Quelles sont les causes de mortalités des baleines trouvées mortes sur les côtes de l’Alaska et de la Colombie-Britannique ces derniers mois?

  • La marée rouge, vue d'un hélicoptère / The red tide, from an helicopter © Pêches et Océans Canada M Starr
    05 / 10 / 2015 Par Camille Bégin-Marchand - / /

    Plus d’une trentaine de baleines ont été trouvées mortes au large de l’Alaska et de la Colombie-Britannique au cours des derniers mois. Selon l’Agence américaine d’observation océanique (NOAA), ces mortalités sont inhabituelles. La prolifération d’une algue toxique pourrait être en cause, bien que les tests effectués ne permettent pas d’en conclure ainsi. L’algue toxique aurait pris forme dans une masse d’eau chaude située dans l’océan Pacifique qui perturbe actuellement le milieu marin.

    Depuis le mois de mai, des carcasses de rorquals à bosse, de rorquals communs, de baleine grise et d’autres cétacés non identifiés ont été rapportées. La NOAA a déclaré ces mortalités comme inhabituelles et a lancé une enquête pour identifier la cause de celles-ci.

    L’hypothèse d’une intoxication suite à une prolifération d’algues toxiques a été soulevée. En effet, la présence de toxines, de l’acide dioïque, a été repérée dans une masse d’eau chaude surnommée le «Blob». Mesurant 2000 km de long sur 1600 km de large, cette masse d’eau se déplace actuellement dans la portion nord de l’océan Pacifique, étendue du Mexique à l’Alaska. À une température de 2 à 4°C de plus que le reste de l’océan, le «Blob» aurait permis à une algue dinoflagellé toxique de proliférer. Les scientifiques de la University of British Columbia suspectent que la prolifération de cette algue a causé la mortalité des baleines par le phénomène de bioaccumulation. Les baleines doivent engouffrer d’énormes quantités de proies pour subvenir à leurs besoins, résultant en une concentration très élevée de la toxine. Cette masse d’eau chaude modifie aussi présentement le milieu marin. Les poissons demeurent en profondeur, où l’eau y est plus froide, et deviennent inaccessibles pour les autres organismes qui s’en alimentent.

    Les carcasses des baleines échouées se retrouvaient souvent dans les endroits difficiles d’accès; le relief de la région compliquant les démarches. Pour l’instant, une seule carcasse de rorqual commun a pu être analysée et aucune trace de contamination n’a été décelée. Cependant, les scientifiques de la NOAA stipulent que le spécimen n’était pas approprié: les carcasses qui ont été trouvées étaient toutes en état de décomposition trop avancée pour en tirer des conclusions.

    La NOAA a déclaré l’état d’alerte: toute carcasse doit être reportée pour que des actions soient entreprises le plus rapidement possible.

     

    En savoir plus:

    Actualité sur le site de Radio-Canada 

    Une marée rouge mobilise Urgences mammifères marins