Ces carcasses de phoques qui intriguent

  • 11 juin, Sainte-Anne-des-Monts
    © Annie Beaulieu, Exploramer
    16 / 07 / 2014 Par Josiane Cabana -

    Le 16 juillet 2014:

    Mise à jour: Les chercheurs impliqués dans le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères se rallient sur la thèse de la décomposition naturelle et de l’action des nécrophages pour expliquer l’absence de tête sur les carcasses de phoques retrouvées dans les dernières semaines. La cause de mortalité de ces animaux demeure toutefois inconnue. Pour en savoir plus, visionner le reportage Carcasses de phoque sans tête : bel et bien un phénomène naturel.

    Le Réseau québécois d´urgences pour les mammifères marins traite en moyenne 75 cas de carcasses de phoques par année : jeunes, adultes, carcasses fraîches, squelettiques, phoque gris, à capuchon, du Groenland, avec ou sans tête! Chaque fois, nous amassons des informations sur ces carcasses : espèce, taille et présence ou absence de signe d’intervention humaine. Une fois les informations colligées, elles sont partagées avec les spécialistes intéressés par ce type de cas.

    Cette semaine, une situation a interpellé certains partenaires impliqués : entre le 11 et le 23 juin, cinq carcasses de phoques ont été rapportées dans la région de la Haute Gaspésie, sur les plages de Sainte-Anne-des-Monts, Saint-Maxime-du-Mont-Louis et Cap-au-Renard. Une chose en commun : leur tête est manquante.

    Les causes de mortalités chez les mammifères marins sont difficiles à établir, particulièrement si aucune nécropsie complète n’est pratiquée. Ainsi, il faut s’attarder aux détails visuels externes et émettre des hypothèses.

    Hypothèses soulevées concernant les carcasses étêtées :

    • Acte d’un prédateur
      Plusieurs tentent de faire le lien entre cet évènement et l’information récemment publiée concernant la présence du requin blanc dans le Saint-Laurent. Jeffrey Gallant, président et directeur scientifique du Groupe d’étude sur les élasmobranches et le requin du Groenland (GEERG) ne croit pas qu’il s’agisse de l’oeuvre du requin blanc, qui s’attaquerait probablement au corps plutôt qu’exclusivement au crâne.
    • Accident avec un hélice de bateau
      Des incidents du genre ont été rapportés dans certaines régions du globe, et selon le type d’hélice, l’aspect de la coupure diffère. Les lacérations peuvent être en forme de tire-bouchon le long du corps de l’animal, ou plutôt sous forme de coupure franche.
    • Action humaine
      La coupure franche au niveau du cou pourrait donner l’impression que la tête a été tranchée à l’aide d’un outil. Cette hypothèse n’est pas écartée mais aucune preuve ne peut confirmer cette théorie.
    • Décomposition, cause naturelle
      Lorsqu’un phoque meurt, les décomposeurs comme les puces de mer entrent alors en action et pénètrent dans le phoque par les yeux, les narines et la bouche, ces orifices étant des voies d’accès rapides aux organes. Le cerveau et les muscles du cou et de la tête sont alors dégradés en premier, ainsi, la tête se détache du corps.

    Quoiqu’il en soit, chaque carcasse représente une source d’informations précieuses pour documenter ce type d’incident et pour étudier les mortalités des mammifères marins du Saint-Laurent. Si vous trouvez une carcasse de phoque ou de baleine ou vous êtes témoin d’un incident impliquant un mammifères marin en difficulté, merci de le signaler au 1-877-7baleine.