Au Canada, deux requins en péril pourraient bénéficier d’un plan de rétablissement

  • 06 / 01 / 2011 Par Christine Gilliet – Mots et Marées -

    Afin de protéger les populations de l’Atlantique du requin pèlerin et de l’aiguillat commun, le ministère Pêches et Océans envisage d’inscrire ces deux espèces sur la liste des espèces en péril. Pour ce faire, elle consulte la population en recueillant ses commentaires jusqu’au 15 février 2011.

    Ces deux espèces ont été évaluées comme « préoccupante » par le Comité sur les espèces en péril au Canada (COSEPAC) notamment en raison de leur maturité tardive et de leur longue période de gestation qui entraînent une lente croissance de leur population. Si ces deux requins ne sont pas menacés actuellement, ils sont pourtant sensibles aux activités humaines, comme les prises accidentelles de la pêche commerciale d’autres espèces de poissons.

    Protéger maintenant pour le futur

    Avec l’évaluation du COSEPAC, le gouvernement du Canada décide si une espèce doit être inscrite ou non à la liste des espèces en péril en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée en 2003. Il tient compte des données scientifiques, des répercussions socioéconomiques de ce statut et des commentaires formulés par les Canadiens durant les consultations publiques.

    Si ces deux espèces sont inscrites sur la liste, elles bénéficieront d’un plan de rétablissement, mais leur pêche ou leur possession ne sera pas interdite. Par exemple, un plan de gestion pourrait mettre en place des quotas durables pour les débarquements et les prises accessoires, ainsi qu’une surveillance accrue par des observateurs au sein des flottilles de pêche.

    Processus de consultation

    Pêches et Océans Canada souhaite donc recueillir les commentaires des Canadiens, sur les répercussions positives ou négatives de l’inscription sur la liste de ces requins. Il met à leur disposition un sommaire pour chaque espèce sur le site Internet du Registre public des espèces en péril, un questionnaire et les coordonnées du service avec lequel ils peuvent communiquer. Les consultations sont ouvertes jusqu’au 15 février 2011.

    Profil de deux requins très différents

    L’aiguillat commun est un petit requin (longueur moyenne de 75 à 105 cm) gris-brun qui possède de petites épines devant les nageoires dorsales. Ce prédateur opportuniste se nourrit de différents types de proies, telles que crevettes, crabes, pétoncles et de nombreuses espèces de poissons. Il est présent un peu partout dans le monde, mais principalement dans les eaux côtières. Dans l’Atlantique Nord-Ouest, il est plus abondant entre le cap Hatteras et la Nouvelle-Écosse, et est parfois observé au nord des Grands Bancs. Dans les eaux canadiennes, l’espèce se concentre principalement dans la région du plateau néo-écossais.

    Le requin pèlerin peut dépasser 15 mètres, c’est le deuxième plus gros poisson au monde. Il a tendance à s’alimenter en surface durant l’été et se nourrit principalement de zooplancton. Dans l’Atlantique Nord, le pèlerin a été observé des Caraïbes au Groenland, et est également présent dans toutes les eaux du plateau continental au Canada atlantique. [Pêches et Océans Canada]

    Pour en savoir plus:

    Sur le site du Registre public des espèces en péril