Avec les bélugas… et leur tour de taille !

  • Les drones offrent une nouvelle perspective sur les bélugas. // Drones offer a new perspective to the research team. © GREMM
    27 / 07 / 2018 Par Timothée Perrero - / / /

    Cela fait maintenant plusieurs années que la science a recours à l’utilisation de drones pour étudier les animaux sauvages dans leurs milieux naturels. Outre la beauté des images qu’ils procurent, les drones permettent d’avoir une tout autre perspective que celle à laquelle nous sommes habitués depuis les bateaux ou les sites d’observations terrestres. Ce nouveau point de vue ouvre la porte à une multitude de possibilités d’explorations. Le projet que nous démarrons vise à évaluer l’état de santé des bélugas en utilisant les « mensurations » tirées des photos aériennes prises par le drone. Cette technique s’appelle la photogrammétrie.

    Michel Moisan, technicien en chef du GREMM, a encore une fois fait preuve de créativité pour équiper un drone standard de plusieurs gadgets complémentaires pour que l’on puisse relever ce nouveau défi. Ce type de drone est déjà utilisé dans l’ingénierie pour mesurer toute sorte de bâtiments, pour calculer des volumes. Cependant, les positions des drones sont basées sur des points de références terrestres fixes, ce que nous ne pouvons utiliser, puisque nous nous déplaçons constamment avec les bélugas à bord du bateau. Il a donc fallu s’adapter, et Michel a équipé notre espion volant d’un « lidar » (acronyme de l’expression en langue anglaise « light detection and ranging ») qui mesure à chaque seconde la hauteur du drone par rapport à la surface de l’eau grâce à la lecture d’un faisceau de lumière que le « lidar » émet et reçoit. Une fois que le drone est en vol, on prend une photo d’une plaque faisant office d’étalon de mesures connues, qui permettra par la suite d’ajuster les mesures du lidar, si besoin. Ensuite, on peut commencer à prendre des photos des bélugas, en restant toujours à la même altitude à laquelle nous avons pris notre photo d’étalonnage.

    En plus des données obtenues grâce au lidar, les biologistes se servent également de la plaque noire, située à l’arrière du bateau, comme échelle de mesure. Sachant les mesures exactes du rectangle, ils peuvent alors déterminer la taille des bélugas. © GREMM

    Bien que cette technique soit déjà utilisée chez d’autres espèces de baleines — entre autres chez les épaulards et les baleines noires —, elle n’en est qu’à ses balbutiements chez les bélugas. En plus de prendre des photos de bélugas au bon moment avec un drone en ayant la caméra parfaitement à la verticale au-dessus d’eux, nous voulons en même temps des photos depuis le bateau du même groupe que le drone survole tout en étant parallèle, comme dans notre protocole de photo-identification. C’est là que réside le vrai challenge de ce projet, coupler la photogrammétrie avec la photo-identification. Pourquoi avons-nous besoin de ce jumelage? Pour pouvoir reconnaitre les individus photographiés par le drone et ainsi pouvoir suivre l’évolution de leur condition au fil du temps, que ce soit sur plusieurs années ou au cours d’une même saison. En bref, notre nouvel objectif est d’établir un carnet de santé de tous les bélugas du Saint-Laurent qu’on peut trouver dans notre catalogue de photo-identification.

    Les premières semaines ont fait office de tests et ont nécessité plusieurs ajustements, mais nous avons fini par trouver notre rythme et sommes parvenus à relever ce nouveau défi. Nous en aurons certainement de nouveaux lorsque viendra le temps de l’analyse des données ! À suivre.

    Les préidentifications de la semaine

    Dl03 Pascolio, adopté par les commerçants de Tadoussac

    Dl21 Yogi, adoptée par Bell Canada

    Dl30 Athéna, adoptée collectivement par de généreuses personnes

    Dl45 Trèfle, adopté par Matthew Ralph Kane Foundation

    Dl83 Vita, adopté par Shaklee Canada Inc.

    Dl113 Jetstream, adopté par The Fairmont Vancouver Airport

    Dl169 Blanchon, adoptée par Yolande Simard Perrault

    Dl173

    Dl204 Mirapakon, adopté par Les enduits Mirapakon Inc.

    Dl259 Neige, adoptée par les municipalités riveraines du Saint-Laurent

    Deux bélugas du Saint-Laurent observés à l’aide d’un drone © GREMM

    Dl266 Nics, adopté par les municipalités riveraines du Saint-Laurent

    Dl370

    Dl393 Amalena, adoptée par Tadoussac Elderhostel

    Dl497

    Dl502

    Dl512 Marjo, adoptée par La grande séduction: 10e Congrès médical sur la médecine d’urgence en région du CSSS de la Haute-Côte-Nord-Manicouagan

    Dl579 Nomi, adoptée par Tadoussac Elderhostel

    Dl1500

    Dl1508

    Dl1757 Blanche, adoptée par la Municipalité de Tadoussac

    Dl1903 Artsea, adoptée par les clientes des magasins Simons

    Dl1935

    Dl1952

    Dl2217

    Dl9051

    Dl9065


    Le Bleuvet est le bateau de recherche du GREMM et de l’Institut national d’écotoxicologie du Saint-Laurent dédié au programme de recherche sur les bélugas du Saint-Laurent. Son équipe, dirigée par Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM, est composée de Michel Moisan et Tim Perrero.