Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent : 20 ans d’efforts de conservation

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    Le parc marin célèbre en 2018 ses vingt ans. © GREMM
    29 / 06 / 2018 Par Camille Bégin-Marchand

    Le parc marin célèbre cette année ses 20 ans. © GREMM

    C’est en 1998 que le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent tel qu’on le connait aujourd’hui a vu le jour. Il aura toutefois fallu plusieurs décennies de consultations et d’attente avant d’arriver à ce jour, d’où l’importance de célébrer ce vingtième anniversaire. Déjà, dans les années 70, les gens du milieu, les chercheurs et les résidents de la région reconnaissaient la valeur unique du paysage, s’intéressaient à la faune marine et demandaient la protection de ce territoire. L’évènement catalyseur qui a mis en branle un processus de consultations est le statut du béluga du Saint-Laurent. Sa situation précaire nécessitait des mesures de protection impérieuses afin de préserver son habitat naturel. En 1988, le Plan d’action Saint-Laurent fut le premier pas vers la création de l’aire marine protégée. Les gouvernements fédéral et provincial se sont alors entendus pour délimiter une zone de protection à l’embouchure du fiord du Saguenay. Deux ans plus tard, le processus de création d’un parc marin a été annoncé. Les limites du parc correspondent d’ailleurs approximativement aux limites de l’habitat utilisé par le béluga du Saint-Laurent pendant l’été.

    En plus d’être l’une des premières aires marines protégées au Canada, la création du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent a été innovatrice sous plusieurs formes. C’était la première fois que les gouvernements fédéral et provincial s’accordaient pour assurer une direction partagée. En effet, comme les cours d’eau sont gérés par le gouvernement fédéral et que les berges et le fond marin sont gérés par le gouvernement provincial, la solution fut de répartir la gestion entre les deux gouvernements. C’est entre autres ce qui explique l’intervalle de temps entre l’annonce et l’ouverture officielle du parc marin en 1998.

    Une autre innovation fut la création de l’Alliance Éco-Baleine, créée en 2011. Cette alliance regroupe les grands acteurs du parc marin, soit Parcs Canada, Parcs Québec, le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins et cinq entreprises d’excursions en mer. Cette association facilite la communication entre chacun de ces acteurs travaillant pour la même cause et ayant le même but : assurer la pratique responsable et le développement durable des activités d’observation de baleines dans le parc marin et devenir un modèle dans le domaine.

    Parmi les grandes réussites de la création du parc marin, on retrouve sans aucun doute la mise en place du règlement sur les pratiques en mer. © GREMM

    Parmi les grandes réussites de la création du parc marin, on retrouve sans aucun doute la mise en place du règlement sur les pratiques en mer et des mesures volontaires de réduction de vitesse pour l’industrie du transport maritime. Depuis, le nombre de collisions avec les mammifères marins a diminué significativement.

    Grâce à la création de cette aire marine protégée, des actions concrètes ont pu être mises en place afin de réduire l’impact humain sur le territoire naturel. Le béluga du Saint-Laurent, toujours au cœur de l’action et moteur du parc marin, permet de protéger non seulement son propre habitat, mais un écosystème en entier, fragile et unique au monde.

    Qu’on soit habitant, travailleur, chercheur ou visiteur, la protection de ce milieu nous tient tous à cœur et nous pouvons aujourd’hui être fiers de travailler à faire vivre cette aire marine protégée et de la faire découvrir à tous ceux qui ne la connaissent pas encore.

    Sources

    Archives de Radio-Canada

    Entrevue de Nadia Ménard, écologiste à Parcs Canada pour le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent à Radio-Canada

    Pour en savoir plus

    Pour connaitre les activités organisées pour le 20e anniversaire, consultez la page Facebook du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent

    L’Alliance Éco-Baleine

    Le Plan d’action Saint-Laurent

     


    Camille Bégin Marchand travaille au GREMM depuis 2013. Elle a commencé comme naturaliste au Centre d’interprétation des mammifères marins, mais son intérêt pour l’écriture scientifique l’a menée à travailler comme rédactrice pour Baleines en direct. Passionnée par la biologie et amoureuse de la région, elle fait aussi une maitrise en sciences de la forêt en collaboration avec l’Observatoire d’Oiseaux de Tadoussac.