Les os des baleines sont-ils adaptés à leur plongée?

  • Le squelette de cachalot au Centre d'interprétation des mammifères marins à Tadoussac permet de comprendre les adaptations des baleines à la vie marine. © GREMM
    03 / 05 / 2019 Par Collaboration spéciale

    Plusieurs espèces de baleines possèdent des traits adaptés à leurs plongées. Par exemple, la relative petite taille de leurs poumons par rapport à celle de leur corps leur permet d’emporter moins d’air lorsqu’elles plongent. Elles minimisent ainsi l’effet de flottabilité de l’air quand elles descendent. La densité des os pourrait-elle aussi faire partie de ces traits adaptatifs ?

    Les os des baleines sont constitués de différents tissus dont la composition et la structure sont globalement comparables à celles des os des mammifères terrestres. Cependant, les baleines qui plongent à des profondeurs importantes ont des os beaucoup moins denses que les os des mammifères terrestres.

    Quelles hypothèses pourraient expliquer cette observation ?

    Le cachalot macrocéphale est une des espèces de baleines capables de plonger à des profondeurs de plus de 1000 mètres. © GREMM

    Faire le yoyo dans l’eau, à peu de frais !

    Moins la densité des os est forte, plus l’animal dépense de l’énergie pour descendre en plongée. Toutefois, il en dépense moins pour remonter ensuite à la surface. Il est donc difficile de savoir si la faible densité des os est une adaptation permettant d’amoindrir les couts énergétiques pour la plongée (descente et remontée comprises). Ça pourrait être le cas si la faible densité des os était moins contraignante pour la descente qu’avantageuse pour la remontée.

    Ça semble effectivement être le cas : Les caractéristiques adaptatives comme la petitesse des poumons, et donc la minimisation de l’air apporté à la descente en plongée, compenseraient la flottabilité que leur confèrent leurs os faiblement denses. À l’inverse, la faible densité de leurs os leur permettrait de remonter à la surface à peu de couts énergétiques.

    D’un point de vue évolutif. 

    Une étude a mis en évidence que dans l’histoire évolutive des baleines, on peut observer une diminution progressive de la densité des os proportionnelle à une augmentation d’un comportement incluant des plongées dans des eaux de plus en plus profondes. Cette information viendrait appuyer l’hypothèse que la faible densité des os des baleines serait une adaptation évolutive à la vie en eaux profondes et à la phase ascendante de leurs indispensables plongées.

     


    Camille Proust a rejoint l’équipe du GREMM en 2019 en tant que responsable des projets éducatifs. Après plusieurs années d’études et d’expériences professionnelles dans le domaine de l’éducation en biologie, elle participe maintenant à une mission qui la touche particulièrement : faire découvrir l’univers passionnant des baleines du Saint-Laurent.