Le retour des phoques d’hiver: deux nouveaux signalements

  • Phoque du Groenland observé à Grande-Rivière, le 12 novembre 2017 © Valérie Minville
    Phoque du Groenland observé à Grande-Rivière, le 12 novembre 2017 © Valérie Minville
    16 / 11 / 2017 Par Josiane Cabana - /

    Des visiteurs nordiques ont été repérés la fin de semaine dernière dans les régions de la Gaspésie et de Bellechasse, en amont de l’estuaire. Il s’agissait dans l’un des cas, d’un phoque à capuchon et dans l’autre cas, un phoque du Groenland, tous deux des animaux de taille adulte.

    Les observateurs ont d’abord cru qu’ils étaient en difficulté, du fait qu’ils se trouvaient loin de la ligne de marée, hors de l’eau, sans donner l’impression de vouloir y retourner. Le phoque du Groenland était pour sa part allongé sur l’une de ses nageoires, ce qui a fait croire au marcheur matinal qu’il était blessé et donc incapable de se mouvoir.

    Il a fallu moins d’une heure avant que ces migrateurs regagnent le Saint-Laurent. Ce sont des curieux qui ont malheureusement fait fuir le phoque à capuchon.

    Voici quelques rappels, si vous voyez un phoque sur la rive :

    • Ne l’approchez pas!
    • Ne tentez pas de l’effaroucher ou de le repousser à l’eau, il a besoin de repos.
    • Avant de le signaler comme un animal blessé ou en difficulté, observez-le à distance (au moins 50 m) afin de voir s’il y a des blessures apparentes, voire du sang.
    • De voir un phoque sur la plage est normal : il peut parfois greloter pour générer de la chaleur et s’éloigner loin de la ligne de marée en se déplaçant (maladroitement!) pour éviter d’être emporté par l’eau, le temps de se reposer.
    • Si le phoque grogne à la vue d’un humain, c’est signe qu’il est alerte et réagit à votre présence. Voyez-le comme un rappel qu’il faut s’éloigner de lui.
    • Gardez vos chiens en laisse. Ce sont des animaux sauvages qui peuvent mordre et transmettre des maladies.

    Des gens s’attroupent autour du phoque? Le phoque est présent depuis plus d’un cycle de marée? Le phoque ne réagit pas à l’approche des humains?

    Appelez au 1-877-7baleine. Des équipes de bénévoles pourront se déplacer pour documenter la situation, poser des affiches informatives ou sensibiliser les curieux aux comportements à adopter.

    Visionnez le comportement de phoques se reposant sur la plage :

     


    Les phoques d’hiver sont de retour!

    Texte original publié le 7 novembre 2017

    En ce début d’automne, les phoques nordiques qui passent l’hiver dans les eaux du Saint-Laurent reviennent du Nord. Souvent fatigués, ou en mue, ces animaux profitent des berges, faute d’avoir une banquise, pour se reposer. Les riverains se demandent alors parfois, en les croisant, si ces animaux sont en difficulté.

    Un phoque du Groenland adulte a été aperçu dans les herbes longues, près de Rimouski © Jonathan Pothier

    Un phoque du Groenland adulte a été aperçu dans les herbes longues, près de Rimouski © Jonathan Pothier

    C’est le cas d’un ornithologue qui a observé à Rimouski, dans les herbes longues, un phoque du Groenland vendredi dernier. L’observateur a vite remarqué que le phoque était bien alerte; alors qu’il s’est approché par curiosité, l’animal a grogné en sa direction. Ce comportement rappelle l’importance de garder ces distances.

    Ces animaux sauvages peuvent réagir par des comportements d’agressivité si on les approche. Il est demandé de rester à plus de 50 m lorsqu’un phoque est échoué sur le rivage. Il s’agit d’une consigne de sécurité pour l’observateur, mais aussi pour minimiser le dérangement de ces mammifères marins qui ont besoin de tranquillité, sur leur route migratoire.

    Dos bleu à l’horizon

    Une autre espèce de phoque nordique a été signalée à Saint-Jean-Vianney, en amont du Saguenay : le phoque à capuchon. Un jeune, qu’on surnomme « dos bleu », semble avoir été surpris par la présence d’un observateur se promenant en véhicule tout-terrain. On reconnait le « dos bleu » par son pelage bleu gris et son masque facial foncé.

    Selon les images qui ont été envoyées au centre d’appels d’Urgences Mammifères Marins, le jeune animal semble lui aussi avoir été surpris par l’arrivée du véhicule, après quoi il s’est rapidement enfui loin de la source de stress. Un autre exemple qui démontre l’importance de partager les berges avec les phoques!

    Les phoques à capuchon de l’Atlantique nord-ouest naissent sur la banquise en mars, au nord de Terre-Neuve et au sud du Labrador. La période d’allaitement du phoque à capuchon est la plus courte de tous les mammifères. Les petits sont nourris par leur mère pendant quatre jours seulement! Après la saison de reproduction hivernale, ils se dispersent pour se nourrir et migrent vers des zones de mue au sud-est du Groenland. Après la mue en juillet, ils migrent le long du Groenland où ils se nourrissent avant de retourner dans les aires de reproduction et de mise bas à la fin de l’hiver.

    On distingue les jeunes phoques à capuchon par leur pelage bleuté et leur masque foncé © Alexandra Bouchard

    On distingue les jeunes phoques à capuchon par leur pelage bleuté et leur masque foncé © Alexandra Bouchard

    Il n’est pas rare d’observer de jeunes phoques à capuchon à l’extérieur de cette aire de distribution documentée. Les jeunes n’effectuent pas obligatoirement la même migration que les adultes et peuvent errer dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent tout au long de la saison estivale.

    Partager son temps entre la terre et la mer

    Il n’y a pas que des migrateurs dans nos eaux! Les marcheurs du secteur de Penouille dans le Parc national Forillon en Gaspésie ont remarqué la présence d’un phoque commun sur le rivage pendant une journée. L’animal semblait paisiblement allongé dans la vase. Il a repris le large quelques heures après. Le phoque commun est un résident du Saint-Laurent et n’entreprend pas de migrations annuelles.

    Les différentes espèces de phoques partagent leur temps entre la mer et la terre. Il est donc tout à faire normal de les observer pendant nos balades en bordure du Saint-Laurent! Que faire si vous en voyez un? Gardez vos distances, gardez vos chiens en laisse, et quittez le secteur dès que possible. Ces animaux sauvages choisissent le rivage pour s’y reposer.


    Josiane Cabana est directrice du Centre d’appels du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins. Entre les cas de mammifères marins morts ou en difficulté auxquels elle répond, elle aime prendre le temps de sensibiliser les riverains aux menaces qui pèsent sur ces animaux. Biologiste de formation, elle s’implique au sein du GREMM depuis plus de 15 ans, toujours avec la même passion!