Capitaine Crochet

Ses traits distinctifs

Un seul coup d’œil sur sa nageoire dorsale permet de reconnaitre Capitaine Crochet. C’est en effet sa forme courbée qui lui a valu son nom. En outre, le patron de coloration de son chevron mérite l’attention. Chez les rorquals communs, le dessin du chevron situé à l’arrière de la tête est constitué de bandes et de lignes grises plus ou moins claires. Le chevron du côté droit, plus clair, fait partie des marques qui permettent l’identification des individus. Il est très contrasté chez les baleineaux et s’estompe au fil des années. Or, chez Capitaine Crochet, il est resté très contrasté. C’est son air de jeunesse !

Son histoire

Fidèle à l’estuaire et reconnue pour y effectuer de longs séjours, Capitaine Crochet, une femelle rorqual commun de 60 tonnes, était une véritable vedette.

Depuis 1994, elle arrivait généralement dès le printemps et y restait plusieurs semaines, voire plusieurs mois. La tête du chenal Laurentien (entre Tadoussac et Les Bergeronnes) était son secteur privilégié.

On ignore où était cette fidèle de l’estuaire avant son premier recensement. Certains rorquals communs sont identifiés chaque année depuis 1986. Il est possible qu’elle ait adopté l’estuaire comme territoire estival tardivement ou que son passage vers l’âge adulte l’ait rendue méconnaissable aux yeux des chercheurs.

Capitaine Crochet a plusieurs fois été observée accompagnée d’un baleineau. Toutefois, en l’absence de biopsie des baleineaux aperçus à ses côtés en 2009 et 2012, on ne peut confirmer si elle en était la génitrice. Pour s’assurer du lien de filiation, les chercheurs doivent observer à plusieurs reprises la femelle avec le même baleineau. Ensuite, la biopsie révèlera les filiations génétiques entre ces deux individus, le cas échéant. De telles précautions sont nécessaires, car chez cette espèce, les baleineaux sevrés sont souvent accompagnés par différents adultes outre leur mère.

Au printemps 2013, Capitaine Crochet manquait à l’appel. Le 6 juin, elle a été repérée par une équipe du parc marin Saguenay–Saint-Laurent ; cependant, elle se trouvait dans une fâcheuse situation, empêtrée dans un engin de pêche au crabe, un énorme casier sur la tête.

Parcs Canada et le Centre de coordination du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins ont assuré le bon déroulement de l’opération de sauvetage, qui a également mobilisé l’équipe du parc marin. Ils ont consulté de nombreux experts, allant du pêcheur au vétérinaire, jusqu’aux spécialistes du désempêtrement de baleines. Les intervenants ont effectué plusieurs tentatives pour la libérer ; toutefois, elles sont demeurées infructueuses.

Les baleines nageant librement avec du matériel de pêche peuvent parfois survivre jusqu’à trois ans. Cependant, la plupart ne survivent pas plus de 6 mois.

Selon plusieurs spécialistes, Capitaine Crochet présentait l’un des pires cas de prise accidentelle qui peut s’imaginer. Les chances de la libérer étaient faibles, et même si elle avait été libérée, on avait des craintes pour sa survie en raison de sa maigreur, de ses blessures et des risques d’infection. On ne l’a pas vue depuis le 13 juin 2013, ce qui laisse présager qu’elle serait effectivement morte des suites de son empêtrement.


Tiré du bulletin Portrait de baleines, 12 juin 2013

Une nageoire dorsale bien arquée vers l’arrière et un chevron particulièrement contrasté : il s’agit bien du célèbre rorqual commun Capitaine Crochet. Depuis plusieurs années, cette femelle est souvent la première arrivée au mois de mai et reste toute la saison dans le secteur, jusque tard à l’automne.

Le patron de coloration de son chevron est distinctif. Chez les rorquals communs, le dessin du chevron situé à l’arrière de la tête est constitué de bandes et de lignes grises, plus ou moins claires. Le chevron du côté droit, plus clair, fait partie des marques qui permettent l’identification des individus. Il est très contrasté chez les baleineaux et s’estompe au fil des années. Or, chez Capitaine Crochet, il est resté très contrasté. C’est son air de jeunesse!

En ce début de saison, Capitaine Crochet manquait à l’appel. Le 6 juin, en mi-journée, elle a enfin été repérée par des opérateurs d’excursions en mer du parc marin, mais elle était en fâcheuse posture, empêtrée dans un engin de pêche au crabe, un énorme casier sur la tête. Son cas a été pris en charge par une équipe de Parcs Canada et du Centre de coordination du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins.

  • Si vous rencontrez Capitaine Crochet dans les prochains jours, signalez votre observation le plus tôt possible en appelant au 1-877-722-5346.
  • Ne l’approchez surtout pas; on recommande de rester à plus de 400 m d’elle. Le stress peut aggraver son état et compromettre le succès de l’intervention en rendant la baleine plus farouche.

Pour en savoir plus: Capitaine Crochet empêtré dans des cordages au large de Tadoussac


 

Tiré du bulletin Portrait de baleines, 23 juin 2011
© GREMM

Une nageoire dorsale bien arquée vers l’arrière et un chevron particulièrement contrasté : il s’agit bien du célèbre rorqual commun Capitaine Crochet (Bp 050). Vue dès le mois de mai, cette femelle semble suivre une routine qu’on lui connaît bien, soit une arrivée dès le début de saison pour un long séjour dans son aire d’alimentation, la tête du chenal Laurentien.

Le patron de coloration de son chevron mérite l’attention. Chez les rorquals communs, le dessin du chevron situé à l’arrière de la tête est constitué de bandes et lignes grises, plus ou moins claires. Le chevron du côté droit, plus clair, fait partie des marques qui permettent l’identification des individus. Il est très contrasté chez les baleineaux et s’estompe au fil des années. Or, chez Capitaine Crochet, il est resté très contrasté. C’est son air de jeunesse!

En ce début de saison, Capitaine Crochet est la seule représentante de son espèce dans le parc marin. Au fil des semaines, d’autres rorquals communs arriveront de leur migration annuelle pour s’alimenter dans le secteur.

En 2009, Capitaine Crochet était parfois vue en compagnie d’un jeune. Or, il est difficile de déterminer s’il s’agissait du sien. Les jeunes rorquals communs ne sont allaités que quelques mois, et, par la suite, on peut les voir avec différents adultes. Seule une biopsie du jeune aurait pu permettre de déterminer si Capitaine Crochet était sa mère. Cela restera un mystère!