Bp929

Ses traits distinctifs

Bp929 est un rorqual commun reconnaissable par la tache blanche bien visible formant le symbole de l’infini (ou un “8”) qui se trouve sur son évent, du côté droit. Sa nageoire dorsale est un peu courbée et porte une légère encoche à la base apparue en 2015.

Son histoire

La présence de Bp929 dans le parc marin est plutôt irrégulière. Même si l’on connait cet individu depuis 1986, il a passé plusieurs années sans être observé ou identifié, de 1999 à 2005.

 


Tiré du bulletin Portrait de baleines Express, 14 juin 2019

Bp929 a été observée dans le secteur l’été dernier en aout. Le voilà de retour cette fois-ci en juin!

En 2015, Bp929 est revenue dans l’estuaire avec une encoche à la base de la nageoire dorsale. À la base de sa queue – le pédoncule – se trouve une profonde entaille. Le frottement du cordage emmêlé sur son corps serait responsable de ces cicatrices.

La Station de recherche des iles Mingan (MICS) étudie depuis 2018 les marques d’empêtrements sur les rorquals communs et les rorquals bleus à l’aide de drones. Les résultats préliminaires montrent que près de la moitié des individus portent des marques d’empêtrement. Bp929 et ses congénères sont donc plus à risque de s’emmêler dans les cordages qu’on ne le croyait. Chez les baleines noires, plus de 80% des individus sont empêtrés au moins une fois dans leur vie.


Tiré du bulletin Portrait de baleines, 24 aout 2018

Bp929 est arrivée dans le parc marin au début du mois d’aout et fait partie des rorquals communs qui sont observés en groupe de 6 individus au large de Tadoussac.

L’abondance et la disponibilité des poissons et des invertébrés (ou des proies) sont les principaux influenceurs de la distribution des rorquals l’été. Les préférences alimentaires sont variables d’une espèce à l’autre : zooplancton (krill, copépodes, amphipodes) ou petits poissons (hareng, capelan, lançon, maquereau, etc.).

Le rorqual bleu est plutôt sténophage, c’est-à-dire que son régime alimentaire est très étroit et composé d’un petit nombre de proies différentes. Dans l’Atlantique Nord, ce géant des mers s’alimente de krill, mais plus précisément de trois espèces de krill. Il s’alimente aussi parfois de copépodes. Le rorqual commun, quant à lui, est plus opportuniste et peut varier son alimentation selon les périodes de l’année et les aires d’alimentation qu’il fréquente.

Le contenu stomacal de certains rorquals à bosse de l’hémisphère nord a été analysé et, même si les proies variaient d’un individu à l’autre, l’estomac d’un même animal était rempli d’une seule espèce: hareng, capelan, lançon ou goberge. Certains pourraient même s’alimenter d’organismes benthiques, qui vivent dans le fond marin, ce qui est plus rare pour un rorqual. Les rorquals à bosse ont différentes techniques pour chasser les bancs de poissons dont la plus connue est la formation d’un filet ou d’un rideau de bulles pour concentrer les proies. Ils font aussi parfois claquer leur queue à la surface de l’eau pour effrayer et concentrer les proies. Ainsi leurs « bouchées » sont maximisées.

Les petits rorquals sont les rorquals les plus opportunistes et dont le régime est le plus varié. Ils adaptent leur alimentation en fonction de la disponibilité des proies présentes dans leur environnement, s’alimentant parfois de krill et parfois de poissons. Ils ont tout de même une préférence pour les organismes de niveaux trophiques plus élevés comme les poissons ou proies carnivores. Leurs besoins métaboliques plus élevés demandent ce type de proie qui contient plus d’énergie que du zooplancton.

En savoir plus

La fiche signalétique du rorqual commun