Sur la côte ouest comme à l’est, le gouvernement cherche à modifier les filets et les pratiques de pêche commerciale responsables de nombreuses mortalités de baleines dont certaines espèces sont en péril.

En Californie, le service gouvernemental des pêches (US National Marine Fisheries Service) vient de refuser le permis aux pêcheurs d’espadon pour l’utilisation de filets dérivants à la suite de l’empêtrement récent de deux cachalots dans ces filets. Néanmoins, il a convoqué une réunion cette semaine pour discuter de la mise en place de mesures d’urgence qui permettraient aux pêcheurs de poursuivre leurs opérations de manière légale tout en limitant les impacts de leurs filets sur les mammifères marins en danger de disparition, tels que les cachalots et les grands rorquals. Cette décision intervient comme un revirement, un mois après la mise en place du projet d’un tel permis et la réception de 13 000 commentaires publics s’y opposant. La Californie est le dernier État à utiliser ces filets sur la côte ouest, l’Oregon et le Washington les ayant interdits.

Ces filets maillants dérivent à la verticale comme un rideau et sont installés pour une journée sur de très grandes distances, pouvant atteindre plus d’un kilomètre. Ils sont équipés de cordes et de flotteurs pour les maintenir près de la surface et de lests pour que le bas des filets reste vers le fond de l’eau. Quand les filets sont retirés, de nombreuses espèces non ciblées (mammifères marins, tortues, poissons, requins) s’y trouvent prises au piège. La plupart du temps, elles sont retournées à l’océan, blessées ou mortes.

En moyenne, trois mortalités de cachalots sont causées par ces filets chaque année, selon un rapport fédéral, le double de ce que peut supporter cette population protégée, placée sous le statut d’espèce en danger de disparition depuis 1970.

Dans les zones côtières atlantiques

Sur la côte est, ce sont les engins de pêche au homard qui sont dans la ligne de mire et leurs impacts sur les baleines noires de l’Atlantique Nord. Des consultations publiques se dérouleront les 5 et 6 août dans le Maine pour trouver des solutions visant à réduire les prises accidentelles des baleines et les dépenses que les pêcheurs doivent engager pour modifier leur matériel. En 2012, 42 empêtrements de grands cétacés ont été documentés, impliquant surtout la très petite population de baleines noires en péril et des rorquals à bosse.

Le nombre de casiers et de lignes de cordes verticales pourrait être diminué et des périodes de fermeture de la pêche instaurées dans certains secteurs quand les baleines y sont particulièrement présentes Ces mesures envisagées concernent les compagnies de pêche des régions qui s’étendent de la frontière canadienne à la Floride. Pour certaines d’entre elles, la pêche au homard est une activité économique essentielle, dans un contexte économique tendu, avec un fort taux de chômage et de pauvreté.

L’industrie de pêche se tourne également vers le gouvernement canadien pour qu’il mette en place des mesures protégeant les baleines noires des prises accidentelles dans ses eaux.

Sources: Fish Update, Center for Biological Diversity, Kennebec Journal, The Quoddy Tides

Actualité - 1/8/2013

Christine Gilliet

Articles recommandés

Hybride rorqual commun-rorqual bleu: un nouvel enjeu pour la conservation ?

L’existence des hybrides issus du croisement entre les deux plus gros animaux du monde — soit le rorqual commun et…

|Actualité 28/9/2020

Semaine de la culture scientifique: la biodiversité à célébrer!

Avez-vous pris récemment quelques minutes pour observer un coin de verdure dans votre quartier? Si vous tentiez de compter les…

|Actualité 22/9/2020

Nager dans un fleuve de polluants: les bélugas seraient quatre fois plus contaminés que les petits rorquals

À quel point les bélugas du Saint-Laurent sont-ils contaminés? C’est la question que se posait Antoine Simond lors de son…

|Actualité 21/9/2020