Échantillonnage de souffle

Le souffle des baleines contient la réponse à de nombreux mystères. Il renferme souvent des cellules mortes qui portent des informations sur l’ADN ainsi que sur les hormones, les lipides, les protéines et les microbes présents dans les voies respiratoires des baleines. Les scientifiques sont ainsi en mesure de non seulement diagnostiquer des maladies, mais également de garder une trace de ce que contiennent les voies respiratoires d’une baleine en santé. L’échantillonnage du souffle peut également être utilisé pour détecter une grossesse chez certaines espèces.

Deux méthodes principales sont employées pour recueillir un échantillon de souffle :

  • À l’aide d’une perche
    Avec cette méthode conventionnelle, une boite de Pétri est fixée à une longue perche que quelqu’un tient, depuis un navire, au-dessus d’une baleine en train d’expirer. Avant d’approcher une baleine, l’équipe de recherche recueille des données sur l’animal et enregistre sa séquence respiratoire afin de mieux prévoir ses intervalles de surface. Bien que cette méthode soit satisfaisante pour le recueil d’échantillons, elle nécessite que le navire soit assez proche de la baleine, ce qui risque de provoquer une augmentation de ses hormones de stress.
Des échantillons de souffle de baleine peuvent être prélevés à l’aide d’une boite de Pétri fixée à l’extrémité d’une longue perche, positionnée au-dessus du ou des évent(s). © Katy Foster/NOAA Fisheries (Permis n° 21368)

Des échantillons de souffle de baleine peuvent être prélevés à l’aide d’une boite de Pétri fixée à l’extrémité d’une longue perche, positionnée au-dessus du ou des évent(s). © Katy Foster/NOAA Fisheries (Permis n° 21368)

 

  • À l’aide d’un petit drone
    Pour les baleines au souffle puissant, un drone permet de collecter du souffle sans avoir besoin d’approcher l’embarcation de l’animal. L’utilisation d’un drone est une méthode comparativement moins invasive qui consiste en un véhicule aérien sans pilote, souvent appelé drone, une charge utile (souvent une caméra ou une autre pièce d’équipement fixée sur le drone) et une station terrestre. Grâce aux progrès des technologies aériennes et à leur convivialité, le marché regorge de drones de toutes formes et de toutes tailles. Cependant, un drone conçu pour recueillir les échantillons de souffle d’un géant océanique ne peut pas se contenter d’être n’importe quel drone; il doit être imperméable et avoir la capacité de résister à la forte poussée ascendante qui accompagne le souffle d’une baleine. De plus, l’utilisation d’un drone en mer n’est pas forcément une tâche aisée. Cela demande des compétences, de l’exactitude et de la précision, en particulier lorsque l’on travaille avec des mammifères marins. De plus, le décollage et l’atterrissage depuis une plateforme mobile (un bateau, dans ce cas) exigent une formation appropriée des membres de l’équipe et une coordination entre eux.
                                                           
Video: Un UAS équipé d’une boite de Pétri peut également être piloté vers le souffle de la baleine pour prélever un échantillon de manière moins invasive. Des chercheurs du Woods Hole Oceanographic Institute (WHOI), du NOAA Fisheries Southwest Science Center, de SR2 Sealife, et de l’Aquarium de Vancouver ont analysé les échantillons recueillis à l’aide de l’UAS de cette vidéo pour identifier un groupe restreint de bactéries présentes dans les voies respiratoires des baleines en bonne santé. © WHOI

Les opérateurs de drone qualifiés travaillent en équipe d’au moins deux personnes : un pilote responsable et un observateur. Pour les opérations en mer, l’observateur a souvent aussi la responsabilité de lancer le drone et d’aider à le récupérer.

Pour prélever un échantillon de souffle, le drone est équipé d’une boite de Pétri fixée sur le dessus ou le devant de l’appareil. Avant d’approcher une baleine, l’équipe de recherche recueille des données sur l’animal et enregistre sa séquence respiratoire afin de mieux prévoir ses intervalles de surface. Une fois que tout est en place et prêt à fonctionner, l’UAS est piloté au-dessus de l’eau et dirigé vers la baleine lorsqu’elle se trouve en surface, pour obtenir un échantillon de son souffle.

Une fois les échantillons prélevés à l’aide de l’une ou de l’autre des méthodes, ils sont stockés à -80 degrés Celsius afin d’assurer qu’ils restent utilisables pour les analyses.

Remarque : Des permis spéciaux sont exigés pour faire voler un drone à proximité de mammifères marins à des fins de recherche.

 

Last updated: November 2018