#SMM2017 Jour 3 : nouvelles technologies intrigantes

  • La thématique «hockey» se fait sentir même dans la salle des affiches, où le tableau de pointage a été remplacé par le logo de la Biennale. © GREMM
    26 / 10 / 2017 Par Marie-Ève Muller

    Troisième journée de la 22e Conférence biennale sur la biologie des mammifères marins. Certains visages parmi les milliers de participants commencent à devenir familiers. Des thèmes qui nous étaient complètement inconnus deviennent peu à peu plus compréhensibles. Mais le vertige reste devant toutes les communications à absorber et les nouvelles affiches à découvrir. D’une salle à l’autre, les conférences s’alternent sur des thèmes aussi divers que la morphologie du pharynx chez le rorqual commun ou la cartographie des menaces sur les mammifères marins. Voici quelques éléments marquants de la journée.

    Des outils étonnants

    Les dauphins obscurs de la Nouvelle-Zélande sont (très) grégaires. Ils forment des groupes de centaines d’individus, les rendant difficiles à étudier individuellement. L’équipe d’Heidi C. Pearson a équipé quelques-uns de ces dauphins d’une caméra montée sur une balise sur le dos permettant d’enregistrer la profondeur de plongée et la vitesse de déplacement. Ainsi, ils peuvent étudier des comportements maternels sous l’eau. La technique de la caméra attachée sur un mammifère marin a aussi été présentée durant cette biennale sur les baleines grises, en Californie et sur des éléphants de mer au Japon.

    Deux saildrones. © Saildrone

    Pour étudier des régions à des miles d’un port et limiter les couts, le saildrone a été inventé en 2015. Cet engin semblable à un voilier téléguidé parcourt la mer de Béring. Sous lui, un hydrophone permet de faire du monitorage passif (Passive Acoustic Monitoring). Depuis sa création, le saildrone a été modifié pour être moins bruyant et donc pouvoir mieux détecter les communications des différentes espèces. Une technologie à suivre.

    L’usage de drone aérien se répend de plus en plus pour l’étude des cétacés. On sait qu’on peut récolter des échantillons de souffle, des hormones ou encore étudier les comportements. Mais on peut aussi créer un index d’indice de masse corporelle de baleine grise, a présenté Sharon Nieukirk. Le modèle généré par l’équipe pourrait être utilisé pour d’autres espèces de mysticètes et permettrait de mieux suivre l’état de santé d’un individu et même d’une population.

    Mais le coup de cœur majeur, c’est la recherche de Dara Orbach sur les parties génitales des mammifères marins. Pour mieux comprendre l’évolution conjointe des pénis et des vagins chez les grands dauphins, les marsouins communs et les phoques communs, la chercheuse a fait des moulages en silicone de l’appareil reproducteur femelle et a regonflé des pénis pour étudier leur imbrication lors d’un coït simulé. Les résultats permettent de mieux comprendre la reproduction chez les animaux dans un milieu, disons-le, qui comporte des défis lors des ébats pour des animaux sans bras! Soulignons aussi l’humour de la présentatrice lors de sa communication.

    Les baleines noires de l’Atlantique Nord

    Mark Baumgartner du North Atlantic Right Whale Consortium a fait un bref retour sur l’évènement de mortalité de baleines noires de cet été, où 16 baleines ont perdu la vie. © GREMM

    Sur l’heure du diner se tenait une conférence intitulée «Life on the Edge : Status and conservation concerns for the North Atlantic right whale». Scott Krauss de l’Anderson Cabot Center for Ocean Life, Amy Knowlton du New England Aquarium, Peter Corkeron de la National Oceanic and Atmospheric Agency (NOAA), Mark Baumgartner du North Atlantic Right Whale Consortium et Tonya Wimmer de la Marine Animal Response Society ont discuté de l’avenir de cette espèce en voie de disparition. Les femelles reproductrices, avenir de la population, se font rares – on les évalue à une centaine – et les prises accidentelles représentent une menace de plus en plus significative. Les efforts de conservation devront faire fi des frontières : «Les baleines se foutent bien de sur quel territoire elle se trouve, nous devons agir internationalement,», a lancé avec verve Scott Krauss. Les quatre solutions proposées semblent aller de soi : réduire la vitesse des navires dans certains secteurs, déplacer les voies maritimes dans des secteurs moins importants pour les baleines, modifier les engins de pêche pour qu’ils soient moins dangereux pour les baleines ou même transformer les engins pour qu’ils soient sans cordages.

    Il ne reste que deux jours, mais encore des centaines de présentations et d’affiches. Nous aurions envie de tout résumer, de vous raconter chaque découverte, mais surtout, nous préparons des dossiers à développer, à tête reposée.

    Pour voyager dans les résumés de conférences: le programme scientifique

    Compte rendu du jour 2

    Compte rendu du jour 1