Irisept, une queue blanche et autres histoires de rorquals à bosse

  • Saut Irisept © René Roy
    Saut d'Irisept (2017) © René Roy
    05 / 06 / 2018 Par Marie-Sophie Giroux

    C’était la première semaine d’activité pour une compagnie d’observation aux baleines de la région de Gaspé. «La météo des derniers jours a eu raison de la motivation de plusieurs personnes d’aller voir les baleines », explique un membre de l’équipe, «mais ceux qui se sont essayés ont eu de quoi se régaler les yeux!», précise-t-il. En effet, le 1er juin, un rorqual à bosse se trouve juste devant le village de Grande-Grave. Puis, cette même journée, la propriétaire d’un camping de L’Anse-au-Griffon s’extasie devant la douzaine de souffles — certains grands et droits et d’autres arrondis — qui se dressent au large de son établissement.

    Irisept a été vue en 2017 avec un veau, une première en 20 ans d’observations. Ce rorqual à bosse fait partie des 121 identifiés durant l’été 2017. © GREMM

    Le 4 juin, deux rorquals à bosse sont rencontrés sur l’eau : l’un se trouve au large de Cap-des-Rosiers, l’autre est près de L’Anse-aux-Amérindiens. Ce dernier est en fait «une», car il s’agit de la femelle Irisept. La revoilà, cette habituée du Saint-Laurent qui le visite depuis plus de 20 ans! L’été dernier, elle avait été identifiée dans le golfe et l’estuaire, et ce, accompagnée de son baleineau, soit le tout premier observé en sa compagnie depuis les deux dernières décennies de rencontres! Les nouveau-nés rorquals à bosse ne sont généralement pas reconnus les années ultérieures, lorsqu’ils reviennent sevrés de leur mère, car la coloration sous leur queue change beaucoup au cours des 5 à 6 premières années de leur vie.

    Dans le secteur entre Les Escoumins et Les Bergeronnes, un rorqual à bosse est vu les 3 et 4 juin. Les visiteurs du site de Cap-de-Bon-Désir de Parcs Canada sont même aux premières loges lorsque l’animal approche de très près les rochers et soulève sa queue, bien blanche, hors de l’eau. Plusieurs témoins, sur terre ou en mer, prennent des photos ces journées-là. Certaines ont été envoyées à l’équipe de la Station de recherche des Îles Mingan (MICS) qui gère le catalogue des rorquals à bosse du Saint-Laurent.

    Justement, l’équipe du MICS vient tout juste d’arriver dans ses quartiers d’été à Longue-Pointe-de-Mingan pour un 40e été sur l’eau! Nous leur souhaitons une saison tout aussi «généreuse» que celle de 2017 où ils avaient identifié un total de 121 rorquals à bosse dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent! Mais avant toute chose, l’heure est à la maintenance des bateaux avant de prendre le large.

    À Sept-Îles, Jacques Gélineau, découvre deux rorquals à bosse devant les Îlets De Quen et l’un des deux individus s’élance même hors de l’eau! Deux autres grands rorquals sont aperçus à au large de la baie Sainte-Marguerite.

    Finalement, en plus du rorqual à bosse mentionné dans ce texte, la région du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent est également fréquentée par un ou deux rorquals communs, plusieurs petits rorquals et marsouins, sans oublier les bélugas. À Saint-Siméon (Charlevoix), un troupeau réunissant une centaine de bélugas a été repéré le 2 juin!

    Oui, les baleines sont nombreuses et elles risquent de l’être de plus en plus au fil des prochaines semaines!


    Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct et Portrait de baleines. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle adore « raconter des histoires de baleines ».