Deux fois plus d’observateurs sur le fleuve

  • Les employés sur les vraquiers d’Algoma Central Corporation vont maintenant récolter des données d’observation de baleines durant leur trajet sur la voie maritime du Saint-Laurent. © Renaud Pintiaux
    13 / 07 / 2018 Par Aurélie Lagueux-Beloin - /

    La flotte de 27 navires d’Algoma Central Corporation s’ajoute au réseau d’observateurs de baleines dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Cette initiative, créée en 2015, par le Réseau d’observation des mammifères marins (ROMM) compte maintenant une cinquantaine de navires incluant des navires de l’industrie, des traversiers et les pilotes du Saint-Laurent.

    Le réseau d’observateurs de baleines implique l’industrie maritime dans la collecte de données sur les cétacés. Il a permis de recueillir plus de 1500 observations depuis sa création et compte augmenter cette performance suite à l’arrivée d’Algoma. Toutes les données recueillies sont publiques et disponibles sur le site web de l’Observatoire global du Saint-Laurent.

    Les observations de baleines fournies à l’année par les transporteurs maritimes dans le Saint-Laurent apportent une information qui serait difficilement accessible autrement. Ces données offrent également un aperçu de la cooccurrence des navires et des mammifères marins le long des voies maritimes.

    Une ligne de communication directe

    Le Réseau d’observation des mammifères marins (ROMM) propose un protocole détaillé au personnel navigant en cas d’observations de baleines. © ROMM

    Les navires membres du réseau d’observateurs de baleines bénéficient d’une formation spéciale pour les capitaines et de matériel de sensibilisation pour l’équipage. Ceux-ci sont fournis par le ROMM. La participation du personnel navigant à l’observation des baleines a de nombreuses retombées positives. Esther Blier, directrice générale du ROMM, note que « ce contact privilégié avec les usagers du Saint-Laurent qui sont directement dans l’habitat des baleines nous permet de les informer sur le comment et le pourquoi des protocoles et de la réglementation qui les concernent pour qu’ils puissent mieux y adhérer. »

    Dans le cas de la baleine noire de l’Atlantique Nord, espèce en voie de disparition, les observateurs avertis à bord des navires ont rapporté rapidement ses occurrences. Le personnel navigant est davantage au fait des comportements à adopter pour limiter les collisions avec les baleines ainsi que de la marche à suivre en cas d’incident. L’intégration de l’industrie maritime à l’observation de baleines favorise aussi le respect de certaines mesures volontaires bénéfiques pour les mammifères marins, comme la réduction de la vitesse.

    Un futur prometteur

    La participation de l’industrie maritime à la documentation des mammifères marins est prometteuse et se développe à bon rythme. À long terme, Esther Blier souhaite tirer profit de l’expérience cumulée ces dernières années pour améliorer la collaboration entre l’industrie maritime et les observateurs de baleines. « Ce serait bénéfique au projet de pouvoir mettre en place des outils de communication plus efficaces pour joindre le personnel navigant, de plus en plus nombreux à participer à l’effort d’échantillonnage. La formation de l’équipage est la clé pour l’obtention de données de qualité. »

    De plus, cette collecte de données considérable pourrait donner un coup de pouce à la recherche et permettre de trouver des moyens de minimiser l’impact environnemental d’une flotte de vraquiers comme celle d’Algoma dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent.


    Aurélie Lagueux-Beloin est stagiaire à la vulgarisation scientifique depuis 2018. Aimant autant faire de la science qu’en parler, elle complète sa maitrise en biologie à l’Université du Québec à Montréal ainsi qu’un certificat en journalisme à l’Université de Montréal. Aurélie est touche-à-tout et s’intéresse autant aux baleines qu’aux dinosaures en passant par les bancs de krill!