Un test concluant d’inventaire de baleines par satellite

  • Source: PLOSONE Des baleines probables présentes dans l’image satellite, identifiées avec une technique automatisée
    27 / 02 / 2014 Par Christine Gilliet – Mots et Marées -

    Compter les baleines est une activité complexe, onéreuse et parfois imprécise, mais indispensable pour la conservation des populations en péril. Avec l’amélioration des images prises de l’espace et des logiciels, elle s’avère prometteuse.

    Des scientifiques ont tenté l’expérience de compter les baleines franches australes (Eubalaena Australis) visibles sur une image prise par le satellite WorldView2 en 2012, au-dessus de la péninsule de Valdès en Argentine. Avec cette image de très haute résolution, ils ont été en mesure de dénombrer, sur une surface de 113 km², 55 baleines probables, 23 baleines possibles et 13 objets pouvant être des cétacés. Avec un logiciel de traitement d’images, ils ont testé ensuite une méthode automatisée qui a distingué 89 % des baleines comptées manuellement par les chercheurs. Le satellite a détecté des baleines dans la colonne d’eau à une profondeur de 15 mètres, en effectuant une analyse du spectre lumineux de l’image dont la meilleure précision se trouve dans les couleurs bleu profond à violet.

    Technique opérationnelle très bientôt

    Les résultats de cette expérimentation menée par des scientifiques du British Antarctic Survey (BAS) ont été publiés sur le site PlosOne le 12 février 2014. Ceux-ci considèrent que ces résultats sont assez prometteurs pour s’engager dans la voie de l’inventaire par satellite, d’autant plus que les images prises de l’espace deviennent de plus en plus précises. De nouvelles plateformes satellitaires plus performantes vont être mises en orbite, notamment le WorldView3 dès 2014. Deux expériences précédentes s’étaient révélées décevantes au début des années 2000. Ils estiment que des inventaires automatisés pourraient être réalisés sur des zones de plusieurs milliers de kilomètres carrés et pour diverses espèces de baleines.

    Cette nouvelle méthode s’avérerait beaucoup moins coûteuse, plus facile et plus précise que les inventaires effectués visuellement par des humains à partir d’un bateau, d’un avion ou d’un site terrestre. Ils sont indispensables pour avoir un estimé des populations afin de mettre en place des mesures de conservation, surtout quand ces populations sont en péril.

    À court terme, cette technique pourrait être très utile pour évaluer le nombre de baleines franches australes. Décimée par la chasse pratiquée jusqu’au XXe siècle, cette population a considérablement augmenté depuis l’arrêt de la chasse, mais reste en-dessous du seuil estimé avant la période de chasse. Depuis 2005, de nombreuses mortalités sont observées chez les baleineaux.

     

    Limites et bonnes conditions

    La qualité des résultats dépend toutefois de différents facteurs, comme tout recensement visuel. Si la haute résolution de l’image satellitaire décèle des objets d’une taille de 50 cm, elle ne peut le faire que dans des conditions météorologiques et de mer optimales. L’image d’archives de 2012 utilisée par les chercheurs avait été prise alors qu’il n’y avait aucune vague et que les eaux étaient très claires.

    La baleine franche australe a été une espèce idéale pour le test. Avec ses 15 mètres et 45 tonnes, cette baleine dodue se déplace lentement et passe beaucoup de temps en surface. En 2012, elle a été photographiée lors d’un rassemblement de femelles et de baleineaux dans un golfe tranquille de la péninsule de Valdès. Mais la plupart des espèces ont un mouvement de nage plus rapide et passent près de 90 % de leur temps sous la surface.

    Les baleines peuvent être confondues avec des rochers ou même des oiseaux qui se rassembleraient en donnant une forme et une taille similaires. Même avec une opération automatisée de comptage, l’intervention d’un opérateur reste nécessaire, notamment pour faire la distinction entre les objets dans l’image et entre les diverses espèces de baleines détectées dans la zone géographique.

    Sources:

    Sur le site de PLoS One (en anglais seulement):
    Whales from Space: Counting Southern Right Whales by Satellite

    Sur le site de British Antarctic Survey (en anglais seulement):
    Satellites help spot whales (communiqué)

    Pour en savoir plus:

    Nous avons aimé REGARDER:

    Sur le site CNET et Youtube:
    Satellites help spot whales (animation vidéo de 0 min 36 s)

    Pour en savoir plus:

    Sur le site de Slate:
    Recenser les baleines grâce à des images par satellite

    Sur le site de Baleines en direct:
    L’inventaire aérien