De retour à la tour: une deuxième saison à Baie-Ste-Marguerite

  • Un groupe de femelles et de jeunes observé par drone dans le cadre d'un projet de recherche sur l'alloparentalité. © GREMM
    10 / 07 / 2018 Par Jaclyn Aubin - /

    Samedi dernier, en me hissant sur la plateforme de la tour, j’ai ressenti un véritable frisson d’émotions : enfin, après une longue année d’analyse de données, nous étions de retour sur le terrain, perchées sur la tour de Baie-Sainte-Marguerite! Équipées de notre drone, d’un appareil photo et de plusieurs hydrophones, Marie-Ana Mikus, assistante de Valeria Vergara, et moi étions prêtes à épier les bélugas qui fréquentent régulièrement la baie pendant l’été. Mon projet, une investigation des soins allomaternels, ou le «gardiennage» chez les bélugas du Saint-Laurent, a déjà beaucoup avancé dans la dernière année. En effet, mon analyse des vidéos de drone captés depuis la tour l’été dernier suggère que les jeunes s’associent avec plusieurs femelles, et non seulement avec leur mère. Cependant, afin de déterminer la nature exacte de ces associations, je devais pousser mon échantillonnage plus loin.

    Malgré le fait que nous n’avons pas vu de bélugas lors de notre première journée, notre enthousiasme demeurait indompté. «Demain!» nous répétions avec certitude, «ils viendront sans doute demain!». Comme espéré, dimanche, vers 16h, nous avons vu nos premiers bélugas de l’année, un groupe d’une vingtaine de femelles avec jeunes, incluant un bleuvet et un tout petit veau. Une fois que nous avons noté la taille, la composition, et le comportement du groupe, nous avons lancé le drone. Scrutant le groupe dans mon écran, je me suis sentie incroyablement privilégiée: invisible et silencieuse, je témoignais de la vie sociale privée de ces animaux exceptionnels. Voyant leurs secrets se dévoiler sous mes yeux, ma tête bourdonnait de questions. Que faisaient-ils? Étaient-ce des comportements adaptatifs? Est-ce que ces comportements pourraient jeter la lumière sur le futur incertain de cette population en voie de disparition?

    À regret, nous avons finalement rangé notre équipement sous la lueur dorée du coucher de soleil. Malgré notre épuisement, nous discutions déjà de notre prochaine journée avec les bélugas. Avec un peu de chance et une bonne météo, ce sera pour demain!

     


    Jaclyn Aubin s’est jointe à l’équipe du GREMM en 2016 en tant qu’assistante de recherche bénévole. Elle est de retour depuis deux ans dans le cadre de son projet de maitrise en écologie cognitive et comportementale, codirigé par Robert Michaud, du GREMM et par Eric Vander Wal, du Memorial University of Newfoundland. Elle partage aussi ses observations avec l’équipe de rédaction de Baleines en direct.