Deux autres géants dans le Saint-Laurent

  • Le poisson-lune utilise ses nageoires dorsale et anale pour avancer. © www.amphibia-nature.org
    05 / 10 / 2018 Par Célia Baratier

    Les baleines ne sont pas les seules à venir dans le Saint-Laurent se nourrir. Les méduses attirent le poisson-lune et la tortue luth dans le fleuve entre aout et octobre !

    Un visiteur intriguant : le poisson-lune 

    Le poisson-lune, le plus gros poisson osseux, viens se nourrir de méduses dans le Saint-laurent © Schlegel

    Une nageoire fend la surface de l’eau, sans souffle en vue : serait-ce un requin? Ou peut-être bien est-ce un poisson-lune (Mola mola)! On peut les différencier à distance grâce au sillage que crée la nageoire. En effet, le poisson-lune, contrairement au requin, utilise ses nageoires dorsale et anale pour se déplacer, car il n’a pas de queue!  On peut l’observer à la surface prendre ainsi un bain de soleil, couché sur le côté, et laisser les oiseaux se délecter de ses parasites.

    Ce poisson à l’allure particulière et aplatie est le plus gros poisson osseux des océans ! Il pèse environ 1 tonne — pouvant même aller jusqu’à 2 tonnes — et peut atteindre 2 mètres de long !

    Le poisson-lune vit plutôt dans les eaux tropicales et tempérées, il est pourtant fréquent d’en observer dans le Saint-Laurent. Mais malheureusement, il n’est pas toujours adapté aux températures froides qui règnent dans celui-ci, ce qui pourrait expliquer les individus retrouvés sur le rivage en automne.

    Cette tortue luth pour sa survie

    La tortue luth visite le Saint-Laurent entre aout et octobre, pour se régaler de méduses © www.amphibia-nature.org

    Depuis près de 100 millions d’années, la tortue luth parcourt les océans. Après avoir côtoyé les dinosaures et leur avoir survécu, elle est aujourd’hui en voie de disparition.

    Cet impressionnant reptile — la plus grande des tortues — peut mesurer 2 mètres et peser 500 kg. Un individu mâle de plus de 900 kg a déjà été retrouvé ! Sa carapace, molle et dépourvue d’écailles, ressemble à du cuir, ce qui lui a valu son nom anglais de « leatherback sea turtle », tortue à dos de cuir.

    La tortue luth migre des eaux chaudes d’Amérique du Sud, des Caraïbes et de la Floride, où elle pond ses œufs, jusqu’aux eaux plus froides comme celles du Saint-Laurent pour se nourrir. Elle est présente dans le golf et l’estuaire — voir même jusqu’à l’ile aux Coudres — d’aout à octobre. Une observation rare qui tend à être de plus en plus régulière.

    Une diète risquée

    Tortue luth et poisson-lune se nourrissent de méduses —la gorge et l’œsophage de la tortue luth sont d’ailleurs recouverts d’épine pour l’aider à déglutir ces mets glissants. Cependant, les méduses peuvent être confondues avec des sacs plastiques, causant la mort de nombreux individus.

    Ces deux espèces peuvent aussi se retrouver empêtrées dans des filets de pêche. De plus, la température influence la survie des œufs de la tortue luth : les œufs mâles sont moins résistants à la chaleur. Ainsi, les changements climatiques risqueraient de dérégler la proportion mâle-femelle dans la population.

    Pour comprendre davantage la répartition et la situation des tortues luths et des poissons-lunes dans le Saint-Laurent, Amphibia-Nature s’intéresse aux observations que vous faites. N’hésitez pas à les contacter au 1-877-UneLuth (1-877-863-5884) et leur envoyer une photo.

     


    Célia Baratier a rejoint le GREMM cette saison comme naturaliste au CIMM et rédactrice pour Baleine en direct. Diplômée d’une maitrise en environnement et en communication scientifique, elle aime jouer avec les savoirs (et les mots !) pour partager et conter les aventures des baleines.