Même si les modifications à la saison de pêche inquiètent plusieurs travailleurs, que ce soit des pêcheurs ou des employés des usines de transformation, les mesures répondent à un impératif de protection de cette espèce en voie de disparition pour minimiser les risques d’empêtrement. Qui plus est, la protection des baleines noires fait partie des éléments essentiels à la certification durable des produits de la mer, une certification nécessaire à l’exportation aux États-Unis et recherchée également par les consommateurs canadiens. Pour le moment, la pêche au crabe des neiges n’est pas commencée partout en raison du couvert de glace encore présent et des conditions météorologiques difficiles.

Parmi les mesures annoncées, une zone incluant neuf quadrilatères de pêche au crabe des neiges ou de homard, soit 2 400 km2, sera fermée pour une durée de 15 jours au minimum, si une baleine noire est vue dans un secteur de pêche. Les pêcheurs auront 48 heures suivant l’émission de la consigne pour retirer leur matériel.

À partir du 28 avril, une zone de pêche de 14 000 kmsera également fermée pour les crabiers. C’est dans cette zone que 90 % des observations de baleines noires avaient été faites l’an dernier. Néanmoins, cela ne veut pas dire que les baleines se trouveront au même endroit cet été. Pour les pêcheurs de homard, une zone d’environ 1900 km2 sera fermée au large du Nouveau-Brunswick.

«Il n’y a pas de mesure parfaite», souligne Sean Brillant, biologiste principal en conservation à la Fédération canadienne de la faune. «La fermeture d’une aussi grande zone est audacieuse, et je crois qu’il peut s’agir d’un compromis gagnant pour tous.»

La mesure de ralentissement obligatoire sera aussi de retour du 28 avril jusqu’au 15 novembre. Les navires de 20 m et plus ne devront pas dépasser la vitesse de 10 nœuds (18,5 km/h) dans la portion ouest du golfe du Saint-Laurent. Cette mesure a maintes fois été reconnue pour son efficacité à différents endroits sur la planète pour prévenir les collisions entre navire et baleines et, en cas de collision, pour réduire les risques de décès.

Du côté de l’Île-du-Prince-Édouard, les pêcheurs de homard de la zone 24 ont décidé d’augmenter leur effort de protection des baleines noires en réduisant le nombre de lignées de cordages mis à l’eau, en regroupant plusieurs cages sur une seule lignée. Selon eux, cela permettra d’éliminer environ 16 000 bouées, qui chacune comptaient 39 à 42 mètres de cordage.

Actualité - 24/4/2018

Marie-Ève Muller

Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.

Articles recommandés

Un baleineau à bosse de quatrième génération: celui d’Aramis!

Bonne nouvelle! Aramis, fille de la célèbre rorqual à bosse Tic Tac Toe, a récemment donné naissance à son tout…

|Actualité 26/3/2020

Opportunité de bourse de maitrise en concertation et co-construction pour réduire l’exposition des baleines au bruit sous-marin

Titre de la maitrise: Concertation et co-construction pour réduire l’exposition des baleines au bruit sous-marin cumulatif de la navigation dans l’estuaire du…

|Actualité 25/3/2020

S’accrocher à travers les époques: des balanes-balises sur les baleines

Il est estimé que les baleines ont atteint leur taille actuelle y a 4,5 millions d’années, alors qu’elles existent depuis…

|Actualité 19/3/2020