Des drones et des images 3D pour la recherche et la conservation des baleines

  • capture d'écran du site web
    23 / 03 / 2015 Par Christine Gilliet – Mots et Marées -

    Les innovations technologiques apportent aux chercheurs de nouveaux moyens qui se popularisent rapidement. C’est le cas des drones. Des scientifiques ont créé une plateforme web afin de partager leurs expériences menées sur le terrain avec ces petits aéronefs. Quant aux animaux grégaires, un système stéréographique couplé à d’autres capteurs permet de suivre avec précision leurs comportements.

    Des scientifiques du monde entier, utilisateurs de drones, se sont regroupés et ont créé récemment le site web Drones Research pour partager avec d’autres chercheurs leurs expériences de l’utilisation de drones pour la recherche et la conservation d’animaux marins et terrestres. L’inscription au site et l’accès au forum sont gratuits. Dans le site, on trouve une série de vidéos résumant la conduite de projets de recherche effectués avec ces aéronefs sans pilote. Sont également publiées des études ayant eu recours à des drones pour réaliser, entre autres, l’inventaire de populations, l’échantillonnage du souffle de baleines à des fins d’analyses, la détection et le suivi des individus dans le cadre d’activités d’exploration pétrolière. Les divers modèles de drones sont décrits avec leurs particularités (autonomie de vol, décollage vertical ou horizontal, étanchéité à l’eau) et leurs possibles applications.

    Des projets de recherche médiatisés

    Dans les derniers mois, des médias se sont intéressés à des projets de recherche et de conservation pour des mammifères marins en péril, menés sur le terrain avec des drones.

    Citons celui qui s’est déroulé, pendant l’été 2014, dans les eaux du Pacifique qui bordent la Colombie-Britannique: les scientifiques canadiens de l’Aquarium de Vancouver se sont associés à des chercheurs étatsuniens pour suivre et photographier avec des drones la population des épaulards résidants. Survolant à 30 mètres d’altitude les groupes d’épaulards pendant une soixantaine de vols, les drones ont fourni des images aux scientifiques qui étaient embarqués à bord d’un navire naviguant à proximité. Ce suivi a permis de récolter les images de 77 épaulards, avec des angles de vue nouveaux sur ces individus, leur permettant notamment de voir qu’une femelle était gestante, ce qui n’est pas visible du pont d’un bateau. À partir de ces informations, les chercheurs ont mis en place un suivi des naissances et des premiers mois de la vie des baleineaux afin d’obtenir de meilleures données sur le taux de survie de ces baleineaux, des données qui leur manquaient.

    Au Mexique, le gouvernement a annoncé en janvier 2015 qu’il projette d’utiliser des drones pour combattre la pêche illégale qui contrecarre les mesures déjà prises pour protéger le marsouin vaquita risquant de disparaître à court terme. La population compte moins d’une centaine d’individus. Trois drones patrouilleraient au-dessus de la partie nord de la mer de Cortez (ou golfe du Mexique), dans les prochains mois. Les acteurs de la conservation du marsouin vaquita considèrent que l’utilisation des drones est une grande avancée technologique, car elle donne une vue presque permanente de la région survolée et permet de réagir vite et efficacement. La mise en œuvre de drones viendrait épauler les mesures qui pourront être prises prochainement dans le cadre d’un plan déposé en décembre 2014 pour bannir les filets de pêche maillants dans cette partie du golfe.

    Système 3D pour étudier en finesse le comportement des animaux grégaires

    Une étude, parue dans le numéro d’avril 2015 de la revue Behavorial Ecology and Sociobiology, décrit un système portable d’appareil stéréographique numérique qui permet d’estimer rapidement la position de plusieurs animaux à l’intérieur d’un groupe, dans l’espace et dans le temps. Avec lui, on peut observer, de manière précise, les comportements naturels et les liens sociaux des animaux qui vivent en groupe, mais aussi de quelle manière ils répondent à des dérangements créés par des activités humaines. Ce système comprend un GPS, un capteur de position et un appareil photo 3D. Il a été testé sur le terrain par une équipe de chercheurs des États-Unis et du Royaune-Uni qui a suivi, dans le même temps, les positions de chaque individu d’un groupe de six globicéphales.

    Pour ces scientifiques, ce système est particulièrement intéressant pour suivre des groupes d’animaux sur de grandes distances et des périodes de temps relativement longues, tout en récoltant la position de chaque individu du groupe avec une haute résolution spatiale et temporelle. Ces positions fournissent les principaux paramètres et indicateurs qui entrent en ligne de compte pour les études de comportements, tels les distances entre les animaux, la vitesse et le cap de leur déplacement, la dispersion du groupe. Le système peut être arrimé à d’autres techniques, comme les suivis télémétriques satellitaires, les suivis acoustiques et la photo-identification.

    Sources

    Sur le site de Drones Research (en anglais seulement):

    A platform for scientists to share experiences on UVA’s Research & Conservation

    Sur le site de Behavorial Ecology and Sociobiology (en anglais seulement):

    A 3D stereo camera system for precisely positioning animals in space and time

    On a aimé regarder

    Sur le site de Drones Research (en anglais seulement):

    Six vidéos sur l’utilisation de drones pour la recherche et la conservation

    Pour en savoir plus

    Sur le site de CTV News (en anglais seulement):

    Mexico planning to use drones to protect endangered porpoise

    Sur le site de CBC (en anglais seulement):

    Vancouver Aquarium uses hexacopter drone to monitor whale pods

    Sur le site de KTVA Alaska (en anglais seulement):

    Army drone spots beluga whales in distress

    Sur le site de Baleines en direct:

    Des drones pour la recherche et la conservation des mammifères marins: un moyen révolutionnaire? (archive de Baleine Magazine)