Mise à jour 21 juillet – Nécropsie en cours de la huitième carcasse de baleine noire

  • Baleine noire juvénile qui ouvre la gueule pour s'alimenter © Georgia DNR, NOAA Permit #15488.
    Baleine noire juvénile qui ouvre la gueule pour s'alimenter © Georgia DNR, NOAA Permit #15488.
    20 / 07 / 2017 Par Josiane Cabana

    21 juillet | La nécropsie en cours

    La nécropsie de la huitième carcasse de baleine noire est présentement en cours sur l’ile de Miscou, au Nouveau-Brunswick. Sont impliqués: le Réseau canadien sur la santé de la faune – section Centre québécois sur la santé des animaux sauvages, Université de Montréal et section Atlantic Veterinary College, Université de l’Ile-du-Prince-Édouard, Pêches et Océans Canada et la Marine Animal Response Society.

    Plus de détails suivront.

    20 juillet | Un nouveau décès et un nouvel empêtrement

    Une carcasse de baleine noire a été découverte hier soir lors d’une patrouille aérienne de la NOAA. Le compte s’élève maintenant à huit carcasses depuis le 6 juin, un événement de mortalité jamais vu jusqu’à présent chez cette espèce. Pêches et Océans Canada a annoncé que la carcasse serait remorquée dans les heures qui suivent afin d’effectuer une nécropsie au cours des prochains jours sur l’ile de Miscou, au Nouveau-Brunswick. Cette opération permet collecter de précieuses informations sur la ou les causes du décès de cette baleine et d’investiguer sur un lien possible entre les autres cas de mortalité de baleine noire. La nécropsie sera supervisée par les équipes du Réseau canadien de la santé de la faune.

    Aux huit carcasses s’est ajouté un quatrième cas d’empêtrement de baleine noire, repéré dans le même secteur du golfe du Saint-Laurent. Pour le moment, aucune intervention n’est envisagée puisque Pêches et Océans Canada a décrété un moratoire à durée indéterminée sur les opérations de désempêtrement de baleines noires.

    Plus d’informations suivront.

    13 juillet | Résultats préliminaires des deux nécropsies de baleines noires effectuées les 9 et 10 juillet dernier aux Iles-de-la-Madeleine.

    Les vétérinaires du Réseau canadien sur la santé de la faune ont publié aujourd’hui les résultats préliminaires des deux nécropsies de baleines noires effectuées les 9 et 10 juillet dernier aux Iles-de-la-Madeleine. Si une des deux carcasses était trop décomposée pour permettre un diagnostic préliminaire, la deuxième présente des marques d’un traumatisme contondant, ce qui porte à croire qu’il y aurait eu collision entre la baleine et une embarcation.

    Le 9 juillet avait lieu la nécropsie de la carcasse #3, vue pour la première fois à la dérive le 18 juin et échouée le 5 juillet sur la plage Corfu. Son état de décomposition étant trop avancé, il est impossible pour les vétérinaires de suggérer une cause de la mort sur la seule base de l’examen macroscopique de la carcasse. Des analyses complémentaires sont en cours afin d’espérer établir un diagnostic.

    Pour la baleine étudiée le 10 juillet, soit la septième et dernière carcasse vue à la dérive et remorquée sur la plage, l’hypothèse d’un traumatisme contondant pourrait être envisagée. Lors des nécropsies de baleines noires à l’Ile-du-Prince-Édouard, deux carcasses avaient présenté des signes de traumatisme contondant et une d’empêtrement chronique.

     © Gilbert Boyer

    © Gilbert Boyer

    Les analyses sur les tissus et liquides prélevés afin de tenter d’identifier une cause sous-jacente, comme la présence de biotoxines, qui pourrait expliquer ces morts rapprochées sur une courte période de temps. Un rapport final pour ces deux nécropsies devrait être disponible dans 6 à 8 semaines.

    «Ces résultats préliminaires proviennent d’un effort collectif important. Les dernières semaines ont demandé la mobilisation d’une diversité d’acteurs qui ont travaillé d’arrachepied. Nous restons tous en état d’alerte avant d’avoir eu les résultats complets des nécropsies», souligne Robert Michaud, coordonnateur du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins et directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins. «Lundi dernier, le décès de Joe Howlett a jeté un voile sur l’incroyable travail accompli. Nous saluons encore une fois son apport au sauvetage des baleines noires ».

    Ont participé à l’opération le Réseau canadien sur la santé de la faune – section Centre québécois sur la santé des animaux sauvages, Université de Montréal et section Atlantic Veterinary College, Université de l’Ile-du-Prince-Édouard, Pêches et Océans Canada, le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins, la Marine Animal Response Society, le Réseau Environnement Canada et le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, les municipalités des Iles-de-la-Madeleine, le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins,

    Rappel

    -Depuis le 6 juin, sept carcasses de baleines noires ont été trouvées et trois signalements pour empêtrements ont été reçus.

    -Une première série de trois nécropsies a eu lieu à Norway, Iles-du-Prince-Édouard du 29 juin au 1er juillet.

    -Une deuxième série de deux nécropsies à Corfu, Iles-de-la-Madeleine, les 9 et 10 juillet.

    -Deux interventions de désempêtrements ont eu lieu, soit le 5 juillet et le 10 juillet.

    -Le succès du désempêtrement du 10 juillet a été assombri par le tragique décès du pêcheur et sauveteur de baleine Joe Howlett, membre du Campobello Whale Rescue Team.

    11 juillet | Des chapitres s’ajoutent à l’histoire des baleines noires du Saint-Laurent

    Le C.T.M.A.Vacancier a ramené ce matin les équipes de vétérinaires vers la côte du Nouveau-Brunswick après deux jours de travail exigeant et coordonné de mains de maitre. Fatiguée, mais satisfaite du travail qui s’est déroulé rondement, Émilie L. Couture de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal souligne que « les deux nécropsies de baleines noires sont un bel accomplissement rendu possible grâce à plusieurs partenaires*. Une telle situation méritait amplement tous ces efforts déployés ».

    Les équipes ont donc étudié dimanche et lundi deux baleines faisant partie de l’épisode de mortalités inhabituelles survenu dans le golfe, soit la plus décomposée et la plus fraiche des sept carcasses. Elles s’ajoutent aux trois autres baleines noires étudiées du 29 juin au 1er juillet à l’Île-du-Prince-Édouard. Les deux baleines étaient des mâles, l’un de 14,75 m et l’autre de 12,9 m.

    Les pathologistes devront consulter d’autres vétérinaires spécialistes de l’espèce et entamer des discussions et analyses plus fines de leurs échantillons pour publier d’ici quelques jours un rapport préliminaire sur les constats suite aux récentes nécropsies. D’autres analyses, notamment en ce qui a trait à la présence de biotoxine dans le golfe du Saint-Laurent, seront aussi effectuées par des laboratoires spécialisés.

    Le désempêtrement d’une baleine noire connait une fin malheureuse

    Joe Howlett, un pêcheur et sauveteur de baleine, est décédé lors d’une intervention de désempêtrement d’une baleine noire survenue hier, le 10 juillet.

    M. Howlett avait réussi à désempêtrer une baleine noire le 5 juillet dernier. Une autre baleine a été rapportée dimanche soir au large du Nouveau-Brunswick, prise dans un engin de pêche. L’équipe de M. Howlett, le Campobello Whale Rescue Team de la Canadian Whale Institute, a été dépêchée sur les lieux. Ils ont réussi à libérer la baleine, mais peu de temps après, un malheureux accident impliquant le cétacé a entrainé le décès de M. Howlett.

    Joe Howlett et son équipe ont participé à un grand nombre de sauvetages de ce type et ont ainsi développé une expertise précieuse. Le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins a régulièrement fait appel à leur aide, comme ce fut le cas en 2013, lorsque le rorqual commun « Capitaine Crochet » était empêtré.

    « En mémoire de ce héros qui a sauvé plusieurs baleines, la prévention des empêtrements doit devenir une priorité pour assurer une meilleure cohabitation avec les baleines », souligne le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins.

    Depuis le 6 juin, sept baleines noires sont décédées et trois signalements de baleines noires empêtrées ont été reçus, donnant lieu à deux interventions de désempêtrement.

    Un vidéo illustre d’ailleurs le travail de M. Howlett, impliqué dans le désempêtrement d’une baleine noire en 2016:

    * Les partenaires impliqués dans les nécropsies de baleines noires sont les vétérinaires du Réseau canadien de la santé de la faune des régions de Montréal et de l’Atlantique, les équipes des sciences, de la conservation et de la protection de Pêches et Océans des régions du Québec, du Golfe et des Maritimes, de la Marine Animal Response Society et du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères Marins et ses bénévoles.

     

    9 juillet | Deux baleines noires font l’objet d’une nécropsie aux Îles-de-la-Madeleine

    Une trentaine de personnes étaient prêtes ce matin à 9h à L’Étang-du-Nord pour procéder à la nécropsie de la baleine noire échouée sur la plage Corfu depuis le 5 juillet. Ce soir, une deuxième baleine noire sera remorquée au même endroit, pour être aussi étudiée par les vétérinaires dans la journée de lundi.

    La nécropsie se déroule rondement, le squelette était dégagé en début d'après-midi © Marie-Claude Bourboin

    La nécropsie se déroule rondement, le squelette était dégagé en début d’après-midi © Marie-Claude Bourboin

    Une semaine après le marathon des trois nécropsies en trois jours à l’Île-du-Prince-Édouard, les vétérinaires du Réseau canadien de la santé de la faune et de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, assistés par des équipes de Pêches et Océans Canada et des bénévoles d’Urgences Mammifères marins, sont de nouveau plongés au cœur d’une baleine noire.

    L’objectif reste toujours de tenter d’expliquer cet évènement de mortalités inhabituelles dans le golfe Saint-Laurent. Par un tour de force et avec une logistique des plus complexe, les équipes de spécialistes se sont donc mobilisées sur le terrain pour la journée et s’impliquent dans l’étude de cette carcasse.

    La baleine est un mâle qui mesure 14,75 m de long et est en état de décomposition avancée, sans surprise pour les vétérinaires, et le squelette de l’animal était déjà partiellement dégagé en début d’après-midi. Découverte intéressante : cette baleine, que l’on croyait être un mâle âgé de plus de 17 ans nommé Panama, pourrait s’avérer être plutôt un juvénile. En effet, les spécialistes ont constaté que les disques intervertébraux étaient libres plutôt que d’être bien soudés aux vertèbres, comme chez les adultes. Les analyses génétiques pourront nous en révéler davantage.

    Au même moment, une autre baleine noire est remorquée par Pêches et Océans pour être apportée au même endroit d’ici la fin de l’après-midi. Il s’agit de la carcasse de baleine noire qui avait été repérée par l’équipe des enquêtes sur la sûreté maritime de Québec le 5 juillet dernier, à la dérive au large de Havre-Aubert, soit la septième carcasse pour cette espèce retrouvée morte dans le golfe depuis un mois. La nécropsie pour celle-ci, qui semble bien préservée, se fera dans la journée de lundi. Du renfort arrivera par bateau cette nuit, soit de nouvelles équipes de Pêches et Océans de la région du golfe et des Maritimes en plus des spécialistes de la Marine Animal Response Society (MARS). À suivre!

    6 juillet | La baleine noire nommée Panama est échouée sur la plage de Corfu

    La carcasse de la troisième des six baleines noires mortes repérées dans les eaux du golfe Saint-Laurent en juin vient de s’échouer aux Iles-de-la-Madeleine. Repérée tôt hier matin par un pêcheur, la carcasse dérivait à quelques centaines de mètres des côtes. Elle s’est échouée sur la plage à quelques lieux de l’épave du Corfu Island, à L’Étang-du-Nord hier soir.

    Au cours de la fin de semaine dernière, des nécropsies ont été effectuées sur trois des six carcasses remorquées à l’Ile-du-Prince-Édouard. Les autorités du ministère des Pêches et des Océans du Canada (MPO) évaluent avec les équipes de vétérinaires la possibilité de pratiquer une quatrième nécropsie pour tenter de comprendre les causes de cette vague de mortalités sans précédant.

     Un mâle nommé Panama

    La baleine noire échouée aux Iles-de-la-Madeleine est fichée au catalogue avec le numéro 3190. C’est un mâle, nommé Panama, qui a été vu pour la première fois en 2000. Il avait d’ailleurs déjà une cicatrice évidente près de la queue, témoignage d’un empêtrement dans un engin de pêche.

    Nageoire caudale de la baleine noire nommée Panama © Center for Coastal Studies

    Nageoire caudale de la baleine noire nommée Panama © Center for Coastal Studies

    C’est cette marque distinctive qui a permis aux chercheurs du New England Aquarium de le reconnaitre. On ignore l’âge qu’il avait lors de la première observation, mais il aurait eu maintenant plus de 17 ans (la maturité sexuelle est atteinte entre 5 et 10 ans pour les deux sexes). Panama a été vu vivant la dernière fois le 14 avril 2017 par les chercheurs du Center for Coastal Studies. Il était alors en alimentation dans la baie de Cape Cod. Il avait été observé aussi plus près de nous, l’automne dernier, le 6 septembre 2016, par l’équipe de la Station de recherche des Îles Mingan, dans le golfe Saint-Laurent. Panama était connu comme le père d’au moins un baleineau né en 2011.

    Espèce en péril : ne pas toucher

    La carcasse est toujours, pour le moment, difficile d’accès. Si elle vient à sortir de la zone de marée, certaines personnes pourraient être tentées de l’approcher, lui toucher, voire d’en récupérer des morceaux.

    Pêches et Océans Canada rappelle que la baleine noire figure sur la liste des espèces en péril (LEP). Il est donc interdit par la Loi de prélever quelque partie que ce soit sur cet animal. Seules les personnes possédant un permis émis par le ministère sont autorisées à toucher, déplacer, ou prélever des échantillons sur les espèces en péril.

    Une 7e carcasse de baleine au large de Havre-Aubert

    Une autre carcasse de baleine noire a été vue à 30 milles au large de l’ile du Havre Aubert hier soir par un membre de la garde côtière. Les spécialistes ont confirmé ce matin qu’il s’agissait d’une nouvelle carcasse qui n’avait jamais été vue, ni par voie aérienne ni par la mer. Le compte des mortalités de baleines noires s’élève donc maintenant à sept en un mois.

    Le 5 juillet, une baleine noire empêtrée dans un engin de pêche a été repérée lors d’une patrouille aérienne effectuée par la National Oceanic and Atmospheric Administration (l’équivalent de Pêches et Océans Canada aux États-Unis) près de l’ile Miscou. Un bateau de recherche à proximité a pu désempêtrer la baleine, qui a pu poursuivre son chemin.

    5 juillet | Résultats préliminaires

    Les trois nécropsies qui ont été faites du 29 juin au 1er juillet sur les baleines noires ont permis d’apporter des réponses partielles quant aux causes de mortalité de ces animaux.

    Selon l’expertise des vétérinaires, l’une des trois baleines aurait subi un empêtrement sévère dans un engin de pêche. Les deux autres auraient été vraisemblablement victimes d’une collision avec un navire, à en juger par les hémorragies présentes dans leurs tissus. L’hypothèse qu’une situation particulière ayant mené à ces collisions n’est pas exclue à ce stade. Les spécialistes devront, dans les prochaines semaines, terminer les analyses des tissus en laboratoire, mais aussi l’analyse des données prélevées dans la chaine alimentaire et des données océanographiques, puis remettre les évènements en ordre chronologique. Les conclusions devraient être émises d’ici six à huit semaines.

    Tonya Wimmer de la Marine Animal Response Society soulignait la complexité du travail, étant donné que les trois baleines étaient dans un état de décomposition avancée à leur arrivée à l’Île-du-Prince-Édouard. La carcasse considérée comme étant la plus fraiche était morte depuis au moins une semaine, ce qui a compliqué l’identification des différents organes.

    Il est possible qu’au cours des prochains jours, une quatrième nécropsie ait lieu, puisque la troisième carcasse à avoir été signalée dérive vers les Îles-de-la-Madeleine et pourrait toucher terre sous peu.

    Les trois nécropsies effectuées sur l’Île-du-Prince-Édouard ont été dirigées par le Dr Pierre-Yves Daoust (Réseau canadien de la santé de la faune), assisté de la Dre Laura Bourque (Réseau canadien de la santé de la faune), du Dr William McLellan (Université de la Caroline du Nord à Wilmington) et du Dr Stephen Raverty (Centre de santé animale de la Colombie-Britannique). Plus d’une quarantaine de personnes de plusieurs organisations, dont des vétérinaires de l’Université de Montréal, ont participé aux interventions.

    Voici un résumé en images de ces journées de travail assidu:

    MARS Right whale

    UPDATE – Preliminary Findings from Right Whale NecropsiesAfter a long few weeks and the incredible effort to retrieve and necropsy three animals in PEI, we can release some preliminary information on the state of these animals:Based on preliminary observations, there is reasonable suggestion of blunt trauma in two of the animals, although underlying problems that may have predisposed these animals to this trauma cannot be ruled out at this stage. The third animal had a chronic entanglement. Additional analyses are still ongoing and we anticipate completing a final report within 6-8 weeks.There is clearly work that needs to be done immediately to protect this species throughout it’s range in Canadian waters. Thank you to everyone for your continued support and interest in this tragic incident. A special thank you to all of the agencies listed in the video and all of the people on the ground over these 3 days: Pierre-Yves, Laura, Stephen, Bill, Isabelle, Andrew, Jarrett, Ashley, Briar, Liam, Jessica, Fiep, Darlene, Rachel, Twila, Scott, Cathy, Stephanie, Renee, Dan, Jean-Francois, Hilary, Tobie, Mikio, Angelia, Emilie, Rozen, Benjamin, Kathleen, Dara, Elizabeth, Chris, Pat, Don, Mary, Ken, Shona, Maddie, Tim, Pete, Jen, Shavonne, Travis, Craig, Marcus…and more to be added as I remember all of the names!SPREAD THE WORD. SUPPORT THE CAUSE. DONATE NOW.Justin Trudeau Dominic LeBlanc Catherine McKenna

    Posted by Marine Animal Response Society on Monday, July 3, 2017

    3 juillet| Troisième nécropsie complétée

    Le 1er juillet dernier s’est terminée la troisième et dernière nécropsie de baleine noire à Norway, Île-du-Prince-Édouard. Le marathon de nécropsie aura duré quatre jours, où remorquages de carcasses et nécropsies se sont succédé à un rythme jamais égalé encore.

    Au cours des prochains jours, les analyses des échantillons se poursuivront. Des résultats préliminaires devraient être dévoilés au courant de la semaine.

    Sous la supervision de Pierre-Yves Daoust, professeur à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard et chercheur chez Pêches et Océans Canada, des vétérinaires des l’Université de la Colombie-Britannique, de l’Université de la Saskatchewan et de l’Université de Montréal, et des membres de l’équipe de la Marine Animal Response Society ont collaboré pour chercher tous les indices possibles pour déterminer ce qui a causé la mort de six baleines noires dans le golfe du Saint-Laurent depuis le 6 juin dernier.

    Vidéo par la Marine Animal Response Society

    30 juin| Une deuxième nécropsie en cours

    Au cours de la journée, la nécropsie de la deuxième carcasse de baleine noire s’est déroulée. Cette carcasse était la plus fraiche des six. Une troisième carcasse, celle-là qui était empêtrée dans un filet de pêche, est transportée en ce moment vers Norway, Île-du-Prince-Édouard, et devrait rejoindre le rivage d’ici la fin de la soirée. La nécropsie de cette troisième carcasse aura lieu demain. L’analyse des échantillons prélevés par les vétérinaires pourrait prendre plusieurs semaines avant d’obtenir des résultats.

    Au cours des derniers jours, un signalement d’une septième carcasse avait été reçu, mais les analyses des photos ont permis de conclure qu’il s’agissait d’une carcasse déjà identifiée. Le bilan reste donc à six carcasses de baleine noire depuis le 6 juin. Dans le même secteur (golfe du Saint-Laurent) une carcasse de rorqual commun a été trouvée.

    Le rorqual commun trouvé dans le même secteur du golfe du Saint-Laurent que les carcasses de baleines noires @ Pêches et Océans Canada

    Effectuer une nécropsie d’une baleine de 14 mètres comporte son lot de défis. © Pêches et Océans Canada

     


    28 juin | À l’aube de la première nécropsie

    Au moment d’écrire ces lignes, une des six carcasses de baleines noires s’approche des rives de l’Île-du-Prince-Édouard, transportée par un bateau de la Garde côtière canadienne, où elle devrait être déposée dans le secteur Norway d’ici le coucher du soleil. C’est demain matin que la première nécropsie s’amorcera. Des vétérinaires de l’Université de l’Île-du-Prince Édouard, de l’Université de la Caroline du Nord à Wilmington, de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, aidés par des chercheurs et des bénévoles du Canada et des États-Unis, procèderont à l’analyse méticuleuse des tissus et organes.

    Au total, les équipes envisagent de faire la nécropsie de deux, voire trois baleines, d’ici le début de la semaine prochaine. La deuxième baleine, dont le remorquage s’amorcera possiblement demain, est la carcasse de celle connue sous le numéro de catalogue #1207. Il s’agit de la carcasse la plus fraiche des six, un mâle à l’âge indéterminé, mais connu des chercheurs depuis 1980 et photographié vivant pour la dernière fois en juin 2014. Cette baleine avait l’habitude de fréquenter les eaux du Maine avec quelques visites en Floride et en Géorgie, mais il avait aussi été vu en aout 1998 dans le golfe du Saint-Laurent.

    Les relevés aériens et les patrouilles en mer se poursuivront aussi au fil des prochains jours afin de localiser les carcasses déjà rapportées, ou de nouvelles, s’il y a lieu.

    Pour suivre la mise à jour de ces interventions, vous pouvez consulter la page Facebook de la Marine Animal Response Society, en plus du site Baleines en direct. Une vidéo a d’ailleurs été diffusée ce matin, montrant l’échantillonnage en mer d’une des baleines noires. Pour la visionner:

    Right whales in the Gulf of St. Lawrence

    UPDATE – RIGHT WHALES IN THE GULF OF THE ST. LAWRENCE:Necropsies are being planned for 2-3 endangered North Atlantic right whales that are currently being towed ashore to Norway, PEI. The first animal is expected to be brought ashore today with the necropsy commencing Thursday morning. Intentions are to bring additional animals to the same site later in the week. This is a joint effort between Fisheries and Oceans Canada, Canadian Coast Guard, the Marine Animal Response Society, Canadian Wildlife Health Cooperative-Atlantic Veterinary College/UPEI, Université de Montréal and colleagues from the UNCW, Urgences Mammifères Marins and the Province of British Columbia. Scientists in Canada the US were also involved in the planning of this work. We are grateful for the help of everyone involved! It will be hard work, but we have a great team coming together for this critical work.A special thank you to the Province of Prince Edward Island for accommodating and facilitating this operation and National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) and Environment and Natural Resources in Canada for keeping track of animals during aerial surveys.Justin Trudeau Catherine McKenna Dominic LeBlanc #cmara

    Posted by Marine Animal Response Society on Wednesday, June 28, 2017

    26 juin | L’heure est à la stratégie de récupération de carcasses de baleines noires

    À la lumière des relevés aériens réalisés par la NOAA et par Environnement Canada entre le 22 et le 25 juin, 6 carcasses de baleines noires différentes ont été trouvées. Quelques dizaines d’autres baleines noires vivantes ont aussi été observées dans le même secteur, soit entre les Îles-de-la-Madeleine, l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick.

    Le ministère Pêches et Océans (MPO) et les partenaires américains et canadiens tenaient ce matin une réunion afin de faire un état des lieux. Avec les efforts déployés en mer depuis la fin de la semaine dernière par le MPO, la Garde côtière canadienne, la Marine Animal Response Society (MARS) et le Réseau canadien de la santé de la faune, ce sont trois baleines qui ont été « sécurisées » avec des émetteurs satellites et dont la dérive peut être suivie. Une autre carcasse est aussi ancrée et stationnaire, retenue par un engin de pêche.

    Des échantillons ont été prélevés en mer sur deux des six carcasses © Marine Animal Response Society (MARS)

    Des échantillons ont été prélevés en mer sur deux des six carcasses © Marine Animal Response Society (MARS)

    Le MPO évalue actuellement les options de remorquage de ces carcasses vers la terre ferme afin de pousser l’investigation jusqu’à en faire des nécropsies complètes. Les vétérinaires, chercheurs et coordonnateurs chez Pêches et Océans travaillent actuellement à étudier la faisabilité et la logistique d’une telle intervention.

    Les équipes en mer se sont aussi affairées à récupérer des échantillons sur deux des carcasses, soit de la peau, de la graisse, des matières fécales, et des tissus musculaires. L’objectif est d’apporter des éléments de réponses sur la cause de mortalité soudaine chez ces baleines.

    Toutes les hypothèses sont actuellement soulevées par les spécialistes des baleines noires. Les causes de mortalités les plus fréquentes chez cette espèce sont les collisions avec les navires et les empêtrements dans les engins de pêche. L’hypothèse de la présence d’une biotoxine produite par des algues, comme celle à l’origine de l’épisode de marée rouge observée dans le Saint-Laurent en 2008, est aussi avancée par la communauté scientifique. Les analyses de tissus et des échantillons d’eau pourraient apporter plus de détails à ce sujet.

    Un appel à la vigilance est toujours en vigueur : les navigateurs sont invités à signaler toute carcasse de baleine à la dérive au numéro d’urgence de la région du golfe Saint-Laurent, soit le 1-866-567-6277.

    23 juin | Les chercheurs ont confirmé hier soir qu’une 5e carcasse de baleine dérivait dans le golfe Saint-Laurent

    Avec l’analyse des photos prises en mer hier par l’Agence météorologique et océanique américaine (NOAA), les chercheurs ont constaté que le compte des baleines noires mortes photographiées depuis le 6 juin s’élevait maintenant à cinq carcasses.

    La journée d’hier a été fructueuse en terme de recherche; deux des cinq carcasses ont été retrouvées et échantillonnées en mer, une collaboration entre les partenaires MARS, le Réseau canadien de la santé de la faune, Pêches et Océans Canada et la Garde côtière.

    Les chercheurs du Canada et des États-Unis sont actuellement mobilisés à planifier des efforts pour retrouver les autres carcasses, poser des balises pour suivre leur dérive et échantillonner les baleines retrouvées afin de faire des analyses qui pourraient apporter des éléments de réponse au mystère qui plane sur ces mortalités inhabituelles.

    22 juin | Une quatrième baleine noire a été repérée du haut des airs hier dans le golfe

    La patrouille aérienne effectuée hier après-midi par Pêches et Océans Canada pour tenter de retracer les carcasses de baleines noires en a repéré deux, dont celle vue par un pêcheur le 18 juin dernier. Les photos de l’autre carcasse repérée ont été envoyées au New England Aquarium, qui a pu confirmer qu’il s’agissait d’une quatrième carcasse de baleine noire.

    Starboard, une femelle de 11 ans, a été vue morte à la dérive le 21 juin, dans le golfe Saint-Laurent. Il s'agit de la quatrième carcasse de baleine noire trouvée depuis le 6 juin. © New England Aquarium

    Starboard, une femelle de 11 ans, a été vue morte à la dérive le 21 juin, dans le golfe Saint-Laurent. Il s’agit de la quatrième carcasse de baleine noire trouvée depuis le 6 juin. © New England Aquarium

    Il s’agit de Starboard, une femelle née en 2006 de sa mère nommée Trilogy. Elle était âgée de 11 ans, et facilement reconnaissable à la portion droite de sa queue qui est manquante. Cette caractéristique a d’ailleurs permis son identification plus tôt aujourd’hui. Cette femelle, qui n’avait jamais donné naissance encore, avait été vue par les chercheurs pour la dernière fois en août 2014, dans le Bassin Roseway.

    Une des carcasses retrouvées aujourd’hui au large des Îles-de-la-Madeleine

    Les efforts pour retrouver ces spécimens continuent. Une équipe de Pêches et Océans Canada se dirigeait cet après-midi en mer vers une des carcasses qui a été repérée à fleur d’eau, approximativement à une trentaine de kilomètres des côtes des Îles-de-la-Madeleine, au sud-ouest de Havre-Aubert. L’objectif, en plus de retrouver les autres carcasses, était de poser des balises satellites afin de suivre la trace de ces baleines, pour faciliter le repérage de celles-ci, le temps venu de les échantillonner.

    Une patrouille aérienne de l’Agence météorologique et océanique américaine (NOAA) devrait être faite demain. L’objectif est de pouvoir entre autres obtenir davantage de photos des animaux, afin de pouvoir déterminer s’ils portent des marques de collision avec un navire ou d’empêtrement dans un engin de pêche.

    21 juin | Recherchées : trois baleines noires mortes à la dérive dans le golfe Saint-Laurent

    La communauté scientifique est inquiète : depuis le 6 juin, trois carcasses de baleines noires de l’Atlantique Nord ont été signalées dérivant dans le golfe du Saint-Laurent, entre le Nouveau-Brunswick et les Îles-de-la-Madeleine. La baleine noire est l’une des espèces les plus menacées. Les chercheurs du New England Aquarium évaluent qu’il reste moins de 500 individus de cette population.

    Ces carcasses s’ajoutent aux trois qui avaient été trouvées à l’été 2015 dans la région de la Gaspésie, dont celle de Piper. Selon Moira Brown, spécialiste de la baleine noire, ces mortalités dans le Saint-Laurent sont un évènement pour l’instant inexpliqué, qui surclasse les évènements connus de mortalités dans d’autres portions de l’aire de distribution de cette espèce.

    Avis de vigilance aux pêcheurs et autre navigateurs

    Les observations des carcasses ont été faites le 6, le 18 et le 19 juin entre le Nouveau-Brunswick et les Îles-de-la-Madeleine, au large de l’île Miscou entre autres, soit par voie aérienne lors de patrouille par Pêches et Océans Canada ou à bord de bateau par des pêcheurs de crabe. Selon les modélisations de déplacement des carcasses, en fonction des vents et des courants, les carcasses continueraient leur trajectoire vers le nord-est, soit loin des côtes.

    Trois carcasses de baleines noires ont été rapportées dans le golfe du Saint-Laurent le 6, le 18 et le 19 juin 2017

    Trois carcasses de baleines noires ont été rapportées dans le golfe du Saint-Laurent le 6, le 18 et le 19 juin 2017

     

    Un appel à la vigilance à tous les navigateurs dans ce secteur est lancé : il est primordial de documenter chacune de ces baleines noires. Photos, vidéos, observations détaillées des marques ou autres signes d’interaction humaine sont essentiels.

    Si vous observez une baleine morte à la dérive, SVP contactez sur-le-champ Urgences Mammifères Marins au

    1-877-7baleine (1-877-722-5346).

    La position GPS de la carcasse sera importante à noter. L’équipe du Centre d’appels pourra ensuite vous transmettre des consignes afin de pouvoir documenter le mieux possible la carcasse.

    Votre collaboration est très appréciée!


    Josiane Cabana est directrice du Centre d’appels du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins. Entre les cas de mammifères marins morts ou en difficulté auxquels elle répond, elle aime prendre le temps de sensibiliser les riverains aux menaces qui pèsent sur ces animaux. Biologiste de formation, elle s’implique au sein du GREMM depuis plus de 15 ans, toujours avec la même passion!