Un air de jeunesse en Gaspésie… suivi de la carte des observations!

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    28 / 06 / 2017 Par Marie-Sophie Giroux

    Bonne nouvelle: cinq baleineaux rorquals à bosse ont été aperçus jusqu’à maintenant au large de la Gaspésie; «un chiffre déjà supérieur à celui de l’été passé», souligne un chercheur de la Station de recherche des iles Mingan (MICS). Certaines mères sont identifiées: Tingley, Bad Chemistry, La Souffleuse — connue aussi sous le nom Le Souffleur — et Irisept, soit une première observation avec un nouveau-né en 20 ans de rencontres! L’équipe du MICS a d’ailleurs capté de superbes images de la paire par drone où l’on remarque aussi la balise collée sur le dos d’Irisept. Cette femelle est la 8e baleine à bosse épiée sous l’eau grâce à une balise à ventouses.

    Irisept vue en Gaspésie en 2015 © GREMM

    Même s’ils sont sevrés entre l’âge de 6 à 10 mois, les jeunes rorquals à bosse restent avec leur mère un an, voire deux, pour assimiler les rudiments de la chasse, découvrir les routes migratoires et pour d’autres apprentissages essentiels à leur survie. Ces soins maternels sont les plus long observés chez les baleines à fanons. Dans l’estuaire, Tic Tac Toe est reconnue le 23 juin. À certains moments, elle est accompagnée d’un individu de petite taille. Son baleineau? Ou un juvénile indépendant qui se joint à elle à l’occasion? On l’ignore pour le moment.

    Tic Tac Toe © GREMM

    Tic Tac Toe, en 2017 © GREMM

    Toujours en Gaspésie, une dizaine de rorquals à bosse sont remarqués — particulièrement à l’ouest de Rivière-au-Renard — ainsi que quelques rorquals communs et un rorqual bleu près de la baie de Gaspé. «On rencontre presque chaque jour un trio de grands rorquals », mentionne un excursionniste en parlant de ses observations de rorqual à bosse, de rorqual commun et de rorqual bleu. À Sept-Îles, deux rorquals à bosse et deux rorquals communs sont repérés.

    Dans le jargon de ceux qui travaillent auprès des baleines, le petit rorqual n’est pas inclus dans «les grands rorquals». Toutefois, sa taille n’a rien de menu. Il est long de 6 à 9 m — la longueur d’une limousine — et lourd de 7 à 10 t, le poids de deux éléphants. Les observateurs de la pointe de l’Islet et du site d’interprétation de Pointe-Noire (Parcs Canada) scrutent une dizaine de petits rorquals à l’embouchure du Saguenay le 27 juin. Tout près, plusieurs groupes de bélugas sont là.

    Dans le golfe du Saint-Laurent, plus précisément au banc des Américains, des chercheurs de Pêches et Océans Canada croisent la route de trois rorquals à bosse et de quelques rorquals communs. Une équipe de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), en survol aérien à la recherche de carcasses de baleines noires, recense 14 baleines noires, celles-là bien vivantes, le 26 juin. Elle aperçoit même un grand requin blanc en train de dévorer l’une des baleines noires mortes.

    Parlant de ce prédateur marin, un grand requin blanc suit de près l’embarcation de deux jeunes rameurs — l’un québécois, l’autre irlandais —, qui entament leur traversée de l’Atlantique, le 24 juin à l’est des Grands bancs de Terre-Neuve. Le projet a pour mission de sensibiliser l’être humain à la santé des océans et de ses habitants.

    À l’instar de plusieurs espèces de baleines, le grand requin blanc de l’Atlantique est sur la liste des espèces en voie de disparition. L’humain est son principal prédateur. Les pêcheurs sportifs le convoitent, tandis que les pêcheurs commerciaux le capturent accidentellement. Toutefois, au Canada atlantique, les règlements sur la pêche au requin interdisent aux pêcheurs sportifs de conserver les requins qu’ils attrapent, sauf les aiguillats. Il fait partie des sept espèces de requins du Saint-Laurent.

     


    Cette carte représente un ordre de grandeur plutôt qu’un recensement systématique.

     


    Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle aime raconter « des histoires de baleines ».