REPCET: un outil inédit à bord des navires pour éviter les collisions avec les cétacés

  • 05 / 08 / 2010 Par Christine Gilliet – Mots et Marées -

    En Méditerranée et en plein cœur du sanctuaire Pelagos, la communauté scientifique et les compagnies de navigation ont développé REPCET, un système de repérage des baleines en temps réel pour éviter les collisions entre les navires commerciaux et les cétacés. Avec une augmentation du trafic maritime, de la taille des navires et de leur vitesse, le risque de collisions, première cause de mortalité pour les cétacés en Méditerranée, est devenu majeur pour certaines populations, notamment les rorquals communs et les cachalots, deux espèces menacées.

    Repérer trajectoires et zones à risque

    Avec cet outil informatique et une communication satellite, l’équipage du navire signale en quelques clics la présence d’un cétacé dans sa voie de navigation. Une fois centralisées, les données sont renvoyées en temps réel aux navires équipés de ce système. Sur l’écran, les marins peuvent consulter une carte où ils visualisent leur trajectoire et les zones à risques. Ils peuvent renforcer la veille visuelle et ralentir pour prévenir une éventuelle collision, puisqu’aucun autre système, tel que radar ou sonar, ne permet de localiser les cétacés.

    RECEPT a pour l’instant été testé sur quatre navires de La Méridionale, Telecom Marine, SNCM et Costa Croisière. Pour qu’il soit vraiment efficace, il faudrait que des dizaines de bateaux soient équipés dans le sanctuaire Pelagos, espace maritime de 87 500 km2 faisant l’objet d’un Accord entre l’Italie, Monaco et la France pour la protection des mammifères marins, où plus de 3 000 cétacés s’alimentent et se reproduisent.

    Collisions, première cause de mortalité

    REPCET a été inauguré le 21 juillet par l’association Souffleurs d’Écume dans les locaux du CROSSMED à La Garde, dans le sud de la France. Pascal Mayol, responsable de l’association qui a travaillé sur le système, souligne : « On a recensé soixante-dix cas de collisions qui ont entraîné la mort de l’animal depuis les années 70 (…) Mais des travaux ont montré que le nombre est peut-être jusqu’à 30 fois supérieur ». Certaines carcasses disparaissent en mer et ne sont pas comptabilisées, sans compter les multiples blessures infligées aux cétacés.

    Dans les évolutions de RECEPT, un modèle prévisionnel des trajets et de la présence des cétacés est prévu, ainsi que l’installation de capteurs automatiques par des caméras infrarouges qui détectent la différence de température entre le corps des cétacés et la mer. Car, « la nuit, c’est la loterie », précise Pascal Mayol.

    La même semaine dans les eaux de l’Alaska, une baleine a été trouvée morte sur le bulbe de l’étrave du paquebot Sapphire Princess, dont le programme de la croisière prévoyait l’observation de mammifères marins. Depuis dix ans, c’est le troisième incident de ce type documenté dans cette région. Une autopsie de la carcasse est actuellement en cours pour connaître la cause du décès de l’animal.[REPCET, Maxisciences, AFP, Mirror, Cruise Critic]

    En savior plus

    Sur le site de REPECT : Repérage en temps-réel des cétacés

    Sur le site de Souffleurs d’Écume : Collisions entre grands cétacés et navires de commerce

    Sur le site de Maxisciences : Baleines: Repcet, un système pour éviter les collisions avec les bateaux

    Sur le site de l’AFP : Un nouveau système pour que bateaux et baleines cohabitent, sans heurts

    Sur le site de Mirror (en anglais seulement) : Hi-tech protection for whales

    Sur le site de Cruise Critic (en anglais seulement) : What are Cruise Lines Doing to Avoid Whales?