#SMM2017 : la conservation au cœur des idées

  • L'équipe du comité de recherche de la Biennale, Sofie Van Parijs et Damian Lidgard, lors du mot d'ouverture. Sur écran géant dans un aréna, la science prend des proportions spectaculaires. / Biennale Research Committee team, Sofie Van Parijs and Damian Lidgard, during opening remarks. On a giant screen in an arena, science takes on spectacular proportions. © GREMM
    23 / 10 / 2017 Par Marie-Ève Muller

    Première journée de la 22e conférence biennale sur la biologie des mammifères marins à Halifax. Déjà, nos têtes s’emplissent de nouvelles idées, de chercheurs et de chercheuses à suivre, de nouvelles questions à creuser. Compte rendu d’un vibrant lundi.

    La matinée a commencé avec un touchant plaidoyer sur la conservation. Dans l’aréna du Scotia Bank Center, près d’un millier de personnes étaient réunies pour écouter les mots d’ouverture, puis deux plénières présentant des enjeux de conservation.

    Asha de Vos, lors d’une conférence Ted sur l’importance des excréments de baleines dans l’écosystème. On peut d’ailleurs l’écouter en ligne. © Ted Talk

    Asha de Vos de Oceanswell et Scott Krauss de l’Anderson Cabot Center for Ocean Life at the New England Aquarium étudient des espèces en voie de disparition, l’une, les rorquals bleus dans l’océan Indien et l’autre, les baleines noires de l’Atlantique Nord. Parmi les principales menaces limitant le rétablissement des rorquals bleus et des baleines noires qu’ils étudient : les collisions avec des navires. Les deux chercheurs s’accordent pour dire que si la science est essentielle à la conservation, elle sera inutile sans la diffusion des recherches auprès du plus grand nombre. Ils ont intimé aux scientifiques, chacun à leur façon, de partager avec le public leur découverte et leur passion pour sauver les baleines.

    Les séances ont ensuite défilé. En simultané se déroulaient quatre séances de présentations de moins de 15 minutes chacune (incluant la période de questions) sur les thèmes de l’«acoustique et la communication», la «conservation», l’«habitat et la distribution» et l’«écologie de l’alimentation». Le même modèle se dupliquait en fin d’après-midi, cette fois divisé par les thèmes de «biologie de et abondance», «conservation», «phylogénie, systématique and génétique» et «écologie comportementale».

    Parmi les présentations sur l’acoustique et la communication, les questions du dérangement des mammifères marins par les sonars, les relevés sismiques et les échosondeurs ont été abordées. Et les réponses sont loin d’être tranchées. La méthodologie, les instruments utilisés et les régions géographiques influencent les résultats. On suivra toutefois les recherches de Danielle Cholewiak et de son équipe de la NOAA sur l’influence des échosondeurs des navires sur les baleines à bec pour en apprendre davantage.

    Three harp seals sunbathing, one of them showing is belly

    Des phoques du Groenland, sur la banquise. © Renaud Pintiaux

    Parlant d’élargir ses horizons, une séance auprès des phoques du Groenland permet de transposer des idées de recherche sur les cétacés. La communication «Do changes in condition reflect reproductive rates in Northwest Atlantic harp seals?», présentée par Garry Stenson de Pêches et Océans Canada a fait état d’une baisse des mises bas chez les phoques du Groenland, mais pas du taux de grossesse. La difficulté à mettre à terme la grossesse serait liée à la condition physique de la femelle. Quand on constate chez des espèces comme le béluga du Saint-Laurent des mortalités périnatales, on peut imaginer une étude similaire s’inspirer de ce qu’on a appris chez les pinnipèdes.

    Et certains chercheurs vont fouiller dans les racoins les moins appétissants des mammifères marins. Stephen Trumble de la Baylor University et son équipe ont présenté leur étude du cérumen de baleines à fanon pour quantifier leur stress à travers les époques avec la conférence «Earplugs reveal a century of stress in baleen whales and the impact of industrial whaling». Une forte corrélation a pu être démontrée avec la période de la chasse puis avec celle de la Deuxième Guerre mondiale, l’une étant sous le signe du stress, l’autre représentant une accalmie remarquable.

    Dans le bruit assourdissant de la salle des «posters», ces affiches qui résument une étude, les chercheurs et les étudiants-chercheurs partagent leurs découvertes avec leurs pairs leur méthodologie, leurs résultats et peuvent confronter leurs propres projets avec ceux des autres, de partout sur la planète. Une belle occasion d’élargir ses perspectives.

    La journée s’est close lors d’un panel qui soulignait, encore une fois, l’importance de faire rayonner les recherches jusqu’au grand public.

    Pour lire les résumés des communications: Le programme en ligne (en anglais).

     

    -Texte écrit avec la collaboration de l’équipe du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins