Les balanes laissent-elles des cicatrices sur la peau des baleines?

  • Balanes sur la queue d’un rorqual à bosse. © GREMM
    Balanes sur la queue d’un rorqual à bosse. © GREMM
    02 / 08 / 2019 Par Jeanne Picher-Labrie -

    Les balanes sont des crustacés sessiles au stade adulte, c’est-à-dire qu’elles doivent se fixer à une surface comme une roche, un navire… ou une baleine ! Les rorquals à bosse, les baleines noires et les baleines grises sont particulièrement visés par les balanes, probablement et en partie en raison de leur lenteur. Par moments, il pourrait y avoir jusqu’à 450 kg de balanes sur un seul rorqual à bosse ! Leur présence est cependant rarement gênante pour les baleines.

    Balanes sur la peau d’un rorqual à bosse (photo prise lors d’une nécropsie) © NOAA Photo Library

    Au stade larvaire, une balane peut adhérer à la peau d’une baleine en sécrétant une colle puissante. Elle produit ensuite des plaques calcaires qui lui donnent sa rigidité. En croissant, elle s’ancre dans la peau des baleines, qui est tirée vers l’intérieur de la balane. Ainsi, lorsque la balane tombe — par mort naturelle, par un changement de température et de salinité de l’eau ou à la suite d’un impact — un morceau de peau de la baleine serait entrainé avec elle. Ces blessures laissent-elles des cicatrices permanentes et peuvent-elles servir à la photo-identification ?

    En plus de 30 ans, la nageoire caudale du rorqual à bosse Capone n’a pratiquement pas changé : les cercles laissés par des balanes sont encore bien visibles, ce qui indique qu’elles peuvent effectivement laisser des marques permanentes. Mais est-ce toujours le cas ? La cicatrisation dépend-elle de l’âge de la baleine, de la pigmentation de sa peau ou de la durée d’ancrage de la balane ? Les études le diront.

    En savoir plus

    How Do Barnacles Attach to Whales? (Scienceline)


    Jeanne Picher-Labrie a rejoint l’équipe de Baleines en direct en 2019 et est maintenant naturaliste au Centre d’interprétation des mammifères marins à Tadoussac. Étudiante au baccalauréat en biologie, elle est depuis toujours émerveillée par la nature. Elle en apprend chaque jour un peu plus sur les mammifères marins du Saint-Laurent et souhaite partager sa fascination grâce à la vulgarisation scientifique.