Télémétrie

Plonger dans la troisième dimension

Les baleines ne passent que 10 à 20 % de leur temps à la surface. C’est souvent tout ce dont les scientifiques disposent pour les étudier. Dans le Saint-Laurent, les scientifiques utilisent la télémétrie satellite et la télémétrie radio. Ces techniques permettent d’étudier les baleines dans leur monde, sous la surface de l’eau.

Télémétrie radio

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  • Arbalète et enregistreur / émetteur VHF
  • Crédit photo : © GREMM

Idéal pour comprendre les détails de la vie d’une baleine et suivre ses déplacements sur de courtes distances.

Janie Giard et Robert Michaud, du GREMM et Véronique Lesage, de l’Institut Maurice-Lamontagne (Pêches et Océans Canada), étudient plusieurs espèces de rorquals à l’aide d’enregistreurs de données munis d’émetteurs radios. Certains émetteurs, comme ceux développés par les chercheurs du Woods Hole Oceanographic Institution pour un projet sur les bélugas en collaboration avec le GREMM, sont munis d’un dispositif qui enregistre les sons. Ces émetteurs permettent d’étudier les comportements vocaux des bélugas et leur exposition au bruit ambiant.

Deux techniques sont utilisées pour poser la balise sur le dos des baleines : avec l’aide d’une perche ou d’une arbalète

  • Pose d’émetteur à la perche sur un rorqual à bosse; pose d’émetteur avec l’arbalète sur un rorqual commun
  • Crédit video : © GREMM

 

Projet de télémétrie sur les rorquals de l’estuaire du Saint-Laurent

  • Crédit video : © GREMM

 

  • 0:00 – À bord du Bleuvet: Michel Moisan et Renaud Pintiaux du GREMM, et Véronique Lesage de Pêches et Océans Canada. L’équipe trouve les rorquals à bosse Tic Tac Toe et Aramis.
  • 0:06 – Approche des deux baleines.
  • 0:15 – Pose de la balise à l’aide de la perche sur le dos de Tic Tac Toe: c’est un succès! Aramis est tout près.
  • 0:39 – On aperçoit d’abord Aramis, puis Tic Tac Toe, avec la balise jaune et orange sur le dos. On entend le signal tel que repris par le récepteur.
  • 0:54 – Tout au long du suivi, l’équipe prend des données chaque fois que la baleine fait surface. Ici, Véronique Lesage.
  • 1:00 – L’équipe de Parcs Canada, à bord de L’Alliance, exécute un recensement des proies par suivi acoustique, dans le secteur où se trouve Tic Tac Toe.
  • 1:05 – La balise se détache du dos de Tic Tac Toe à la faveur d’un saut hors de l’eau. Peu après, on la voit faire du « flipper slapping ». La balise a été récupérée.

 

Télémétrie satellite

Idéal : pour étudier les déplacements d’une baleine sur une grande distance et pour obtenir des résumés d’information sur ses activités pendant de longues périodes. Toutefois, elle comporte de nombreux défis:

  • La pose d’émetteurs sur des animaux en liberté ne faisant surface que brièvement et qui sont souvent difficiles à approcher;
  • Les coûts élevés de ce type de balises et de l’abonnement à un système de communication satellite;
  • Le développement de prototypes ne blessant pas les baleines;
  • Et les aléas auxquels est soumise une balise fixée sur un corps lisse et hydrodynamique se déplaçant à grande vitesse dans l’eau et interagissant avec d’autres corps et obstacles!

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  • Rorqual bleu, avec sa balise télémétrique
  • Crédit photo: Véronique Lesage © Pêches et Océans Canada

Une équipe composée de chercheurs de Pêches et Océans Canada, du MICS et du Alaska Sealife Center utilise depuis 2009 la télémétrie sur les rorquals bleus du Saint-Laurent pour documenter, du printemps à l’automne, les déplacements des animaux, leur utilisation des secteurs connus, et en découvrir de nouveaux, y compris des aires d’hivernage.

 

Dernière mise à jour: 2015