Redécouvrir un lieu d’été dans un décor gelé, mais toujours habité

  • Baie de Tadoussac © Renaud Pintiaux
    13 / 12 / 2017 Par Marie-Sophie Giroux

    Après avoir passé de nombreuses heures à scruter le large pour repérer les baleines et les présenter aux visiteurs cet été, une employée du Centre d’interprétation des mammifères marins met les pieds pour la première fois dans un Tadoussac d’hiver. Un décor bien différent l’attend. L’été, les dos blancs des bélugas brillent dans le fiord, les petits rorquals font surface non loin des rochers de la Pointe de l’Islet et le va-et-vient des bateaux d’excursion anime la baie. L’hiver, les glaces éparses étincèlent dans le Saguenay et les embarcations désertent le quai, même celles de la Garde côtière canadienne! Qu’à cela ne tienne, elle tente tout de même de trouver une baleine et découvre un petit rorqual dans la baie! Quelques jours plus tôt, des bélugas sont aussi vus près du traversier des Escoumins.

    À Franquelin, le paysage sur l’eau ressemble à celui d’été, si l’on évite de regarder les rivages blancs de neige. L’achalandage y est toutefois moins intense. Cette semaine, notre collaboratrice ne repère que deux petits rorquals, mais elle ne perd pas espoir. Chaque hiver, elle a de belles surprises : elle se souvient avec enthousiasme d’un rorqual bleu découvert le jour de l’An! Elle conseille à ceux qui désirent observer des baleines dans sa région, été comme hiver, de se rendre à Pointe à la Croix, un promontoire à la vue imprenable donnant sur une fosse marine d’environ 200 m de profondeur. Attention, ce secret bien gardé de la Côte-Nord requiert tout de même de faire 10 km aller-retour. Mais quel paysage!

    À Sept-Îles, l’un des points de vue recommandés pour voir les baleines l’hiver se trouve en haut de la côte Jambon (région de Gallix), un lieu qui surplombe la baie Sainte-Marguerite. Par contre, cette semaine, aucune baleine n’est aperçue ni depuis ce cap ni le long des berges. Les battures sont toutefois peuplées d’eiders et de harles.

    Un estivant de Pointe-des-Monts, qui se rend à son chalet l’hiver, souligne la présence de deux rorquals bleus le 1er décembre. Une impression de déjà vu: presque chaque hiver, il appelle l’équipe de Baleines en direct à plusieurs reprises pour signaler des observations de rorquals bleus. Est-ce que la tendance se maintiendra en 2018? Nous l’espérons.

    Finalement, plusieurs dizaines de phoques du Groenland abondent le long du rivage entre Sainte-Flavie et Sainte-Luce-sur-Mer. Quelques phoques communs sont aussi visibles dans le parc national du Bic, mais rien à voir avec les grands rassemblements de l’été.

     


    Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle aime raconter « des histoires de baleines ».