Des «loups marins» à foison, des oiseaux de mer plus nombreux et des bélugas entre ile et montagnes

  • Phoques du Groenland © Renaud Pintiaux
    19 / 04 / 2018 Par Marie-Sophie Giroux

    Notre collaborateur de Pointe-des-Monts confirme : «aucune baleine en vue, mais il y avait des loups marins à la tonne!» en parlant de ses observations de la dernière fin de semaine (14-15 avril). Ses «loups marins» font référence aux phoques du Groenland, et «à la tonne» renvoie à des centaines d’individus qui passaient au large de cette longue pointe de terre — aussi l’endroit marquant la frontière entre l’estuaire et le golfe — et qui faisaient littéralement frémir l’eau sur leur passage. Habiles nageurs, ces phoques peuvent atteindre des vitesses de 20 km/h!

    À Sept-Îles, les baleines sont absentes aux yeux de ceux qui scrutent, mais «la présence d’oiseaux de mer augmente de jour en jour», précise Jacques Gélineau, collaborateur de l’INREST. Il mentionne entre autres des hareldes kakawis, des harles, des macreuses, des eiders à duvet et des goélands.

    Devant les montagnes de Charlevoix, un habitant de L’Isle-aux-Coudres aperçoit quelques bélugas le 15 avril. Cette ile est la référence pour la limite ouest du territoire fréquenté par les bélugas l’été et ses insulaires ont une longue histoire avec ces baleines. En effet, des années 1700 jusqu’au début des années 1900, la pêche au «marsouin blanc» – nom donné au béluga par les habitants de l’ile – y était pratiquée. D’ailleurs, en 1962, des résidents ont ressuscité cette pêche pour sauvegarder la mémoire de cette tradition dans le documentaire Pour la suite du monde de Pierre Perrault et Michel Brault.

    Si, pour le Jour de la Terre, vous participez à une corvée de nettoyage des berges du Saint-Laurent, n’hésitez pas à lever les yeux vers le large et à nous transmettre vos observations!


    Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle aime raconter « des histoires de baleines ».