Port pétrolier à Cacouna : 
Une société scientifique internationale exprime ses craintes au premier ministre Harper

  • 17 / 06 / 2014 Par Véronik de la Chenelière - /

    La Society for Marine Mammalogy (SMM) est le plus grand regroupement professionnel du monde voué à l’étude des mammifères marins, avec environ 2000 membres provenant de 60 pays.

    Le 17 juin, la présidente de la SMM, le Dr Helene Marsh, alertée par WWF Canada, signait une lettre adressée au premier ministre Stephen Harper. Elle y présentait les grandes préoccupations que le projet de port pétrolier à Cacouna soulève pour le rétablissement et la survie des bélugas du Saint-Laurent.

    « Les membres de notre Société avec une expérience étendue de la biologie et de la conservation des bélugas considèrent que la construction et l’exploitation d’un terminal pétrolier dans l’habitat critique d’une petite population de bélugas en déclin sont incompatibles avec les objectifs du Programme de rétablissement du béluga publié par Pêches et Océans Canada en 2012 », écrit Dr Marsh, présidente de la SMM.

    La SMM y soulignait également l’importance de s’appuyer sur l’expertise des scientifiques de Pêches et Océans Canada et d’autres organisations au pays pour éclairer les choix entourant ce projet controversé et à hauts risques. Elle y précisait que cette recommandation s’applique aussi au travail préparatoire comme les activités sismiques et le forage.

    Cette lettre de la SMM va exactement dans le sens des Avis scientifiques déposés par le GREMM à la demande de groupes environnementaux qui ont présenté en mai dernier une requête à la Cour supérieure du Québec pour mettre un frein aux travaux de forage prévus cet été par TransCanada à Cacouna. Le contenu de ces Avis a également été appuyé par David Miller, président et directeur général de WWF Canada, et une dizaine d’experts scientifiques étudiant les mammifères marins du Canada.

    « Les spécialistes mammifères marins ici et ailleurs dans le monde sont unanimes : ajouter des activités industrielles au large de Cacouna présente des risques énormes pour les bélugas. Pour sauver les bélugas, il faut réduire les pressions, pas les augmenter! », commente Robert Michaud, président et directeur scientifique du GREMM.

    Monsieur Michaud est également convaincu que les scientifiques mammifères marins de Pêches et Océans Canada, s’ils étaient formellement appelés à se prononcer sur les risques des forages planifiés par TransCanada à Cacouna cet été, se prononceraient dans le même sens que lui et que les autres spécialistes mammifères marins, au Canada et dans le monde : « Les travaux de forage prévus par TransCanada dès cet été sont dangereux pour les bélugas et risquent de nuire à leur rétablissement ou même d’accélérer leur déclin », soutient M. Michaud.

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