Parlons de la terminologie utilisée pour le suivi des bélugas

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    23 / 07 / 2014 Par Équipe du Bleuvet

    Le Bleuvet est un bateau du GREMM. Il est dédié au programme de recherche à long terme sur les bélugas du Saint-Laurent.

    Depuis le carnet de terrain publié le 4 juillet (et qui couvrait la semaine du 29 juin), nous avons passé avec les bélugas l’équivalent de onze journées, en journées complètes ou en demi-journées. Pour chaque sortie, nous choisissons un secteur de l’estuaire maritime, l’objectif de la saison étant d’avoir une vue d’ensemble des aires fréquentées par les bélugas et de leurs déplacements. Quand il y a du vent très fort qui limite les observations visuelles et rend la navigation difficile, nous allons dans le fjord du Saguenay pour nous abriter à la fois du vent du sud-ouest et des vents de l’est. Pour ces onze journées de terrain, nous avons couvert des secteurs situés en amont de Tadoussac: du côté de Saint-Siméon (cap de la Tête au Chien, baie des Rochers); les îles (île Rouge, île Blanche, île Verte et île aux Pommes); Cacouna et Rivière-du-Loup du côté rive sud du Saint-Laurent.

    Nous avons rencontré plusieurs troupeaux dans lesquels se trouvaient des veaux (nouveau-nés). C’est le temps des veaux, c’est normal d’en voir, mais on ne peut pas dire pour l’instant s’il y en a peu ou beaucoup. Il nous faudrait un plus grand nombre de contacts pour en dégager une tendance.

    J’ouvre ici une parenthèse pour parler un peu de terminologie afin de bien se comprendre :

    • Un troupeau, c’est une entité que l’on observe dans un espace délimité: les animaux se tiennent ensemble et on observe une cohésion dans leurs comportements, par exemple ils se déplacent ou restent à la même place.
    • Un groupe, c’est un certain nombre d’individus « collés », qui sont à moins d’une longueur de corps l’un de l’autre. Dans notre terminologie, on parle même d’un groupe quand il y a un seul individu. Il y a donc plusieurs groupes dans un troupeau. Un troupeau peut compter moins d’une dizaine d’individus ou une centaine.
    • On appelle contact le temps qu’on passe à observer et décrire un troupeau afin de récolter des données. Il dure un maximum de trois heures.
    • Une capture est constituée par l’ensemble des photos d’un même individu prises dans le cadre d’un contact.
    • Nous avons donc observé des groupes de gros mâles, mais il y avait relativement peu d’individus à l’intérieur de ces groupes, contrairement à ceux que l’on observe habituellement, constitués de 30, 40 ou 50 mâles. Près de la falaise sous-marine (au sud du chenal Laurentien), à quatre milles au large de cap de Bon-Désir et des Bergeronnes, un troupeau composé de jeunes adultes et d’individus matures sont restés là plusieurs heures. Des troupeaux de même structure ont été observés dans le secteur pendant plusieurs jours.

      Pour l’instant, nous n’avons pas beaucoup couvert le secteur aval, du côté des Escoumins et plus à l’est encore.

      Présents à bord : Michel Moisan, Tim Perrero ou Renaud Pintiaux