Des globicéphales noirs de l’Atlantique?

  • © René Roy
    16 / 10 / 2019 Par Marie-Ève Muller

    Deux observateurs, une aux Escoumins (rive nord), l’autre à Baie-des-Sables (rive sud), ont posé cette semaine cette question : «ai-je vu des globicéphales noirs de l’Atlantique?» Des mammifères marins au dos noir, dans un cas en groupe d’une cinquantaine d’individus, dans l’autre seul, les ont ramenés à leur guide d’identification des espèces. Mais sans photo, sans vidéo, impossible de confirmer ce qu’ils ont observé.

    Les globicéphales noirs de l’Atlantique sont des visiteurs saisonniers réguliers du golfe, mais leur observation dans l’estuaire est très rare. On les reconnait à leur grosse nageoire dorsale située assez près de l’évent, leur dos noir assorti d’une tache blanche après la nageoire dorsale et leur corps long d’environ 4 à 5 mètres, soit un peu plus grand qu’un béluga. Ils vivent généralement en groupe familial de 10 à 20 individus et peuvent parfois se réunir en troupeau de centaines d’individus!

    Encore beaucoup de géants dans l’estuaire et le golfe

    «On a du rorqual bleu à foison», se réjouit un observateur de Port-Cartier. Il compte une dizaine d’individus dans le secteur au cours de ses sorties en mer la semaine dernière. Si les rorquals à bosse semblent avoir quitté le secteur, les rorquals communs sont encore bien présents. «La plupart sont solitaires, mais on en voit quelques-uns en paire, comme souvent en automne. Mais ce qui m’a surpris, c’est de voir la queue d’un rorqual commun», raconte-t-il. Les rorquals communs, contrairement aux rorquals à bosse, n’ont pas tendance à montrer la queue avant de plonger. De retour sur le rivage, il admire les allers-retours des petits rorquals.

    Ce rorqual commun a montré sa queue en plongeant, un évènement plutôt rare. © Jacques Gélineau

    Du côté de la Gaspésie, les bateaux d’excursion sont rentrés en cale sèche. Les derniers jours ont permis de saluer les rorquals à bosse, rorquals communs et rorquals bleus, avec, comme fond, les feuilles colorées. Devant la plage de Penouille, des phoques communs sortent leur tête qui rappelle celle d’un chien. À la plage de Haldimand, ce sont plutôt les têtes des phoques gris, rappelant celle d’un cheval, qui percent la surface.

    Le 10 octobre, au large de Baie-des-Rochers, un troupeau d’environ 70 à 80 bélugas s’active en surface. Parmi eux, on compte quatre nouveau-nés de couleur café au lait. Avec des jumelles, on peut parfois observer le cercle foncé autour de leurs yeux ou de leur évent, signe de leur jeune âge.

    Le 13 octobre, les rorquals à bosse impressionnent un photographe qui parvient à immortaliser cinq individus nageant côte à côte. Lors de sa croisière dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, il observe aussi des rorquals communs, des petits rorquals et des phoques gris.


    Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.