Au cours des prochains jours, la saison de pêche au homard et au crabe des neiges se terminera dans la plupart des secteurs du golfe du Saint-Laurent, si ce n’est déjà fait. Les mesures de prévention d’incident pour les baleines noires ont causé des soucis logistiques à bien des pêcheurs, mais également aux travailleurs et travailleuses des usines de transformation de produits de la mer. Néanmoins, lors d’un point de presse, la sous-ministre des Pêches et des Océans du Canada, Sylvie Lapointe, a confirmé qu’aucun cas de baleine noire empêtrée ou décédée n’a été rapporté. Les mesures pourraient donc avoir participé à une année moins sombre pour les baleines noires.

De nombreux efforts de surveillance ont pu confirmer l’identification de 111 individus baleines noires, ce qui signifie qu’il y avait probablement plus d’individus que ce nombre. L’été dernier, à pareille date, 120 individus avaient été identifiés et sept carcasses avaient été trouvées. Pour identifier les baleines noires, les chercheurs et chercheuses comparent le patron des callosités sur la tête des individus.

Cette année encore, les baleines noires ont surtout été observées dans le golfe, et non pas dans les zones identifiées comme leur habitat essentiel, dans le bassin Roseway et dans le bassin Grand Manan. L’habitat essentiel d’une espèce est désigné après de nombreuses années d’observation compilées. Or, les bouleversements des écosystèmes amenés par les changements climatiques pourraient expliquer ce déplacement des baleines noires vers le golfe.

Une collaboration soulignée

Globalement, les limites de vitesse imposées par Transports Canada dans certaines zones du golfe ont fortement été respectées. En effet, sur 1629 passages de navires, une seule amende a été donnée et 5 dossiers sont encore en cours d’examen. Du côté de Pêches et Océans Canada, on signale le retrait d’une trentaine de casiers de homard dans des zones fermées en présence de baleines noires. Avec les données recueillies durant cette saison, le gouvernement fédéral, avec la collaboration des industries, des groupes de recherche et des gestionnaires, pourra prendre de nouvelles mesures pour 2019.

Pour lire le dossier complet: Baleines noires, la situation en 2018.

Actualité - 10/7/2018

Marie-Ève Muller

Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017 et est porte-parole du Réseau québécois d'urgences pour les mammifères marins (RQUMM). Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.

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