Trucs et conseils pour reconnaitre les espèces

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    06 / 12 / 2017 Par Marie-Sophie Giroux -

    «Le 3 décembre, j’ai vu deux rorquals à Sainte-Thérèse-de-Gaspé», écrit une observatrice bien heureuse d’apercevoir des baleines en décembre. Mais de quelle espèce s’agit-il? Une question pas si simple à répondre. Déjà, les baleines ne révèlent qu’une infime partie de leur corps lorsqu’elles font surface. Si l’observation se déroule depuis la rive, comme la plupart des mentions hivernales, le défi décuple. Heureusement, il existe des indices. Ces trucs ne sont toutefois pas infaillibles. Les conditions météo doivent être de la partie et le comportement des animaux influence aussi beaucoup la reconnaissance de l’espèce.

    La première chose que l’on remarque est souvent le souffle. Une colonne droite, haute d’au moins 4 m? Il s’agit probablement d’un rorqual commun ou d’un rorqual bleu. Un souffle ovale, aussi haut que large? Possiblement un rorqual à bosse. Du côté des petits rorquals, le souffle n’est généralement pas ou peu visible. De plus, chez cette espèce, les évents, d’où émerge l’expiration, apparaissent simultanément avec la nageoire dorsale courbée. Cette distinction est justement ce qui a mis la puce à l’oreille d’une résidente de Franquelin pour identifier les petits rorquals devant chez elle.

     

    La robe du rorqual bleu. © GREMM

    Le 1er décembre, un collaborateur installé sur les rochers du cap de Bon-Désir aux Bergeronnes repère quatre petits rorquals ainsi que trois rorquals communs. Contrairement au petit rorqual, les évents du rorqual commun apparaissent en premier, suivis de la nageoire dorsale. Le dos du rorqual commun est foncé, voire noir. La coloration du rorqual bleu est bien plus pâle, bleu-gris, mouchetée et sa nageoire dorsale est minuscule. Deux de ces mastodontes bleutés ont été reconnus à la pointe au Jambon près de Sept-Îles le 2 décembre. Trois autres grands rorquals s’y trouvaient également, mais leur espèce n’a pu être identifiée. C’est également le cas de deux autres géants repérés au nord-est de l’ile du Corossol.

     

    À l’occasion, une queue surgit. Environ 15 à 18% des rorquals bleus du Saint-Laurent lèvent la queue au moment de plonger. Les rorquals à bosse le font également. Celle-ci présente un amalgame de blanc et de noir qui varie selon l’individu.

    Une paire mère-veau rorqual à bosse vue à Grande-Grave le 2 décembre © Louis Fradette

    Un collaborateur de Gaspé a reconnu trois rorquals à bosse au large de Grande-Grave le 2 décembre grâce à l’apparition de ces queues. « L’un des trois individus semblait de plus petite taille», précise-t-il. Un autre témoin corrobore cette affirmation grâce à ses photos. Celles-ci passent sous le nez d’un de nos collaborateurs, René Roy, qui depuis plusieurs années, entreprend des expéditions de photo-identification pour le compte de la Station de recherche des iles Mingan (MICS). Ce dernier trouve que la nageoire dorsale de l’adulte de la paire ressemble beaucoup à celle d’Irisept, une femelle vue cet été dans le golfe avec son nouveau-né. Toutefois, aucune certitude, car la photo manque de détails et de résolution. Une autre photo d’un rorqual à bosse découvert au large des Bergeronnes le 4 décembre rappelle cette fois à M. Roy le «visage» de High Heels, une femelle observée cet automne dans l’estuaire. Est-ce bien elle? Le doute persiste.

    Un troupeau de bélugas est vu au large des Bergeronnes le 1er décembre. Lorsque le vent souffle fort, on les confond parfois avec l’écume blanche des vagues. Les journées calmes offrent également de meilleures conditions pour repérer, et à certains moments, entendre le souffle des marsouins communs. Un collaborateur croise la route de quatre marsouins dans la baie de Sept-Îles. Dans cette même baie et au large de Rimouski, plusieurs phoques du Groenland sont présents, reconnaissables par leur tête cagoulée noire. Plusieurs phoques gris et phoques communs sont aperçus entre Percé et Bonaventure en Gaspésie.

    Pour en savoir plus : Comment les reconnaitre

     


    Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle aime raconter « des histoires de baleines ».