Zipper

Ses traits distinctifs

Il suffit d’observer son flanc droit pour comprendre pourquoi ce rorqual commun a été baptisé ainsi. Zipper porte une énorme cicatrice en forme de fermeture éclair, héritage d’une collision avec une hélice de navire. Ce rorqual commun présente également une cicatrice très marquée de chaque côté de son pédoncule.  Sa nageoire dorsale porte deux petites encoches et son chevron est peu contrasté.

Son histoire

Les observateurs se souviennent très bien de leur première rencontre avec Zipper en 1994, alors qu’elle était couverte de blessures fraiches et encore vives, la peau en lambeaux. Ce type de lésion est caractéristique d’une collision avec une hélice de bateau.

Zipper a survécu à ses lacérations et continue de visiter l’estuaire. Sa large cicatrice nous rappelle que les collisions entre bateaux et mammifères marins peuvent être mortelles pour ces derniers. La vigilance des opérateurs de bateaux et des plaisanciers, ainsi que le respect de la règlementation du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent (vitesse et distance) permettent de diminuer ce risque, qui s’accroit par temps brumeux ou dans les zones d’alimentation très fréquentées.

Avant 1994, Zipper était probablement une résidente saisonnière de l’estuaire ; toutefois, puisqu’elle ne présentait pas de traits particuliers à cette époque, elle n’avait pas été identifiée.

Zipper est aussi bien connue dans le golfe que dans l’estuaire, qu’elle visite régulièrement. Elle y a d’ailleurs été photographiée 15 fois depuis 1994, dont une première fois par le GREMM en 2007. Zipper a aussi été vue avec deux baleineaux.

Rorqual commun Zipper © Renaud PintiauxZipper © Renaud PintiauxLe rorqual commun Zipper © GREMMZipper © Renaud PintiauxZipper, October 16, 2017 © Thierry Emeriau

 


Tiré du bulletin Portrait de baleines, 3 août 2018

Zipper est un rorqual commun facilement reconnaissable par sa cicatrice évidente qui ressemble à une fermeture éclair, située sur son flanc droit. Son pédoncule porte aussi des marques très visibles de chaque côté. Sa nageoire dorsale porte deux petites encoches et son chevron est peu contrasté. C’est en 1994, l’année de sa première photo-identification, que ce rorqual commun est arrivé dans l’estuaire couvert de blessures fraiches et la peau en lambeaux. Une collision avec un bateau l’a laissé dans cet état.

Une biopsie prélevée en 1999 a permis de déterminer son sexe. Zipper est une femelle qui a eu, depuis, deux baleineaux, en 2001 et 2007. Bien qu’elle ait été identifiée pour la première fois en 1994, ses visites précédentes auraient pu passer inaperçues à cause de l’absence de trait particulier. Zipper est aussi bien connue dans le golfe du Saint-Laurent, où elle a été photographiée maintes fois depuis 1994.

Les cicatrices et les marques des individus qui visitent l’estuaire évoluent avec le temps. La cicatrice large et profonde sur le flanc droit de Zipper a changé depuis l’accident. La peau des cétacés est lisse, tendue et dépourvue de poils et elle est en contact avec un milieu marin dans lequel l’eau est salée et parfois très froide. Or, malgré tout, il semble que le temps de cicatrisation et de guérison des blessures des cétacés est comparable à celui des mammifères terrestres. Le processus est toutefois très efficace. Des études sur les dauphins en eaux chaudes et en eau froide ont observé la formation d’un tampon protecteur fait de cellules dégénératives qui, au contact de l’eau salée, protègent la blessure, permettant la guérison plus facile des tissus sous-jacents et la fermeture de la plaie. Contrairement aux mammifères terrestres, il n’y a pas de formation de croute de réparation (ou d’une gale).

L’eau salée semble vraisemblablement jouer un rôle dans la cicatrisation des cétacés. Des blessures infligées par des requins ou entre individus forment des cicatrices qui disparaissent entre 7 à 8 mois. Des cicatrices plus larges et plus profondes créent des déformations et des changements de pigmentation qui semblent permanents. Une étude sur la cicatrisation chez le globicéphale a démontré qu’en moins d’un an, la plaie causée par la biopsie est refermée et le processus de cicatrisation est complet.

Sources:

Bloom, P., & Jager, M. (1994). The injury and subsequent healing of a serious propeller strike to a wild bottlenose dolphin (Tursiops truncatus) resident in cold waters off the Northumberland coast of England. Aquatic Mammals, 20, 59-59.

Bruce-Allen, L. J., & Geraci, J. R. (1985). Wound healing in the bottlenose dolphin (Tursiops truncatus). Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences, 42(2), 216-228.

Corkeron, P. J., Morris, R. J., & Bryden, M. M. (1987). A note on healing of large wounds in bottlenose dolphins, Tursiops truncatus. Aquatic Mammals, 13(3), 96-98.

Giménez, J., De Stephanis, R., Gauffier, P., Esteban, R., & Verborgh, P. (2011). Biopsy wound healing in long-finned pilot whales (Globicephala melas). The Veterinary Record, 168(4), 101.


Tiré du bulletin Portrait de baleines, 12 septembre 2007

Un seul coup d’œil suffit pour l’identifier : ses cicatrices sur le flanc droit ressemblant à une fermeture éclair, ainsi que celles sur le pédoncule sont toujours aussi impressionnantes à voir. Les observateurs se souviennent très bien de leur première rencontre avec Zipper en 1994 avec ses blessures fraîches encore à vif et sa peau en lambeaux. Ce type de blessure est caractéristique d’une collision avec une hélice de bateau.

Ce rorqual commun femelle est connue aussi bien dans l’estuaire que dans le golfe. Elle visite régulièrement l’estuaire et y a été photographiée onze fois depuis 1994, au cours des mois de juin, juillet, août et même en novembre selon les années.

Cet été, Zipper a été photographiée pour la première fois par l’équipe du GREMM le 27 juillet. C’est la première fois qu’elle effectue un séjour aussi long dans l’estuaire. Au début du mois de juillet, elle avait été observée par l’équipe du MICS dans le secteur de l’île d’Anticosti, au large de Port-Menier.

Les rorquals communs de l’Atlantique se nourrissent de capelans et de krill, fréquentent les eaux profondes et peuvent vivre jusqu’à cent ans. En début d’hiver, ils effectuent de courtes migrations vers le sud, mais les régions précises où ils s’accouplent et mettent bas ne sont pas bien connues. Ce deuxième plus grand mammifère marin (après le rorqual bleu) est de tendance solitaire, mais des groupes pouvant atteindre la dizaine d’individus peuvent se créer plusieurs fois par jour et seraient associés à des stratégies de chasse.

En savoir plus

La fiche signalétique du rorqual commun