Par Stéphanie Tremblay

Quand on voit une baleine de la berge, ou même d’un bateau, elle a l’air toute petite. Même s’il n’a pas l’air très grand, un béluga peut quand même mesurer jusqu’à 4,5 mètres! Comment faire pour calculer cette longueur sans toucher à l’animal?

Par la photogrammétrie! Ce mot semble bien compliqué pour une technique en apparence plutôt simple. En effet, les scientifiques placent parallèlement deux lasers (observables sur 100 mètres en plein jour) sur leur appareil photo. L’important, c’est que les faisceaux soient assez nets pour être visibles. Ils doivent aussi être verts (pas rouges, comme nous avons l’habitude de les voir), pour la simple et bonne raison que l’œil humain voit mieux le vert.

Avec des outils et un peu de dextérité, le photographe positionne les lasers à une distance de 10 cm sur une sorte de bras en métal en forme de « L ». Un boulon, attaché à l’appareil photo, permet de modifier l’axe vertical afin de mieux viser. Après quelques ajustements, les chercheurs pourront mesurer les cétacés en mouvement.

En connaissant la distance entre les points créés par les lasers et en s’appuyant sur différents points de repère (l’évent, la nageoire dorsale, le pédoncule, etc.), les chercheurs peuvent connaitre la longueur totale du spécimen ou d’une partie de son corps (comme sa nageoire dorsale, par exemple), même en ne voyant qu’un petit pourcentage du corps de l’animal.

Bien entendu, cette technique est beaucoup plus complexe qu’elle n’y parait. Les chercheurs doivent, par la suite, étudier toutes les données recueillies, soit une multitude de photos, à l’aide d’équations mathématiques. Puis, après les analyses, la longueur de la baleine sera estimée.

Pour chaque espèce, les experts ont pu déterminer une longueur moyenne, entre autres à partir des baleines échouées. Les mesures sont effectuées grâce à deux tiges perpendiculaires à l’axe du corps qui doivent être réglées pour que le ruban à mesurer passe d’une tige à l’autre. Le Manuel de référence des bénévoles du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins explique que « [l]a mesure est prise du bout de la mâchoire supérieure à l’échancrure de la queue. Il ne faut pas suivre la courbe du corps, mais prendre une mesure rectiligne ».

Peu importe la façon dont les mesures sont prises, que ce soit sur un spécimen vivant grâce à la photogrammétrie ou sur une carcasse échouée sur une plage à l’aide d’un ruban à mesurer, ces méthodes aident les chercheurs à estimer la longueur des baleines, mais aussi à connaitre leur évolution. Avec les mesures des années précédentes et les plus récentes, les scientifiques peuvent en effet constater l’augmentation progressive de leur taille.

Depuis peu, des chercheurs utilisent des drones pour mesurer la circonférence et la taille de spécimens vivants. Grâce à eux, les scientifiques pourraient également avoir plus d’informations sur la croissance des baleines et leur état de santé. Du haut des airs, ils peuvent mesurer le tour de taille de la baleine et ainsi voir si elle s’alimente bien ou non, ou encore si une femelle est enceinte.

Pour en savoir plus

  • Réseau québécois d’urgences sur les mammifères marins (2017) Manuel de référence des bénévoles du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins.
Les baleines en questions - 1/11/2017

Collaboration Spéciale

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