Boomerang

Ses traits distinctifs

Souvent observée à l’écart des autres rorquals communs, cette femelle est reconnaissable par la configuration de la partie arrière de sa nageoire dorsale en forme de boomerang. C’est d’ailleurs ce trait distinctif qui lui a valu son nom. Depuis 2011, une légère encoche supplémentaire située à la pointe de cette nageoire facilite son identification. Boomerang fréquente en outre régulièrement l’estuaire pendant l’été depuis plus de 20 ans.

Pour procéder à son identification par appariement de photos —celles prises sur l’eau et celles du catalogue —, les chercheurs portent leur attention sur son chevron droit, et plus précisément sur l’ensemble de lignes et de dessins situé à l’arrière de la tête.

Son histoire

À l’instar de rorquals communs comme Capitaine crochet, Newkie Brown ou U2, Boomerang appartient à la population de l’Atlantique Nord, laquelle est reconnue pour effectuer de courtes migrations entre ses aires d’alimentation et d’hivernage. Aujourd’hui encore, on se demande où ces baleines passent l’hiver. En effet, s’il est admis qu’elles rejoignent des eaux plus chaudes dans l’Atlantique Nord pour s’y reproduire et mettre bas, l’aire précise de leur distribution hivernale reste toutefois à déterminer. Comme ses comparses, Boomerang vient dans les eaux froides et riches du Saint-Laurent pour se nourrir de krill ou de petits poissons qui vivent en bancs (harengs, capelans). Elle chasse parfois en surface et effectue des manœuvres en cercle et demi-cercle pour piéger et capturer ses proies. Lorsqu’elle exécute ce type de manœuvres, elle roule son corps sur le côté, la plupart du temps sur le côté droit.

En 1990, elle a été vue avec un baleineau. En l’absence de biopsie et étant donné le peu de fois où elle a été vue en compagnie de ce jeune, on ne peut confirmer si elle en était la génitrice.


Tiré du bulletin Portrait de baleines, 22 juillet 2010

C’est du côté des bateliers qu’on a entendu pour une première fois le nom du rorqual commun Boomerang cette saison. Souvent observée à l’écart des autres rorquals communs, cette femelle est reconnaissable par la forme de la partie arrière de sa nageoire dorsale, en forme de boomerang, alors qu’une entaille y est également visible. Boomerang, une régulière de l’estuaire depuis près de vingt ans, est de retour de ses quartiers d’hiver dans les latitudes plus basses de l’Atlantique Nord où la reproduction a lieu. Toutefois, ces aires d’hivernage sont toujours peu connues, car les rorquals communs n’effectuent pas de grands rassemblements contrairement aux rorquals à bosse.

Les rorquals communs qui rejoignent l’estuaire du Saint-Laurent, tel Newkie Brown, Capitaine Crochet ou U2, appartiennent à la population de l’Atlantique Nord. Mais, sont-ils liés génétiquement à ceux retrouvés aux quatre coins de l’Atlantique Nord? Des chercheurs intrigués par la question ont prélevé plusieurs échantillons de peau, des biopsie, sur des rorquals communs dans six aires d’alimentation de cette portion de l’Atlantique. Le constat : il existe bel et bien des différences génétiques entre les rorquals communs de l’Atlantique Nord-Ouest, Nord-Est et ceux la Méditerranée. Ces résultats appuient donc l’hypothèse avancée au début du siècle par les biologistes qui étudiaient les animaux tués par les baleiniers. Ils soutenaient que les rorquals communs de l’Atlantique Nord se distribuent en plusieurs sous-populations qui effectuent de courtes migrations entre leurs aires d’alimentation et d’hivernage. Ces migrations favoriseraient des échanges entre sous-populations voisines.

Avec le gras prélevé lors d’une biopsie, il est possible de déceler les contaminants ou de connaître les proies ingérées; avec l’ADN, les liens de parenté et le sexe sont dévoilés. Les biopsies prélevées jusqu’à maintenant ont révélé que le troupeau de rorquals communs de l’estuaire est composé à parts égales de mâles et de femelles.

En savoir plus

La fiche signalétique du rorqual commun