Leucas

- Entrusted to The Right Honourable Justin Trudeau, Prime Minister of Canada
  • ID number : DL9038
  • Sex : Presumably male
  • Year of birth : Around 2000
  • Know since : 2008
  • Adopted since : 2016
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His field marks

Leucas is difficult to identify from the right side. On the other hand, he has a spot on his left flank that resembles the stroke of a paintbrush. Just below this spot, he shows a deep scar.

Life history

Our first encounter with Leucas goes back to the summer of 2008. At the time, he was a young gray beluga. Since then he has been seen nearly every year, and in 2015 he was very pale gray, almost white. Belugas fade from gray to white in colour between the ages of 12 and 16. Leucas was thus born before 2000.
Leucas’ associations suggest that he is a male. Indeed, there exists a sort of sexual segregation in belugas. Particularly in summer, bulls and cows live separately and frequent different sectors. Three networks of males are known: two of these navigate the Saguenay Fjord and the head of the Laurentian Channel, while the third one, the “Downstream Boys”, uses the head of the Laurentian Channel as well as the downriver portion of the Estuary. Even if their territories overlap, individuals from one network seldom come into contact with males of other networks.
At the present time, we are unable to identify which network of males Leucas belongs to or who his faithful companions are. When they reach adulthood, males tend to form stable groups of companions. These associations, which are established gradually in adulthood, may play an important role in belugas’ reproductive lives.

How Leucas’ story unfolds will teach us volumes on the evolution of belugas’ social lives. For example, which sector will he favour as he grows older? Who will his lifelong companions be? By better understanding how belugas live, we will be able to better protect them.

Leucas observations history

Latest news

  • SEPTEMBRE 22, 2017

    It’s the beginning of autumn and we’re embarking on an intensive biopsy mission. Under a sunny sky, we cross the river toward Île aux Basques vis-à-vis Trois-Pistoles. We locate a herd of about 75 belugas, almost all of them males. How do we know they are males? Because they are downstream – a sector mostly frequented by bulls – because of the size of the group, the considerable size of the individuals and the fact that there are not any particularly young individuals amongst them. The herd is quite scattered, but there are three large groups of 8 to 14 very corpulent individuals. In one of the groups we recognize Leucas, who is swimming with two adults and a young gray. We hope to take a biopsy from him, but only manage to nab one of his companions instead. By the end of the day, we successfully perform four biopsies.

    Update: septembre 22, 2017

Sponsor

  • Entrusted to The Right Honourable Justin Trudeau, Prime Minister of Canada

    Robert Michaud, scientific director of the GREMM entrusted Delphi and Leucas to The Right Honourable Justin Trudeau and The Horourable Philippe Couillard, respectively Prime Minister of Canada and Premier of Québec.


    Messieurs nos premiers ministres, merci de prendre soin de Delphi et Leucas

    Monsieur Trudeau, Monsieur Couillard, permettez-moi de vous présenter Delphi et Leucas. Il s‘agit de deux bélugas que je côtoie tous les étés dans le Saint-Laurent. Ils ont tous deux moins de 20 ans. Delphi est une femelle et devrait donner naissance à son premier veau bientôt. Leucas est un mâle et consacre son temps à tisser son réseau social. Ils appartiennent à une population « en voie de disparition » et ont besoin de votre aide immédiate. Si nous partageons bien le Saint-Laurent avec eux, ils pourraient vivre jusqu’en 2080!

    Nos choix d’aujourd’hui façonnent le monde dans lequel ils vivront. C’est de ces choix dont j’aimerais vous parler. Mais avant, laissez-moi encore un peu vous parler de Delphi et Leucas.

    Grâce à leurs marques distinctives, j’ai appris à reconnaitre un à un des centaines de bélugas. Au fil des rencontres, j’ai appris à les connaître. Au fil des années, ils m’ont raconté leur histoire, l’histoire du Saint-Laurent, et un peu notre histoire aussi.

    Comme nous, les bélugas ont colonisé le Saint-Laurent. Poussés de l’Arctique par la dernière glaciation, ils ont trouvé refuge ici il y a 10 000 ans. Cartier écrivait en 1535 que moultes marsouins blancs vivaient dans cette grande rivière qu’on appelle le Saint-Laurent. Depuis, leur nombre n’a cessé de diminuer et le Fleuve aux Grandes Eaux a bien changé. Ces changements s’accélèrent et, avec eux, nos inquiétudes!

    Jamais auparavant n’avons-nous eu autant conscience de ces changements. Jamais comme aujourd’hui n’avons-nous eu autant de science pour identifier, comprendre, atténuer et peut-être renverser ces changements.

    Quand, dans les années 1930, les pêcheurs se plaignaient que les bélugas décimaient les saumons et les morues, nous les avons bombardés. Jusqu’en 1939, on versait des primes aux chasseurs. Cette course à l’extermination prit fin suite à une étude scientifique qui conclut que la morue et le saumon étaient rarement consommés par les bélugas.

    Quelques centaines de bélugas ont survécu à cette exploitation pour se retrouver dans la période la plus toxique du Saint-Laurent, au cœur de l’ère industrielle. Suite à des décennies d’efforts pour améliorer la santé du Saint-Laurent, les contaminants bannis au début des années 1970 sont maintenant en régression dans les bélugas et les cancers qui tuaient un quart des bélugas adultes ont disparu.

    Les bélugas ne sont pour autant pas sauvés des eaux. Leur population est de nouveau en déclin et la mortalité chez les femelles gestantes et les nouveau-nés est en hausse. Selon la Loi sur les espèces en péril, une population « en voie de disparition » est exposée à une disparition imminente si rien n’est fait pour contrer les facteurs menaçant de la faire disparaitre. Et maintenant, nous ne pouvons plus plaider l’ignorance.

    Certaines des menaces auxquelles font face les bélugas sont difficilement réversibles. Le leg toxique, le réchauffement de l’eau et l’effondrement des stocks de poissons méritent tous notre attention, mais nous aurons besoin de plusieurs décennies pour corriger la situation. Les scientifiques qui étudient les bélugas depuis une trentaine d’années s’entendent : à court terme, nos efforts doivent être dirigés vers l’élimination des agents de stress d’origine anthropique comme les perturbations dans les zones sensibles.

    Pour protéger efficacement la rainette faux-grillon, il n’a pas été nécessaire d’arrêter la construction domiciliaire au Québec, mais bien juste sur quelques hectares. Pour protéger les bélugas du Saint-Laurent, nul n’est besoin de mettre sous une cloche de verre l’ensemble de son habitat essentiel ou de fermer la voie maritime.

    On connaît de mieux en mieux les habitudes et les besoins des bélugas. Nous savons que ce n’est pas une bonne idée de développer l’activité portuaire à Cacouna. La construction de nouveaux terminaux dans le Saguenay augmenterait aussi le trafic maritime dans une portion sensible de l’habitat essentiel des bélugas.

    Il serait malheureux encore une fois d’opposer les bélugas au développement économique. Il serait surtout périlleux de le faire à la pièce, projet par projet. Comme le développement économique, la protection des bélugas a besoin d’une stratégie. Sinon, comme il arrive souvent, nos stratégies de développement économique gagneront de vitesse nos stratégies de rétablissement des espèces en péril.

    La création d’un réseau de refuges acoustiques, sous la forme de zones de protection marine, d’aires marines protégées ou de sanctuaires dans lesquels nous éviterions d’accroître l’activité humaine pourrait protéger les bélugas. Elle nous permettrait aussi de mieux préparer l’avenir, en conjuguant nos aspirations pour un monde meilleur, pour les bélugas et pour nous. La protection des bélugas peut aussi être une fierté et un moteur pour le développement économique.

    Au cours des dernières années, des millions de visiteurs sont venus à la rencontre des bélugas dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. De plus, des milliers de Québécois et Canadiens, des entreprises et municipalités ont « adopté » symboliquement des bélugas, montrant ainsi leur attachement et nous donnant leur appui pour mieux les comprendre et mieux les protéger.

    Monsieur Trudeau, j’aimerais vous confier la garde de Leucas. À vous, Monsieur Couillard, je confie Delphi. Je m’engage à vous donner des nouvelles de vos protégés à chaque fois que je les rencontrerai. J’aimerais en échange que vous parveniez rapidement, ensemble, comme pour la création du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, à créer les refuges acoustiques dont Delphi, Leucas et leurs familles ont besoin.

    J’espère que vous raconterez fièrement l’histoire de vos protégés à vos enfants et petits-enfants et qu’ils pourront encore, en 2080, s’émerveiller lorsqu’ils apercevront un troupeau de bélugas et y reconnaitront Delphi et Leucas.

    Robert Michaud
    directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM)