Uapameku

- Prince Jacques de Monaco
  • No d'identification : DL9068
  • Sexe : Inconnu
  • Naissance : Autour de 2004
  • Connu depuis : 2015
  • Adopté depuis : 2019
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Ses traits distinctifs

Du flanc droit, Uapameku est très facile à reconnaître. Une grosse tache grise se trouve au milieu du flanc, un peu plus près de la crête que de l’évent. Cette tache ressemble à une aile d’oiseau, d’ange ou de papillon. Sur le même flanc, près de la crête se trouve aussi une autre tache grise, celle-là toute petite.

Son histoire

Uapameksignifie «baleine blanche/béluga» en innu-aimun, la langue parlée par les Innus. On prononce ce mot ainsi : «wapamék». Ce nom a été proposé par la communauté innue d’Essipit, qui vit sur la Côte-Nord et voit les bélugas passer devant les rochers tous les jours.

Nous avons rencontré Uapameku la première fois en 2015. À ce moment, sa peau était grise. Lors de nos deux observations suivantes en 2016 et 2018, la couleur de sa peau n’avait pas beaucoup pâli. Sa coloration nous indique donc que Uapameku est un jeune béluga, puisque le passage du gris au blanc survient entre l’âge de 12 et 16 ans. Lorsque Uapameku sera devenu tout blanc, nous aurons déjà une meilleure idée de son âge.

Le sexe de ce jeune béluga demeure inconnu. Nous observons durant l’été les mâles et les femelles adultes dans des groupes séparés. Les femelles vivent en communauté avec les jeunes tandis que les mâles se retrouvent souvent dans des troupeaux unisexes. Au cours de nos rencontres avec lui, nous avons observé Uapameku avec des mâles, mais aussi avec des femelles. En l’absence d’une biopsie, un prélèvement d’un minuscule morceau de gras que nous analysons, nous ne pouvons confirmer son sexe.

Qu’apprendrons-nous sur Uapameku, mais aussi sur son espèce ? Au fil des années, ce béluga développera des affiliations et des habitudes de déplacement. En le connaissant mieux, nous comprendrons mieux le développement social des jeunes bélugas.

 

Historique des observations de Uapameku

Dernières nouvelles

  • 20 SEPTEMBRE 2018

    Des journées comme celle-ci, on en prendrait tous les jours ! Au large de Cacouna, près de la rive sud du Saint-Laurent, nous arrêtons le BpJAM. Les vagues bercent doucement notre petit pneumatique, et nous profitons d’une bonne visibilité pour repérer les bélugas. Justement, ce sont environ cinquante individus qui se trouvent près de nous. La taille des individus et la forme de leurs épaules nous indiquent que nous sommes en présence d’adultes et de jeunes, et même de mâles et de femelles.

    Nous identifions facilement la belle tache grise de Uapameku. Il nage parmi d’autres jeunes à la peau encore grise. Entre tous les dos gris et blancs, nous voyons un petit béluga couleur café au lait. Un nouveau-né ? Nous tentons de le photographier, mais il disparait parmi les animaux, nous empêchant de confirmer notre observation.

    Il faut dire que les animaux s’activent à la surface. Des queues et des nageoires pectorales percent les flots. Certains bélugas crachent même des gerbes d’eau. Des oiseaux marins plongent et remontent avec un poisson pris dans le bec. Quelques têtes s’élèvent au-dessus des vagues et nous observent : ce comportement s’appelle «spyhopping» dans le jargon.

    Vraiment, la journée est exceptionnelle. Des bélugas se mettent à vocaliser. Leur grosse tête en forme de melon sort de l’eau et leur gueule ouverte laisse sortir toute sorte de sons. Qu’est-ce qui crée un tel émoi chez les bélugas ? Nous pensons bien assister à un festin, mais nous voulons le confirmer. Nous lançons le drone pour obtenir une nouvelle perspective de la scène. Dans quelque temps, quand nous analyserons les vidéos, peut-être trouverons-nous la réponse !

    La batterie du drone nous oblige à le faire atterrir. Voilà le moment de partir à la rencontre d’autres bélugas.

Le parrain