B335

Ses traits distinctifs

Comme c’est le cas pour tous les rorquals bleus, B335 se reconnait à son patron de pigmentation, qu’il a peu contrasté. B335 a aussi une nageoire dorsale bien droite.

 


Tiré du bulletin Portrait de baleines volume 17, numéro 16, du 28 septembre 2018

Texte de Marie-Ève Muller

B335

B335 a été photographié le 7 septembre 2018. Les taches dorées sur ses flancs sont en fait des diatomées, des algues microscopiques. © GREMM

B335 est un des rorquals bleus inclus dans le catalogue de photo-identification de la Station de recherche des iles Mingan (MICS). On reconnait cet individu par une nageoire dorsale bien droite et un patron de coloration peu contrasté. Cette année, on peut aussi remarquer sur ses flancs de nombreuses colonies de diatomées. Chacune de ces algues microscopiques est composée d’une seule cellule tapissée d’une double enveloppe de silice, une «cage de verre» en quelque sorte, ce qui explique pourquoi ces colonies miroitent au soleil comme si des plaques de laiton étaient posées sur lui. Les diatomées sont une partie importante du phytoplancton, qui sert de nourriture au krill, qui sert à son tour de nourriture aux rorquals bleus. La présence de ces algues sur sa peau ne devrait pas nuire à l’animal.

B335 a été muni d’une balise satellite de type Argos en 2015, dans le cadre d’un projet de suivi des migrations des baleines bleues, projet qui a été mené par le MICS, l’Alaska SeaLife Center et par Pêches et Océans Canada. De l’estuaire, le rorqual bleu était passé au nord des Îles-de-la-Madeleine avant de s’éloigner dans le détroit de Cabot.

Au cours des dernières semaines, nous avons reçu des mentions de rorquals bleus nageant en paire. Au début de l’automne, il arrive que dans le Saint-Laurent, les rorquals bleus forment des paires plus ou moins stables, durant plusieurs jours voire des semaines. Grâce à la photo-identification et aux biopsies, les chercheurs du MICS ont pu observer qu’il s’agit le plus souvent d’un duo mâle-femelle. Ces paires pourraient être un signe précurseur de la reproduction chez ces animaux qui a lieu au cours de la fin de l’automne ou de l’hiver. Parfois, un deuxième mâle se joint au duo et les trois individus participent à ce que l’on appelle une rumba; la femelle nage à l’avant et les deux mâles entrent en compétition pour être le plus proche d’elle. Après une course, qui peut durer plusieurs heures, un des mâles abandonne la course et l’autre devient l’escorte de la femelle. Est-ce que ces paires aboutissent réellement à une reproduction des deux individus? Une question difficile à répondre à court terme!

À la fin aout 2007, le spécialiste des rorquals bleus Richard Sears assistait justement à une scène de «rumba» incluant B335 au large des Escoumins. Ce mâle était entré en compétition avec B185, qui suivait calmement la femelle B197, connue sous le nom de Pleiades. Durant 24 minutes, B335 a coursé contre B185. Nageoires pectorales, bout de queue, museau, corps soulevé : l’eau giclait en gerbes tout autour du trio. Finalement, B335 s’était éloigné de la paire. Avait-il tenté sa chance plus tard?

En 2016, le collaborateur du MICS René Roy a photographié B335 nageant à la traine ou aux côtés de la femelle B476. Trouvera-t-il une femelle cette année? Vos observations nous le diront!

Une paire de bleues, B476 et B335 © René Roy

Une paire de bleues, B476 et B335, photographiée en 2016. © René Roy

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La fiche signalétique du rorqual bleu