI

    D’abord, dans la région de Sept-Îles, l’équipe du CERSI a observé une vingtaine de rorquals à bosse. On pouvait facilement y reconnaître DogEar avec le lobe droit de sa nageoire caudale recourbé, une allure surprenante lorsqu’on croise cette baleine pour la première fois et qu’elle élève sa queue avant de sonder. Ce rorqual à bosse avait été vu quelques jours auparavant dans le secteur de Mingan. La nageoire caudale chez les baleines sert essentiellement à la propulsion de l’animal avec des mouvements de haut en bas créés par de puissants muscles le long du pédoncule. On serait porté à croire qu’une baleine avec une queue de la sorte pourrait avoir de la difficulté à se déplacer, mais il semble que ces animaux s’adaptent à leur condition.

    Il n’y a pas que des queues de rorqual à bosse qui ont été vues dans le secteur de Sept-Îles; les rorquals communs en alimentation de surface sortaient aussi leurs grandes nageoires pectorales hors de l’eau, pointées au ciel. Bouche grande ouverte, ces engouffreurs se lançaient sur le côté pour attraper des bouchées d’eau gorgée de proies, qu’ils filtrent ensuite avec leurs fanons. Le spectacle est impressionnant comme cet appendice est long et droit.

    Les rorquals à bosse sont ceux qui possèdent les plus longues nageoires pectorales, représentant le tiers de la longueur de leur corps, soit plus de quatre mètres! Quel spectacle que de voir ces baleines dans la région de Gaspé sortir ces grandes nageoires dentelées et frapper l’eau bruyamment! Lorsqu’on observe les rorquals à bosse par transparence, on a l’impression qu’elle vole sous la mer.

    Queue de rorqual bleu © GREMM

    Queue de rorqual bleu © GREMM

    En terme de taille, la queue du rorqual bleu rafle des records avec six à huit mètres d’envergure. Cette semaine au large des Bergeronnes sur la Côte-Nord, un rorqual bleu montrait la queue avant de disparaître dans les profondeurs des eaux de l’estuaire. Moins de 20% des rorquals bleus du Saint-Laurent montent la queue dans les airs avant de plonger.

    La Station de recherche des îles Mingan (MICS) a eu la chance d’observer quelques queues noir charbon au rebord lisse s’élever hors de l’eau encore cette semaine. Ce sont celles de baleines noires de l’Atlantique Nord. Au moins cinq individus sont toujours présents dans le détroit de Jacques Cartier, entre la Côte-Nord et l’Île d’Anticosti. Ces baleines lourdes et dodues utilisent vraisemblablement leur queue pour sonder.

    H824, la baleineau de Quill © MICS

    H824, la baleineau de Quill © MICS

    Les queues peuvent aussi aider à l’identification des individus qui viennent visiter le Saint-Laurent. Dans le cas de H824, le baleineau de Quill vu récemment à Mingan, sa queue est unique et porte des cicatrices de morsures d’épaulard, aux dires de l’équipe du MICS. Né en 2015, ce baleineau portait déjà ces marques en 2016. La plupart des attaques d’épaulards sur les baleineaux surviendraient lors de la migration de ceux-ci avec leur mère vers le Nord pour atteindre leur aire d’alimentation, alors qu’ils n’ont que quelques mois.