Ça commence! Phoques à l’horizon…

  • © Jean-Pierre Desroches
    14 / 12 / 2015 Par Josiane Cabana

    Le 10 décembre dernier, le Centre d’appels d’Urgences Mammifères Marins a été interpellé par un média: un attroupement d’une quinzaine de phoques communs lui avait été signalé sur la mince couche de glace près de l’embouchure de la rivière York à Gaspé. Autre signalement le samedi: des résidents de Saint-Irénée dans Charlevoix ont contacté la Sureté du Québec pour signaler la présence d’un phoque sur la berge qui s’y prélassait depuis plusieurs heures. À l’approche d’un homme, qui souhaitait le repousser à l’eau, l’animal est devenu agressif, a grogné et a montré les dents. Finalement, ce matin à Sept-Îles, on rapportait un jeune phoque du Groenland  échoué vivant sur la plage; inquiet pour le sort de cet animal, un citoyen demandait quoi faire.

    © Jocelyne Burton-Tremblay

    © Jocelyne Burton-Tremblay

    Ces situations sont communes à ce temps de l’année. Le public s’étonne et s’inquiète bien souvent de voir un phoque immobile sur la glace ou sur la plage pendant de longues heures et souhaite leur venir en aide. Un phoque échoué, c’est pourtant normal! Ce comportement fait partie du cycle de vie des phoques, qui partagent leur temps entre la terre et la mer. Souvent, l’animal demeure échoué pendant quelques heures ou même un ou deux jours avant de reprendre le large. Il peut s’agir de phoques adultes qui ont besoin de repos de retour de leur migration, comme c’est souvent le cas pour les phoques d’hiver, soit les phoques à capuchon et les phoques du Groenland. S’il s’agit de jeunes pinnipèdes comme les blanchons, les petits phoques du Groenland, afin de concentrer leur énergie à la croissance, ils se reposent aussi beaucoup hors de l’eau. Ils sont, pour la plupart du temps, inconscients des différents dangers qui les guettent et ne fuient pas à l’approche d’un humain, ce qui les rend vulnérables aux comportements des riverains.

    «Un phoque… à Montréal?»

    Oui, c’est possible! Chaque année, des signalements sont enregistrés dans la portion fluviale du Saint-Laurent, dans les régions de Charlevoix, Québec, Trois-Rivières, Montréal. Comment expliquer la présence des ces mammifères marins dans ces endroits «inhabituels»? On croit qu’il s’agit d’animaux un peu plus explorateurs que leurs congénères, probablement à la recherche de sources de nourriture. La plupart du temps, l’animal quitte le secteur par lui-même, et on suppose qu’il retrouve les eaux salées du Saint-Laurent.

    Comment les aider?

    interdit phoqueLe Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins demande la collaboration du public. Si vous voyez un phoque sur le rivage:

    1) Laissez l’animal en paix, restez à distance (minimum 50 m) et gardez les chiens en laisse. Évitez les attroupements et ne tentez pas d’interagir auprès du phoque.

    2) Merci de signaler le cas au 1-877-722-5346 si l’animal se trouve dans une zone achalandée en présence de gens qui ne respectent pas les consignes.

    3) Rappelez-vous qu’il est illégal de toucher, nourrir, remettre à l’eau ou tuer un mammifère marin si vous ne détenez pas un permis émis par Pêches et Océans Canada. Les gens qui contreviennent à ce règlement sont passibles d’amende.

    En somme, les phoques n’ont pas besoin de notre aide! Ces carnivores, malgré leur allure inoffensive, peuvent mordre et transmettre des maladies. De plus, le stress causé par les humains peut réduire les chances de survie chez les jeunes.

    Merci de votre précieuse collaboration!

    Pour en savoir plus:

    Entrevue avec Josiane Cabana, porte-parole pour le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, sur la présence des phoques communs à Gaspé le 10 décembre 2015, Radio-Canada.