Dans le ventre des baleines

  • © GREMM
    24 / 10 / 2014 Par Marie-Sophie Giroux

    Le 18 octobre, à 9 h, un petit rorqual respire à plusieurs reprises, avant de faire une sortie explosive, la bouche remplie d’eau et de proies et le ventre rougi par l’effort; il vient de prendre une bouchée. Des employés du Centre d’interprétation des mammifères marins (CIMM) à Tadoussac assistent à ce festin. Au même moment, de l’autre côté du fjord du Saguenay, des bélugas font surface.

    Une heure, deux, trois… le petit rorqual passe quasiment toute la journée à s’alimenter faisant plaisir aux vacanciers installés sur les rochers et aux visiteurs du centre qui alternent leur tournée avec ces observations. Les petits rorquals peuvent manger jusqu’à 180 kg de nourriture par jour.

    D’autres gourmands sont aussi présents dans le territoire du parc marin : des phoques gris, deux rorquals communs et le rorqual à bosse Blizzard. À Franquelin, en Haute-Côte-Nord, notre collaboratrice du coin soupçonne le passage d’un rorqual à bosse par la forme et la hauteur du souffle. Elle confirme aussi la venue de petits rorquals, de marsouins communs, d’un rorqual commun et d’un rorqual bleu dans son secteur.

    Normalement, ces résidants saisonniers quittent le Saint-Laurent pour passer l’hiver dans des eaux plus chaudes et libres de glace, celle-ci étant l’une des causes de mortalité naturelle des baleines. Lorsque ces géants prolongent leur saison d’alimentation, le risque d’être piégé augmente.

    Chaque année en plein hiver, des rorquals bleus sont observés, se nourrissant parmi les glaces. Ils recherchent des endroits riches en nourriture, là où se forment d’importantes concentrations de krill, afin de combler leurs besoins gargantuesques.

    En avril 2014, quatre rorquals bleus sont trouvés morts dans les glaces aux abords de Terre-Neuve. Une équipe du Musée royal de l’Ontario se rend sur place pour récupérer des échantillons ainsi que les squelettes de deux des individus pour éventuellement les exposer dans deux musées canadiens. Pour ce projet d’envergure, après s’être immergée dans le « ventre » de ces mastodontes pour lors du dépeçage, l’équipe est maintenant rendue à l’étape du nettoyage.

    En savoir plus

    Sur la récupération et le nettoyage de deux squelettes de rorqual bleu
    Blue whale bones land in the compost

    .