Comme tout mammifère, les baleines allaitent leurs petits avant qu’ils ne mangent de la nourriture solide. Les baleines ont deux mamelles, dissimulées dans deux petites fentes situées de chaque côté de la fente génitale. Les cétacés n’ont pas les muscles nécessaires pour téter; c’est plutôt la mère qui, stimulée par une pression du jeune sur le mamelon, éjectera le lait dans la bouche du bébé. Les baleineaux ont le bord de la langue garni d’extensions semblables à des pétales qui amélioreraient la succion et serviraient même à « diriger » le lait vers la gorge. Avec l’âge, et l’arrêt de l’allaitement, ces « pétales » disparaissent.

Ce lait contient, selon les espèces, de 13 à 53 % de gras. C’est beaucoup plus que chez les mammifères terrestres, ce qui permet au baleineau de grandir rapidement. Le rejeton rorqual bleu, par exemple, engraisse ainsi de 80 kg par jour. Les femelles fabriquent le lait à partir de la réserve de gras sous leur peau.

Chez les baleines à fanons, le lait est généralement plus riche et l’allaitement plus court que chez les baleines à dents (quelques mois contre 1 à 2 ans). De plus, chez la majorité des espèces, les femelles baleines à fanons jeûnent pendant au moins les premiers mois de l’allaitement. Une femelle qui se nourrit doit souvent laisser son jeune en surface, vulnérable face aux prédateurs.

La mère procure à son jeune non seulement du lait, mais aussi des apprentissages précieux, surtout par imitation. Le baleineau doit également développer des techniques de chasse et d’alimentation efficaces avant le sevrage. Chez beaucoup de baleines à dents, le lien entre la mère et son jeune se prolonge au-delà de l’allaitement, favorisant peut-être des apprentissages plus complexes aux niveaux de l’alimentation et des interactions sociales. Chez certaines populations d’épaulards, les jeunes passeront même toute leur vie auprès de leur mère, dans une unité familiale où le père est absent.

Dans cette vidéo tournée par l’équipe de recherche du Marine Mammal Research Program (MMRP) à l’Université d’Hawaii à Manoa, on peut assister à l’allaitement d’un veau rorqual à bosse depuis une caméra fixée sur le dos du baleineau:

Les baleines en questions - 27/5/2016

Équipe du GREMM

Dirigée par Robert Michaud, directeur scientifique, l’équipe de recherche du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) étudie en mer les bélugas du Saint-Laurent et les grands rorquals (rorqual à bosse, rorqual bleu et rorqual commun). Le Bleuvet et le BpJAM quittent chaque matin le port de Tadoussac pour récolter de précieuses informations sur la vie des baleines de l’estuaire du Saint-Laurent.

Articles recommandés

Qu’est-ce que la fidélité chez les baleines?

On dit parfois que Tic Tac Toe, Capitaine Crochet ou Ti-Croche sont des baleines «fidèles», mais comment vraiment le savoir?…

|Les baleines en questions 15/7/2021
Béluga du Saint-Laurent

Comment distinguer une carcasse d’une baleine qui se repose?

À la vue d’une baleine flottant drôlement à la surface de l’eau, faut-il faire ni une ni deux et sauter…

|Les baleines en questions 12/7/2021

Où vont les petits rorquals en hiver?

L’automne venu, presque toutes les baleines à fanons du Saint-Laurent nous quittent pour aller dans les eaux plus chaudes du…

|Les baleines en questions 8/7/2021