La nageoire dorsale affaissée des épaulards est-elle propre aux épaulards captifs?

  • Les nouvelles règles obligeront les bateaux à garder une distance de 100 mètres de tout mammifère marin et de 200 mètres des épaulards résidents du Sud. © NOAA Photo Library
    02 / 02 / 2012 Par GREMM - / /

    En effet, ce sont les épaulards mâles des aquariums qui ont généralement la nageoire dorsale affaissée.

    Pourquoi ? Tout d’abord, il faut savoir que les épaulards mâles ont une grande nageoire dorsale, près de 2 m, alors que, chez les jeunes et les femelles, la nageoire dorsale est plus courte, moins de 1 m, et légèrement recourbée.

    Lorsqu’ils sont jeunes, la nageoire dorsale des mâles est donc plus courte et semblable à celle des femelles. À la « puberté », ils ont une poussée de croissance : leur corps grandit rapidement de même que leurs appendices (nageoires pectorales, nageoire dorsale et queue). À ce stade, ils ont souvent l’air disproportionnés, un peu comme les humains à l’adolescence. La nageoire dorsale, faite de tissus conjonctifs sans muscle ni os, est flexible et sa forme serait « maniée » par l’environnement. Justement, les épaulards captifs sont généralement capturés dans leur jeune âge et passeront ainsi leur poussée de croissance en captivité.

    Le milieu naturel et le milieu en captivité sont très différents, ce qui pourrait expliquer en partie cet affaissement, comme la réduction de la pression sanguine (due à une moins grande activité) ou la présence accrue en surface. En effet, les épaulards sauvages passent plus de temps sous l’eau à la recherche de nourriture, alors que ceux captifs passent la grande majorité de leur temps en surface, où se déroulent la plupart de leurs activités (nourriture, jeux, interactions avec les entraineurs). En surface, l’eau ne supporte plus la nageoire dorsale, alors qu’elle croît rapidement, et la gravité la fait courber. Après la poussée de croissance, le tissu conjonctif devient alors moins flexible et la nageoire garde cette forme pliée.

    Toutefois, l’affaissement de la nageoire dorsale n’est pas exclusivement observé chez les mâles captifs. En Colombie-Britannique, il y a au moins deux épaulards sauvages qui ont la nageoire courbée. Dans l’un des cas, la nageoire est restée droite durant presque toute la poussée de croissance, pour commencer à courber seulement vers la fin. La génétique pourrait donc aussi influencer ce phénomène.

    Une nageoire dorsale courbée n’affecte ni la capacité de se reproduire ni celle de nager d’une baleine. Elle n’est pas non plus une indication de son humeur ou de ses sentiments. En Nouvelle-Zélande, près de 23% des épaulards mâles ont des formes de nageoire dorsale étranges. Elles peuvent être complètement courbées, ou parfois branlantes ou ondulées sur la bordure. D’autres épaulards de la Colombie-Britannique ont une nageoire à la forme bizarre parce que celle-ci a continué à croître après avoir subi une blessure par balle (jadis, les épaulards étaient chassés le long de la côte, car on les considérait des compétiteurs aux pêcheurs).